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L’histoire a beaucoup ému. Hier matin, Sherlène Auger, une jeune femme, a accouché de son petit garçon au rond-point des Mercureaux à Beure. Habitant Morteau, la future maman n’a pas eu le temps de rendre à la maternité de Besançon. Une question se pose : pourquoi ne pas avoir accouché à Pontarlier ?

Sherlène Augier n’est pas prête d’oublier la naissance de son premier enfant. En ressentant de premières contractions à 4h du matin ce jeudi, elle s’est dit que le grand jour était arrivé. Quelques heures plus tard, elle demande à une amie de venir la chercher pour la conduire à la maternité de Besançon.

Mais en chemin, sur la voie des Mercureaux, les contractions s’intensifient et elle perd les eaux.  « À cette heure-là, vers 7h30, la voie est très empruntée. Il y avait déjà des bouchons… Ma copine a tout de suite appelé les pompiers », raconte celle qui s’est depuis remis de ses émotions.

« Il était trop tard pour aller à l’hôpital. »

« Ca a été très éprouvant mais j’ai ressenti un vrai soulagement quand le bébé est né »

Très vite, les secours arrivent. « D’après eux, il était trop tard pour aller à l’hôpital. J’ai donc accouché dans l’ambulance au milieu du bouchon qui a été aggravé par la situation. »

Malgré tout, l’accouchement a été rapide : « Je n’ai pas pu recevoir la péridurale, j’ai eu l’impression d’être une bête à l’agonie au bord de la route. Ça a été très éprouvant mais j’ai ressenti un vrai soulagement quand le bébé est né », raconte-t-elle. Lévio, 3,740 kg et 50 cm est donc né à quelques kilomètres de la maternité.

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La maman et sont bébé se portent bien. DR
Pourquoi accoucher à plus de 50 kilomètres de chez elle ?

Une question subsiste. Pourquoi cette maman a décidé d’accoucher à plus de 50 kilomètres de son domicile alors qu’elle pouvait le faire à la maternité de Pontarlier, plus près ? La jeune femme évoque plusieurs raisons.

« D’abord, la maternité de Besançon est classée niveau 3, c’est-à-dire qu’elle est capable de prendre en charge des grossesses à hauts risques ou en cas de complications tandis que celle de Pontarlier ne figure qu’au niveau 2. »

L’autre explication de ce choix est beaucoup plus troublante. « Lorsque l’on doit choisir où donner naissance à son enfant, on se renseigne beaucoup auprès de mères, on prend des conseils, etc. Il s’avère que la maternité de Pontarlier a très mauvaise réputation et j’en avais déjà fait les frais au début de la grossesse », déplore-t-elle. Elle dénonce en effet de mauvaises relations entre les soignants et les patientes ainsi qu’un manque d’écoute.

« Il m’a fait tellement mal que j’ai eu l’impression qu’il l’avait fait exprès pour se venger »

Elle se confie.« J’ai dû me rendre plusieurs fois au service des urgences obstétricales de Pontarlier pour des problèmes rencontrés lors de ma grossesse. Une fois, pour des saignements inquiétants. J’ai été examinée par un médecin plutôt désagréable qui m’a d’emblée signifié qu’il n’avait pas le temps. Après une échographie plutôt normale, il a décidé d’examiner mon col. Un cauchemar. Il m’a fait tellement mal que j’ai eu l’impression qu’il l’avait fait exprès pour se venger et pour me faire comprendre de ne pas déranger les médecins pour rien. Je ne me suis pas sentie prise au sérieux ni rassurée, à une période de ma vie où j’en avais le plus besoin. »

« J’ai été examinée par un médecin plutôt désagréable qui m’a d’emblée signifié qu’il n’avait pas le temps. »

« On n’ose plus y retourner de peur d’avoir mal ou de se sentir bête »

Après cette mauvaise expérience, la jeune femme avoue même avoir renoncé à consulter un médecin lors de doutes. « On n’ose plus y retourner de peur d’avoir mal ou de se sentir bête. »

Un témoignage qui ressemble de près à ceux inondent les réseaux sociaux au sujet des violences obstétricales et gynécologiques.

« Heureusement, ça ne se passe pas mal partout. Je suis ravie de ma prise en charge à Besançon, d’où l’enie de faire plus de bornes pour accoucher. Les sages-femmes prennent du temps pour nous, sont à l’écoute, c’est crucial lors de cette période très importante dans la vie d’une femme », précise la jeune maman.

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Des femmes viennent de très loin pour accoucher à Besançon où le taux d’épisiotomie est exceptionnellement bas. DR
99,2% d’accouchements sans épisiotomie

Comme elle, de nombreuses femmes viennent de loin pour donner la vie à Besançon. C’est notamment le faible pourcentage d’épisiotomies pratiquées lors des accouchements par voie basse, 0,8%, qui séduit les futures mères. En effet, en 2018, seules 19 épisiotomies ont été pratiquées sur près de 3000 accouchements. Le CHRU de Besançon fait donc figure d’exception puisqu’il s’agit d’un des plus bas taux d’Europe.

Militine GUINET

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