Octobre Rose : apprivoiser la maladie pour mieux en guérir

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Le professeur Jean François Bosset, "Ligue contre le cancer", a animé le cycle de conférences, hier soir, lundi 2 octobre 2017, au Petit kursaal. Crédit : Y.Q
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Comme chaque année, la planète se mobilise pour lutter contre le cancer du sein. Les monuments emblématiques, comme la Tour Eiffel mais aussi l’Hôtel de Ville de Bruxelles, Florence et même les chutes du Niagara, se parent de rose depuis maintenant 14 ans. L’édition 2017 à Besançon, innovait en proposant, lundi 2 octobre, un « Voyage au cœur du sein », un parcours pédagogique dans une bulle géante identifiant la poitrine féminine, suivi d’une conférence organisée le soir au Petit Kursaal.

Désormais ancrée, partout en France, la campagne de sensibilisation au dépistage du cancer du sein « Octobre Rose », a débuté le 2 octobre à Besançon, d’une façon qui aura, sans nul doute, marqué les esprits. En effet, un immense chapiteau en forme de poitrine a été installé en plein cœur de ville, sur la place de la Révolution. Baptisée « Voyage au cœur du sein », l’installation gonflable de 300 m2 emmenait  les visiteurs à l’intérieur des seins d’une femme pour mieux comprendre et prévenir la maladie. Totalement inédite en Franche-Comté, cette animation conjuguant divertissement, pédagogie et science avait le double objectif : inciter toutes les femmes de plus de 50 ans au dépistage systématique tous les deux ans ; apprendre, expliquer et comprendre l’extrême complexité de cet organe essentiel à la vie et ses conséquences multiples lorsqu’il risque d’être mutilé.

« Cancer du sein : Quoi de neuf en 2017 ? »

Lors de cette journée solidaire, Jean Louis Fousseret n’a pas manqué de rappeler que Besançon est une ville-phare de la lutte contre le cancer du sein. Depuis 2004 aux côtés de l’ADECA-FC, organisatrice de la manifestation Octobre rose, la ville s’est imposée comme la capitale de l’immunothérapie et la référence mondiale dans la médecine du futur.

A l’issue du voyage, une conférence « Cancer du sein, quoi de neuf en 2017 ? », organisée en soirée au Petit Kursaal, était animée par des professionnels de la santé.

En introduction, Raouchan Rymzhanova, médecin coordinatrice de l’ADECA Franche-Comté, a souligné l’importance du dépistage organisé à double lecture. Il s’agit pour les radiothérapeutes de confronter leurs analyses des clichés. Ainsi chaque patiente a une double confirmation du diagnostic, permettant une meilleure prise en charge et le plus en amont possible.

cancer sein Le Docteur Yolande Maisonnette, chirurgien spécialiste en sénologie, a rappelé les rapides évolutions médicales en matière de chirurgie
Le Docteur Yolande Maisonnette, chirurgien spécialiste en sénologie, a rappelé les rapides évolutions médicales en matière de chirurgie

Ce fut ensuite au tour du docteur Yolande Maisonnette, chirurgien spécialiste en sénologie, de captiver l’auditoire en expliquant clairement l’évolution de la chirurgie et en particulier le développement de la chirurgie ambulatoire. En effet, dans la majorité des cas de cancer du sein, la chirurgie est le premier traitement proposé. Pour 60 à 70 % des patientes, il s’agira d’une chirurgie dite « conservatrice du sein »,  permettant de retirer la tumeur et les tissus environnants tout en conservant la majeure partie du sein. Aujourd’hui, pour cette intervention (en fonction des cas), une femme ne reste que 24 heures à l’hôpital… Un bon moyen d’atténuer le choc psychologique d’une hospitalisation.

Quant au docteur Patrick Bontemps, radiothérapeute mais également adjoint à la culture à la Ville de Besançon, il expliqua, à force de graphiques, la désescalade des traitements radiologiques, passés parfois de 6 à 4 ½ semaines, et permettant d’éviter les conséquences néfastes des rayons.

Enfin, si seuls 20 à 25% des cancers du sein nécessitent une mastectomie, la chirurgie réparatrice, toujours à la volonté de la patiente, est, bien souvent, un acte de renaissance pour une patiente guérie.

Eh oui, guérie !

La guérison n’est plus un objectif mais une réalité comme l’a exposé le professeur Xavier Pivot de l’Institut Régional Fédératif du cancer de Franche-Comté. Deux femmes françaises sur trois se font dépister. Cela a eu pour conséquence, de faire baisser de 1.5% par an le taux de mortalité, des chiffres que l’on peut juger considérables sur une période de 12 ans.

Connaître la maladie, c’est accepter le traitement et en guérir

Nos centaines de milliards de cellules meurent et sont remplacées. Aussi extraordinaire soit-il, le génome humain est capable de « bugs », et les cellules copiées sont parfois moins belles que les originales. Ainsi, les cellules éventuellement cancéreuses, sont ces bugs informatiques que les médecins, chercheurs, généticiens réparent avec passion et beaucoup d’humilité.

Octobre rose… ce n’est plus l’automne de la vie mais le printemps de la guérison !

Y.Q

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