La région Bourgogne Franche-Comté s’oppose au plan régional de santé

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Ce mardi à Dijon, les élus du conseil régional de Bourgogne Franche-Comté se sont réunis en assemblée pour l’examen du Projet régional de santé (PRS), c’est-à-dire l’organisation des soins de santé dans la grande région pour les années à venir.

Face à des élus remontés, Pierre Pribile, directeur général de l’Agence régionale de santé (ARS) Bourgogne Franche-Comté a présenté le projet régional de santé qui détermine les priorités du système de santé en région pour la période 2018-2022. Parmi les grands enjeux : l’accès aux soins urgents.

150 à 250 postes de médecins urgentistes non pourvus dans la région

D’après Pierre Pribile : « Les difficultés et la fragilité du système régional d’urgence sont essentiellement liées aux ressources humaines. On compte aujourd’hui 472 médecins urgentistes en Bourgogne-Franche-Comté, or il en manque 140 à 220 pour faire fonctionner le système tel qu’il existe. » Une pénurie notamment liée à la baisse de la démographie médicale. Ce qui explique notamment le recours à des médecins intérimaires ou à l’octroi d’heures supplémentaires ou encore des « ruptures impromptues de service ». « Aujourd’hui on a presque une chance sur deux de tomber sur un médecin qui a commencé à faire des heures supplémentaires ou sur un médecin intérimaire », a-t-il poursuivi. « L’enjeu, c’est la qualité des soins. »

D’après l’Agence régionale de santé, il manque 150 à 250 médecins urgentistes dans la Grande Région. DR
D’après l’Agence régionale de santé, il manque 150 à 250 médecins urgentistes dans la Grande Région. DR
L’épuisement des urgentistes

Afin de proposer un système d’urgence qui soit « non tributaire de l’épuisement des professionnels de santé », le plan régional de santé préconise la mise en place d’équipes qui soient allouées à un territoire commun et non plus à un établissement. L’ARS travaille également à la réduction à deux du nombre de centre 15 de régulation en Bourgogne en s’appuyant sur l’expérimentation lancée en 2005 en Franche-Comté.

« L’expérience réussie de la Franche-Comté »

L’ARS se fonde sur « l’expérience réussie de la Franche-Comté où le regroupement de quatre centres de régulation s’est opéré sur Besançon entre 2005 et 2015, le dernier en date étant le territoire de Belfort. » Le redéploiement des moyens prévoit également une meilleure coordination de l’utilisation des cinq hélicoptères dont les quatre hélismur basés à Besançon, Dijon, Auxerre et Chalon-sur-Saône ainsi que l’hélicoptère de la sécurité civile (Dragon 25) basé à Besançon. Ces appareils seront d’ailleurs prochainement renouvelés et dotés de systèmes de vision nocturne. Le directeur général de l’ARS Bourgogne Franche-Comté a également rappelé qu’une spécialité universitaire dédiée à la formation de 25 urgentistes a récemment été créée, censée pallier le manque d’urgentistes à terme.

« Un modèle à bout de souffle »

De son côté, la présidente PS de la région Bourgogne Franche-Comté, Marie-Guite Dufay a déclaré : « Il faut avoir le courage de changer un modèle à bout de souffle. Nous ne sommes pas condamnés à attendre des mois pour obtenir un rendez-vous médical. »

Projeter les moyens sur les urgences vitales

Si plus de 85% de la population régionale est domiciliée à moins de 30 minutes d’un service d’urgences ou d’une antenne du SMUR, 12% entre 30 et 45 minutes, 1,5% de la population de la Grande région vit encore à plus de 45 minutes de ces services. C’est par exemple le cas du plateau Maîche-Morteau dans le Haut-Doubs. C’est ce que déplore Marie-Guite Dufay : « Les difficultés d’accès aux soins touchent à la fois les zones rurales et les zones de montagne comme le plateau de Maîche-Morteau dans le Haut Doubs, la Petite Montagne dans le Jura ou certaines parties du massif du Morvan. » Pour ces secteurs, des solutions alternatives sont mises en œuvre avec l’appui des médecins de ville correspondants du SAMU et de médecins pompiers qui prennent en charge les urgences vitales avant l’arrivée d’un SMUR.

Garantir à l’ensemble de la population régionale un accès aux soins urgents en moins de 30 minutes est un engagement qui date du quinquennat de François Hollande et qui fait partie des grands enjeux du projet régional de santé annoncé par l’ARS de Bourgogne Franche-Comté. Pour répondre à cet objectif de rapprocher la population de l’accès aux soins d’urgence, l’ARS entend déployer plusieurs dispositifs qui s’appuient sur les médecins de ville locaux et sur les médecins des pompiers.

« Même si l’état de santé des habitants de notre région s’est amélioré durant la dernière décennie, il reste moins bon que celui de la moyenne des Français »

La présidente de région estime que les propositions émises par l’ARS de Bourgogne Franche-Comté pour lutter contre les inégalités sociales et territoriales d’accès à la santé sont « dramatiquement insuffisantes ». Elle a ajouté que par rapport à la moyenne nationale, « il manque 240 médecins généralistes, 800 infirmiers libéraux et près de 1000 médecins spécialistes dans la région […] Même si l’état de santé des habitants de notre région s’est amélioré durant la dernière décennie, il reste moins bon que celui de la moyenne des Français. Pour sortir de cette impasse, nous ne pouvons plus nous contenter de réformes paramétriques et de demi-mesures. »Il manque 240 médecins généralistes dans la région

À l’issue de la session plénière, les élus de la région Bourgogne Franche-Comté ont rejeté à l’unanimité le Projet régional de santé présenté par l’Agence régionale de santé. La présidente de région, Marie-Guite Dufay a quant à elle adressé un courrier au Premier ministre, Édouard Philippe.

Louise De Châteaublanc

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