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Le mois d’octobre, dédié à la sensibilisation au dépistage du cancer du sein, s’est achevé ce mercredi. Pour cette édition 2018, la mobilisation a été particulièrement forte dans la région. Adeline et Nathalie, deux femmes touchées par cette maladie insistent sur l’importance du dépistage.

« Ne pas laisser la maladie gagner », un mantra qu’Adeline Demesy, 35 ans, originaire des Auxons, se répète à longueur de journée depuis qu’on lui a annoncé qu’elle était atteinte d’un cancer du sein.

« J’ai découvert la maladie quelques mois après la naissance de ma fille qui a trois ans aujourd’hui. J’avais remarqué une boule dans le sein alors j’en ai parlé. Ensuite, tout s’est très vite enchaîné. Je n’avais aucun antécédent familial alors j’ai subi une batterie d’examens avant que le verdict ne tombe », raconte-t-elle.

Un gêne qui multiplie les risques de cancer du sein et des ovaires

On lui diagnostique alors un cancer de stade 4 avec des métastases dans les os. D’origine génétique, puisqu’elle est porteuse du gêne BRCA2 qui multiplie les risques de contracter un cancer du sein et des ovaires, son cancer s’est nourri des hormones de grossesse : « Heureusement que ma fille est née un mois avant le terme, sinon je ne serais plus là. À l’époque, les médecins ne me donnaient que six mois… »

Pour sa fille, elle décide de se battre. « J’ai radicalement changé mon mode de vie. Je me suis beaucoup tournée vers des médecines alternatives comme la sophrologie ou la médecine énergétique. J’ai fait du sport, j’ai pris du temps pour m’occuper de moi. »

Adeline a écrit un premier recueil de nouvelles intitulé « Tout simplement ». Son deuxième livre est en cours d'élaboration. © Adeline Parfait Photographie
Le premier recueil de nouvelles de la jeune femme s’intitule « Tout simplement ». Elle travaille actuellement sur son deuxième livre. © Adeline Parfait Photographie

Elle semble guérie. Un temps. Puis rechute. Et on lui découvre de nouvelles métastases dans les os et le foie. « J’ai suivi une deuxième chimiothérapie. En parallèle, je suivais des médecines douces qui m’avaient beaucoup aidées à supporter les traitements la première fois », se souvient Adeline.

À ce moment-là, elle entreprend de raconter son combat contre la maladie dans un recueil de nouvelles intitulé « Tout simplement ». « Ma mère est romancière. Déjà quand j’étais ado, j’avais envie d’écrire. La maladie a été l’occasion de me lancer. »

Son corps est mutilé par une vingtaine de cicatrices. Pourtant, elle apprend à s’aimer. Elle qui était si complexée par son physique avant de tomber malade : « Je me suis découvert une certaine féminité avec la maladie. J’ai appris à m’aimer telle que j’étais et à prendre soin de moi. Aujourd’hui, j’aime mon corps. On peut se trouver belle même en étant chauve. Quand on s’aime, on peut tout accomplir », assure-t-elle.

« Le mental, c’est 80% de la guérison »

Pour la jolie rousse, « garder la banane est fondamental si on veut s’en sortir. Le mental, c’est 80% de la guérison. » Elle insiste : « Au cours de me recherches sur les médecins alternatives, j’ai appris que l’anxiété et les émotions négatives nourrissent les maladies. Rester positive n’a pas été facile mais c’était nécessaire. »

Adeline suivra un traitement toute sa vie mais garde la foi. Très active, elle multiplie les actions de sensibilisation au dépistage et prépare actuellement un deuxième livre autobiographique qui, selon elle, abordera l’histoire cocasse d’une « Bridget Jones cancéreuse ». Un ouvrage rempli d’autodérision. Elle sera présente au salon Talents et saveurs de Micropolis à Besançon pour dédicacer son premier livre les 17 et 19 novembre prochains.

En 2017, 54 000 femmes ont été touchées par un cancer du sein en France. DR
En 2017, 54 000 femmes ont été touchées par un cancer du sein en France. DR

Nathalie Conscience, elle, vit dans la région grayloise en Haute-Saône. Elle a été diagnostiquée à 48 ans.

Elle se souvient : « Je voulais attendre mes 50 ans avant de passer une mammographie. Mon médecin me conseillait de m’auto-palper mais je faisais l’autruche. Pourtant, aujourd’hui je réalise que la prévention et le dépistage sont très importants. Si j’avais attendu encore six mois, mon cas aurait empiré. »

Biopsie, scanner… Les examens se multiplient : « Au début, quand la nouvelle tombe, on n’y croit pas trop. Puis, très vite, on entre dans le parcours de soins, on prend les différents rendez-vous. Une fois qu’on apprend la maladie, l’univers change totalement. C’est une autre vie, il faut faire avec », témoigne cette maman de deux jeunes filles.

« Dire qu’on est malade à ses proches, c’est très compliqué »

Elle subit alors un curage axillaire (une intervention consistant à retirer les ganglions drainant le sein, situés dans l’aisselle, qui peuvent être envahis par des cellules cancéreuses, Ndlr). « J’ai décidé de prendre les choses en main. En fait, j’ai abordé mon cancer comme une aventure. Je suis allée de l’avant tout de suite et ma famille a suivi. Avant l’opération, je me suis mise à la sophrologie et j’ai consulté un nutritionniste pour limiter la prise de poids avec les traitements que je prenais dans le cadre de mon hormonothérapie. Au début, je ne voulais même pas parler de mon cancer à mes copines. Dire qu’on est malade à ses proches, c’est très compliqué. »

Elle décrit l’importance du lâcher prise pour combattre le cancer : « Avant de tomber malade, j’étais prise dans une vie à 100 à l’heure. Le cancer m’a obligée à ralentir. J’avais entendu parler de l’association La Grayloise, une association de soutien aux patients atteints d’un cancer du sein. J’ai donc poussé les portes de l’association et j’ai appris à prendre du temps pour moi. Les différents ateliers proposés et les rencontres avec d’autres malades m’ont vraiment aidé à traverser cette épreuve. »

Conductrice de bus scolaire, Nathalie a souhaité maintenir son activité professionnelle pendant sa radiothérapie : « Je ne voulais surtout pas arrêter de travailler. Mon métier, c’est toute ma vie, ça a été mon moteur. »

coûte rien. C’est un examen comme un autre qui devrait être banalisé, ça sauve des vies », insiste Nathalie. © Laeticia Devaux / D-Click Studio
« Se faire dépister ne coûte rien. C’est un examen comme un autre qui devrait être banalisé, ça sauve des vies », insiste Nathalie. © Laeticia Devaux / D-Click Studio

Son cancer, elle le dédramatise. « Je dirais que ça aura été un mal pour un bien parce que j’ai rebondi sur ce que ça pouvait m’apporter. Il faut dire que depuis mon cancer, je suis beaucoup moins stressée qu’avant, j’ose le dire quand quelque chose m’agace, je prends davantage le temps de faire les choses et surtout, je pense à moi ! Ce qui n’est pas toujours facile lorsqu’on a une famille… »

« Le cancer n’est pas une fatalité »

Des hauts, mais surtout des bas, elle en a connu. Son conseil pour surmonter la maladie ? « Se bouger, sortir de chez soi, quitte à se forcer car ce n’est pas toujours facile. Rester sur son canapé, se reposer, c’est déjà se laisser gagner par le cancer. Le cancer n’est pas une fatalité, si c’est pris en charge tôt, ça se guérit. » Elle en est convaincue : « Se faire dépister ne coûte rien. C’est un examen comme un autre qui devrait être banalisé, ça sauve des vies. » Il y a quelques mois, la pétillante Nathalie a posé pour un calendrier lancé par l’association La Grayloise.

Limiter les facteurs de risques

Yolande Maisonnette-Escot est gynécologue-obstétricienne au CHU de Besançon. « Le cancer du sein concerne essentiellement des femmes de plus de 50 ans, ménopausées. Le diagnostic chez des femmes jeunes reste exceptionnel. En effet, la plupart de ces femmes touchées par un cancer du sein sont porteuses d’une mutation génétique. »

L’environnement, le surpoids, le manque d’activité physique ou encore la consommation de tabac ou d’alcool sont autant de facteurs qui multiplient les risques de développer la maladie.

D’après le médecin, « les causes du cancer du sein peuvent aussi être hormonales, dans le cas d’une puberté précoce ou d’une ménopause tardive ou encore génétiques. Les cancers d’origine génétique (les gènes mis en cause étant les BRCa) concernent environ 10% des cancers du sein et touchent des femmes jeunes. D’ailleurs, les porteuses de ces gènes nécessitent une surveillance plus rapprochée à un âge plus précoce. »

Elle rappelle : « Des symptômes doivent alerter et inciter les femmes à consulter : il faut surveiller un changement dans la forme du sein, surveiller s’il n’y a pas d’écoulement et s’autopalper régulièrement en plus de se faire dépister par des professionnels. »

Militine GUINET
Séance de dédicaces Adeline Demesy, samedi 8 décembre à 14, chez Cultura à Besançon. Voir la page Facebook.
Calendrier de La Grayloise (10 euros) en vente à la permanence de l’association, 30 rue Vanoise à Gray (70).
Plus d’informations sur le site et la page Facebook de l’association.

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