« Woodstock spirit » : la Saline royale fête 50 ans de Peace&Love

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festival des jardins Saline royale
La nature originelle sortie de la brume au 19ème festival des jardins de la Saline royale d'Arc et Senans ©YQ
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Ce 15 juin, le temps menaçait au-dessus de la Saline royale d’Arc et Senans pour l’inauguration de l’exposition « Woodstock spirit » et du 19ème festival des jardins « Flower power ».

La pluie a contourné le site remarquable de Claude-Nicolas Ledoux. Il y a 50 ans, les averses d’été sur la colline de Bethel avaient contribué à faire de Woodstock un festival mythique.

Woodstock spirit
woodstock spirit Saline royale
Marc Bennaïche, le commissaire de l’expo « Woodstock spirit » sous le regard attentid de Hubert Tassy, directeur de la Saline royale et Annick Jacquemet vice-présidente du conseil départemental du Doubs ©YQ

Marc Benaïche, le commissaire de l’exposition « Woodstock spirit » avait promis une promenade poétique dans l’univers psychédélique de la fin des années 60. Le chemin est totalement réussi. Il a su mettre en scène un événement qui ne marquait pas seulement l’apogée du mouvement hippie. Le caractère culturel et musical des sixties clôture une décennie de transformation majeure du monde occidental marquée par la guerre du Vietnam, la conquête spatiale ou encore la libération sexuelle et la fin de l’apartheid aux Etats-Unis. Evènement universel, intemporel et singulier, les 500 000 participants de Woodstock n’avaient pas conscience d’une révolution sociétale dont nous sommes les héritiers.

Au lieu de jouer l’immersion numérique, Marc Benaïche propose un labyrinthe d’images et de sons renversants. Les documents et films projetés au plafond se renversent grâce à des lunettes à miroirs. Le spectateur est emporté sur la lune avec Neil Amstrong, dans le champ de Max Yasgur à Bethel où eut lieu le festival de Woodstock. Des grands écrans permettent de se replonger dans l’univers de Richie Evans (Freedom), de Janis Joplin (Work me Lord) et surtout l’interprétation extraordinaire de « With a little help from my friends » par Joe Cocker.

Au cœur des « Trente Glorieuses », la jeunesse occidentale a quête de sens. L’événement de Woodstock en 1969, le festival de l’île de Wight l’année suivante qui réunira 600 000 spectateurs, sont les marqueurs de la révolte contre une société figée et contre les prémices de la société de consommation. En quelque sorte, Woodstock fut le festival des « gosses de riches ». Devenus adultes, ils seront pour beaucoup les gourous d’une nouvelle société qu’ils rejetaient.

La Saline Royale, fidèle à l’esprit utopique de Claude-Nicolas Ledoux, offre du 15 juin au 20 octobre un plongeon sensoriel dans une histoire culturelle et politique qui continue de forger notre avenir.

19ème festival des jardins « Woodstock et le flower power »
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Jeux de reflets au milieu des fleurs ©YQ
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Au centre de la déambulation, les fresques psychédéliques représentent Woodstock et la guerre du Vietnam ©YQ

A la croisée de l’utopie hippie et de la réalité psychédélique de Woodstock, les fleurs s’invitent, multicolores, images de la paix et de la sérénité dans les jardins de la Saline royale. Denis Duquet, le directeur des jardins, a placé la barre bien haut pour les nombreux étudiants des écoles d’architectes-paysagistes et horticulteurs de France. Pendant plusieurs mois, ils ont conçu des paysages faisant miroirs au flower power des sixties. 50 ans après, ce retour à la nature ou plutôt sa préservation est un objectif partagé par tous.

festival des jardins Saline royale
Univers géométrique où fleurs et plantes se regardent ©YQ

Le premier jardin entraîne dans un kaléidoscope de fleurs et de plantes, organisé de façon géométrique. La nature bouge et éclate. Le voyage se poursuit dans un jardin de fleurs secrètes, puis les repères s’évanouissent dans le bassin aux mille reflets où les couleurs vives côtoient les plantes sauvages.

festival des jardins Saline royale
Kaléidoscope fleuri au festival des jardins de la Saline royale ©YQ

« Flow it, show it » les jeunes étudiants concepteurs de ce jardin, ont repensé fleurs et plantes à l’image des têtes échevelées de la jeunesse des années 60. Les plantes sont grimpantes ou retombent comme autant de mèches de cheveux.

festival des jardins Saline royale
mille reflets colorés aux couleurs psychédéliques ©YQ

Le jardin « See me, feel me » fait référence à « Tommy » l’opéra-rock des Who où les fleurs sont dans le même désordre que le personnage.

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Les plants de sauge odorante, un paradis pour les abeilles au festival des jardins ©YQ

Le dernier jardin rend hommage à Max Yasgur, le fermier de Bethel qui a accueilli le festival de Woodstock sur ses terres. Les prairies fleuries se mélangent aux plants de maïs, aux légumes et aux fleurs.

Grâce à Dominique Landucci, le metteur en scène « fou » de « Lux Salina » la quatrième édition d’un spectacle époustouflant d’images et de musique pourrait s’immerger par moments dans l’univers psychédélique des années soixante. Un spectacle à ne pas manquer du 12 juillet au 10 août 2019.

Hubert Tassy, celui qui a fait renaître de ses cendres la Saline royale d’Arc et Senans, et toute son équipe, réussissent chaque année des exploits pour faire de la Saline le second monument le plus visité de la région. Au-delà de l’aspect patrimonial du lieu, c’est tout le caractère utopique de la Franche-Comté qui s’illustre dans l’œuvre de Claude-Nicolas Ledoux. Visiter la Saline, c’est mieux comprendre le passé pour frapper à la porte de l’avenir.

Yves Quemeneur

 

Renseignements et billetterie sur visites@salineroyale.com

 

 

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