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Samedi après-midi les membres du collectif animaliste bisontin (CABle) se sont rassemblés devant la Citadelle pour dénoncer l’exploitation animale.

« En France, il existe plus de 300 zoos et assimilés, lesquels détiennent entre 60 000 et 100 000 animaux. Est-ce légitime ? Éthique ? », interpelle le collectif animaliste bisontin. Ce samedi, ils se sont donc regroupés devant la Citadelle de Besançon pour sensibiliser les visiteurs sur leur « point de vue en contradiction avec le fait d’enfermer des animaux, en particulier dans des lieux dédiés au divertissement. »

Le collectif animaliste bisontin s'est rassemblé devant la Citadelle samedi après-midi. DR
Le collectif animaliste bisontin s’est rassemblé devant la Citadelle samedi après-midi. DR

Bénédicte Vinel, membre du collectif, justifie : « La capture et l’exhibition d’animaux sauvages a une longue histoire : combats sanglants dans les arènes antiques, curiosités vivantes dans les ménageries aristocratiques… Aujourd’hui, les zoos humains de l’époque coloniale présentant des peuples jugés “primitifs” comme les Pygmées, les Amérindiens et les Inuits n’existent plus. Qu’en est-il des animaux ? »

D’après le collectif, « zoos et parcs animaliers justifient leurs activités par un objectif de conservation […] la conservation des espèces n’est un outil en faveur de la biodiversité que dans le cas où ces espèces peuvent un jour être réintroduites, sans quoi il ne s’agit que d’un type d’élevage destiné au spectacle, à des fins commerciales et touristiques. Que pouvons-nous apprendre de lions vivant en cage, privés de leur environnement et sans l’incapacité de se comporter librement ? »

« Que pouvons-nous apprendre de lions vivant en cage, privés de leur environnement ? »

Un cahier des charges précis pour encadrer les conditions de vie des animaux

Pourtant, selon Margaux Pizzo, responsable du parc animalier de la Citadelle, « 70% des espèces de la Citadelle sont menacées. »

Elle l’assure, « les établissements zoologiques présentant des spécimens vivants de la faune locale ou étrangère au public sont encadrés par des normes strictes dont l’arrêté du 25 mars 2004 et des directives européennes. Nous sommes soumis à un cahier des charges très précis qui régule les conditions de vie des animaux ainsi que leur sécurité et leur bien-être. »

D’ailleurs, pour chaque espèce que compte la Citadelle, soit plus de 220, un guide d’élevage fixe des obligations sur la nutrition ou encore la dimension, la luminosité et la température des enclos : « Il y est clairement précisé que les enclos doivent contenir une partie ombragée et un lieu où les animaux peuvent se cacher », poursuit-elle. De nombreuses inspections sont également réalisées. « Les messages pédagogiques adressés au grand public font aussi l’objet d’une surveillance », précise Margaux Pizzo.

Parcs animaliers : un rôle crucial dans la préservation des espèces

La responsable du parc animalier tient à souligner : « L’élevage en captivité est très encadré. Notre objectif est de tout mettre en œuvre pour que l’animal ait un comportement normal c’est-à-dire, qu’il se nourrisse et se reproduise correctement et qu’il ne présente pas de stéréotypie comme des balancements, des léchages compulsifs ou encore des apathies, qui concernent des incapacités de réagir. »

Un propithèque couronné, une espèce de lémurien de Madagascar, sauvée grâce à l’implication du Muséum en matière de reproduction des espèces menacées. © Y. Robert
Un propithèque couronné, une espèce de lémurien de Madagascar, sauvée grâce à l’implication du Muséum en matière de reproduction des espèces menacées. © Y. Robert

Chaque année, la Citadelle comptabilise entre 100 à 150 naissances toutes espèces confondues : « la preuve que les conditions de vie et l’environnement sont favorables ».

Elle insiste : « Il ne faut pas oublier que les parcs animaliers sont aujourd’hui les acteurs principaux dans la préservation des espèces. D’autant plus que nous sommes voués à s’orienter de plus en plus vers des programmes de réintroduction des espèces car le nombre d’espèces menacées augmentent. Aujourd’hui, 95% des lémuriens sont menacés d’extinction. »

Quatre espèces de primates sauvées

D’ailleurs, depuis de nombreuses années, le Muséum s’engage dans la conservation hors de la nature des lémuriens. Il abrite quatre espèces de ces primates endémiques de Madagascar, toutes menacées d’extinction : le Grand Hapalémur, le Vari à ceinture blanche, le Propithèque couronné et le Lémur couronné. Dans le cadre des programmes d’élevage européens pour la sauvegarde d’espèces menacées (EEP), le Muséum a accueilli au printemps des naissances chez deux de ces espèces.

D’après la Citadelle de Besançon, de nombreuses actions menées ont donc permis de sauver des espèces en voie d’extinction comme la naissance de trois tigres de Sibérie, deux mâles et une femelle, en 2016. « En avril dernier, pour la première fois, le Muséum de Besançon a accueilli deux tamarins-lions. Le mâle, âgé de trois ans, est arrivé de Francfort et la femelle, âgée de deux ans, est arrivée de Stockholm. Cette espèce est emblématique des programmes d’élevage européens car elle a été la première à être sauvée de l’extinction grâce à sa conservation et sa reproduction ex-situ. En effet, dans les années 1970, suite à la déforestation entraînant la réduction de son aire de répartition, cette espèce de tamarin a failli disparaitre avec moins de 200 individus à l’état sauvage. Elle a été sauvée de justesse grâce à la réintroduction d’individus issus des EEP. Elle reste cependant très menacée. »

Comment savoir si une espèce est menacée d’extinction ?

La liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) est un indicateur de référence pour déterminer si une espèce est en danger d’extinction. Créée en 1948, l’UICN se constitue de plus de 13 000 experts dévoués à dresser un état des lieux complets de la biodiversité dans le monde.

La liste rouge s’appuie sur une série de critères précis qui évaluent le risque d’extinction d’espèces végétales et animales.

« En matière d’extinction des espèces, tout va très vite. »

Le but de cette liste est d’identifier les priorités d’action et surtout, de sensibiliser le grand public et de mobiliser les responsables politiques sur l’urgence et l’étendue des problématiques de conservation afin d’inciter les acteurs à agir pour limiter le taux d’extinction des espèces.

D’après Margaux Pizzo, « chaque espèce ou sous-espèce est classée dans l’une des neuf catégories, éteinte, éteinte à l’état sauvage, en danger critique, en danger, vulnérable, quasi menacée, préoccupation mineure, données insuffisantes, non évaluée. Les recherches pour déterminer si une espèce est en danger prennent tellement de temps qu’il est parfois trop tard une fois les résultats obtenus.» Elle maintient : « en matière d’extinction des espèces, tout va très vite. »

Militine GUINET

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