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Il fait chaud et plus que jamais, rivières et cours d’eau appellent à la baignade. Mais en eau douce, gare à la leptospirose, plus connue sous le nom de « maladie des rats ». Transmise par les urines des rongeurs, la maladie peut être mortelle pour l’homme.

En fin de semaine dernière, trois cas de leptospirose ont été déclarés suite à une baignade dans une « zone non contrôlée » dans la rivière de l’Ognon dans le secteur de Pesmes (Haute-Saône). Deux d’entre eux sont encore hospitalisés dans un « état grave ». L’occasion, pour l’Agence régionale de santé (ARS) et la préfecture de Haute-Saône de rappeler que la « baignade doit se pratiquer dans des zones surveillées faisant l’objet d’un contrôle sanitaire ».

Qu’est-ce que la leptospirose ?

Selon Santé publique France, chaque année dans le monde, un million de personnes sont touchées par la leptospirose et 6% des personnes infectées en meurent. En France métropolitaine, pays le plus touché en Europe, c’est près de 600 cas rapportés tous les ans. En cause, la bactérie Leptospira interrogans, transmise par l’urine des rongeurs ou par les eaux douces contaminées. Une fois excrétée dans l’urine, la bactérie peut en effet survivre plusieurs semaines dans un milieu humide (rivières, étangs, boue, piscines naturelles…).

« La faiblesse du débit d’eau et la présence de rongeurs constituent une conjugaison de facteurs susceptibles de favoriser une contamination dès lors que les personnes qui participent à des activités aquatiques ne sont pas attentives aux mesures de prévention », explique l’ARS de Bourgogne Franche-Comté. Les baigneurs mais également les kayakistes, ou des professionnels comme les éboueurs, les égoutiers et tous ceux qui pratiquent des activités à proximité de rivières, encourent donc le risque de contracter la leptospirose.

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La France est le pays le plus touché d’Europe par cette maladie qui se transmet par l’urine des rongeurs ou par les eaux douces contaminées. DR

Maladie potentiellement mortelle, elle pénètre dans l’organisme par les muqueuses (œil, nez, bouche…) ou par la peau en présence de lésions, même insignifiantes comme des égratignures voire même par une peau saine macérée.

Quels sont les symptômes ?

Forte fièvre avec frissons, douleurs abdominales, articulaires ou musculaires, maux de tête… Généralement, les symptômes de la maladie, similaires à ceux d’une grippe, apparaissent entre 2 et 20 jours après la contamination. « La leptospirose peut s’aggraver avec des atteintes multiviscérale hépatiques, neurologiques, rénales voire des hémorragies pulmonaires et digestives plus ou moins sévères. » Si la maladie n’est pas contagieuse, il est très important de consulter rapidement son médecin traitant si les symptômes se présentent. Détectée le plus tôt possible, la maladie sera alors facilement soignée grâce à un traitement antibiotique.

À tout prix éviter la baignade en eau trouble ou boueuse

Comment l’éviter ?

Pour limiter l’exposition à la bactérie, Santé Publique France rappelle les bons gestes à adopter. Il est en effet recommandé de porter des équipements de protection lors d’activités professionnelles à risque comme l’agriculture ou encore le travail dans les égouts ou de pratiques sportives en eau vive comme le canyoning ou le kayak.

« On recommande également d’éviter la baignade en eau trouble ou boueuse et de marcher pieds-nus ou en sandales ouvertes sur un sol boueux, dans les flaques et eaux stagnantes. » Il est également conseillé de protéger les plaies du contact de l’eau par des pansements étanches. Enfin, après une exposition à risque, il faut laver à l’eau potable et désinfecter les plaies. Un vaccin, avec trois injections, est également conseillé aux professions à risque.

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Un vaccin est généralement proposé aux personnes les plus à risques comme les égoutiers ou les kayakistes. DR
La Franche-Comté, une des régions les plus touchées

D’après les données épidémiologiques recensées par Santé Publique France, la Franche-Comté est l’une des régions métropolitaines les plus touchées par la leptospirose avec une incidence de 1,17 cas pour 100 000 habitants.

70% des ragondins étudiés dans la vallée de l’ognon seraient porteurs de la maladie.

Par ailleurs, depuis 2014, les spécialistes observent une augmentation des cas humains.

« Cela s’explique par plusieurs facteurs : le développement de la population des rongeurs et l’augmentation du nombre de personnes pratiquant des activités à risques mais aussi par le nombre de tests permettant le diagnostic, réalisés du fait de leur remboursement en 2014 », précise l’ARS. Enfin, avec la sécheresse, les niveaux d’eau sont régulièrement bas, ce qui accroît les risques de contamination.

L’actu en plusPlus de pain pour les canards et les pigeonsEn juillet 2017, la Ville de Besançon a installé un panneau pour sensibiliser le grand public aux risques du nourrissage des animaux, où c’est interdit et passible d’une amende de 450 euros. En plus de nuire aux animaux, le fait de donner ses restes aux pigeons ou de distribuer du pain dur aux canards favorise le regroupement de rongeurs comme les rats. L’une des premières conséquences de ce regroupement est l’augmentation des risques de transmission de pathogènes dont la bactérie responsable de la leptospirose. D’après le Docteur Anouk Haeringer-Cholet, directrice du service Hygiène-Santé de la Ville, interrogée à l’époque : « 70% des ragondins étudiés dans la vallée de l’Ognon sont porteurs de la maladie ». Des chiffres qui poussent aujourd’hui les élus, dont Anne Vignot, adjointe chargée de l’environnement, à réduire la population de ragondins vivant au bord du Doubs.
Militine GUINET
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