Une auteure comtoise témoigne sur l’islam radical

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Nassera Frugier, auteure de
Nassera Frugier, auteure de "N'attisez pas la haine" au centre diocésain vendredi 21 à 20h30. DR
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Une Jurassienne, Nassera Frugier, sort un livre « N’attisez pas la haine ». Elle y dénonce la montée du communautarisme et de l’islam radical, la délinquance des jeunes, les carences éducatives et la ghettoïsation. Un cri d’alarme face au profond malaise des cités.

Elle est née dans un quartier populaire de Saint-Claude dans le Jura à la fin des années 1960. Nassera Frugier est fille de migrants algériens, elle a suivi le flot des grandes migrations économiques des Trente Glorieuses. Éduquée par des parents exigeants et soucieux d’appartenir à la France, elle a grandi dans un contexte naturel d’intégration.

Passagère de l’ascenseur social, elle ausculte depuis de nombreuses années la détérioration du lien républicain dans les quartiers sensibles et en particulier à Planoise à Besançon, concentration en modèle réduit des erreurs politiques, de la lâcheté des élus, du monde éducatif et associatif. Son livre « N’attisez pas la haine » est un plaidoyer pour repenser le vivre-ensemble à partir de l’échec patent de l’intégration des troisième et quatrième générations issues de l’immigration. Actucomtoise.info l’a rencontré préparant la conférence qu’elle animera vendredi 21 septembre au Centre diocésain à Besançon.

Berbère de banlieue 
Nassera Frugier, auteure de "N'attisez pas la haine" au centre diocésain vendredi 21 à 20h30. DR
Nassera Frugier a fait le buzz au salon littéraire « Les livres dans la Boucle ». DR

Les premiers paragraphes tordent le cou à l’Histoire « victimaire » des populations maghrébines écrite par « les historiens de la repentance ». Nassera Frugier fait sienne les propos de Tocqueville « Quand le passé n’éclaire plus l’avenir, l’esprit marche dans les ténèbres ».

Elle nous renvoie à ce peuple berbère implanté depuis 8 000 ans sur les rives sud de la Méditerranée, des Canaries à l’Égypte, christianisé au IVème siècle (Saint Augustin fut évêque catholique d’Annaba, la quatrième ville d’Algérie), puis dévasté par les invasions arabo-musulmanes au VIIème siècle. Les troupes arabes ont rapidement raison de la résistance berbère. La population se résigne à adhérer à la nouvelle religion et les Berbères demeurent malgré tout une population de seconde zone pour les Arabes qui s’implantent dans toute la région. C’est à partir de cette relecture objective de l’Histoire et des racines qu’elle porte en elle que Nassera Frugier va franchir le pas de sa conversion au catholicisme : « Pour moi, c’était un retour naturel aux sources de mon peuple ». Elle raconte l’histoire de sa conversion dans un livre « Et les oiseaux se mirent à chanter. De Mahomet à Jésus : histoire d’une conversion » (Editions Franciscaines).

Les services sociaux ou comment bricoler pour faire plaisir aux élus (de tous bords)

L’ancienne assistante sociale d’abord affectée au quartier Battant puis à Planoise, décortique les rouages du communautarisme, de la recherche d’identité dans un environnement où le laxisme et le clientélisme sont les bases de la politique sociale locale depuis des décennies. Elle pointe du doigt le « manque de courage politique qui conduit aux carences éducatives et à la montée de l’islamisme radical et de la délinquance« .

Cette quatrième génération issue de l’immigration maghrébine, n’a plus, de son point de vue, ni identité, ni valeurs, ni racines. « Ils poussent comme des champignons ». Face à l’absence d’autorité parentale, cette génération perdue ne trouve pas les relais auprès des enseignants et des élus, trop souvent craintifs de créer des conflits et pour certains, par idéologie, réfractaires à toute forme d’autorité.

À Planoise, nous touchons 20% de la population. Les 80% restants sont inconnus, vivent souvent dans une grande précarité économique et psychologique ; retraités et travailleurs pauvres, ils survivent dans la plus grande indifférence.

L’angélisme, voire l’hypocrisie de certains élus et des « pseudo-sociologues », ne résiste pas à l’analyse d’une professionnelle de terrain qui ose écrire haut et fort ce que la majorité silencieuse des quartiers n’ose pas dire. Elle ne veut pas laisser le terrain libre à tous les populismes qui prospèrent sur la misère humaine.

Écrire pour constater est un premier pas, proposer des solutions de bon sens est une autre étape qu’elle évoque dans son livre. Nassera Frugier animera une conférence-débat Vendredi 21 septembre à 20h30 au centre diocésain, rue Mégevand. Après avoir fait le buzz à « Livres dans la Boucle », la Berbère de banlieue, dont la maladie de Lyme est l’un des ses autres combats, souhaite ouvrir la boîte de Pandore de l’échec des politiques d’intégration et proposer des solutions de paix et d’espérance pour tous.

YQ

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