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Le jeune mortuacien, étudiant en master d’informatique à Besançon possédait une bibliothèque illégale de 2 millions de séries télévisées américaines et françaises.

À 22 ans, l’étudiant, très brillant, selon les propos du procureur de la République, avait monté une petite entreprise ayant généré 200 000 euros de chiffre d’affaires sur deux ans. Il utilisait les services d’environ six contributeurs qui lui fournissaient les épisodes en streaming. Les plateformes multiples, souvent hébergées dans des pays d’Europe de l’est, tentaient de camoufler la diffusion des séries.

Bitcoin informatique
Le Bitcoin est une monnaie virtuelle qui s’échange au niveau mondial. DR

Au terme d’une enquête de deux ans en association avec les enquêteurs régionaux du Laboratoire d’investigation opérationnelle numérique (LION) et ceux de l’Association de lutte contre la piraterie audiovisuelle (ALPA), les principaux « acteurs » ont été appréhendés et placés en garde à vue pour contrefaçon en bande organisée. Âgés entre 20 et 36 ans, les six personnes encourent jusqu’à sept ans de prison (Deux d’entre eux, mineurs au moment des faits, seront jugés par le tribunal des enfants).

Le principal mis en cause a totalement collaboré avec les enquêteurs lors de sa garde à vue, fermant l’ensemble des plateformes et des sites de streaming. Selon Jean-Baptiste Chaperon, enquêteur en cybercriminalité à la direction interrégionale de police judiciaire de Dijon, « le jeune étudiant ne semblait pas avoir pris conscience des faits qui lui étaient reprochés ».

La cybercriminalité se rémunère en Bitcoin

Criminalité en baskets

Après les mafieux, puis les criminels en col blanc, le monde du numérique ouvre de nouveaux horizons à de jeunes scientifiques souvent brillants, experts en informatique. Les clouds et les monnaies virtuelles comme le Bitcoin n’ont pas de secret pour ces grands adolescents. En l’espèce, l’étudiant bisontin jonglait avec des plateformes en Estonie ou aux Pays-Bas et des utilisateurs dans le monde entier. Chaque utilisateur générait des pages de publicité payées en Bitcoin par des agences « peu regardantes ».

La police s’adapte

Olivier Dupas, commissaire divisionnaire et directeur adjoint du service interrégional de police judiciaire précise : « Les Lion, cet acronyme barbare, cachent des enquêteurs très pointus en matière informatique, capables de suivre et de surprendre les petits génies du numérique. Ils sont épaulés par l’Alpa, association des professionnels de l’audiovisuel chargée de faire respecter les droits des auteurs, réalisateurs, producteurs ».

Une quinzaine de pôles régionaux consacrent leur temps à une veille permanente des sites et des plateformes de téléchargement.

Jugés en novembre prochain par le tribunal correctionnel de Besançon, ils encourent des peines de prison ferme. Au-delà, les propriétaires des droits audiovisuels pourront se porter parties civiles pour obtenir des dommages et intérêts. Derrière ce trafic, il y a des artistes, des acteurs, des auteurs qui ont créé des œuvres qui doivent être rétribuées.

Yves QUEMENEUR

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