Nourrir les canards ? Attention à la Leptospirose…

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Nourrir les animaux favorise le contact avec la Leptospira interrogans, la bactérie responsable de la Leptospirose, une maladie grave. © M.G.
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Profiter d’une promenade en famille le long du Doubs pour donner ses restes de pain aux canards, pigeons et autres animaux issus de la faune sauvage est désormais interdit à Besançon et passible d’une amende de 450€.

Nourrir les animaux en ville est une pratique très courante dont les conséquences sont méconnues. En effet, donner de la nourriture aux animaux qui peuplent les espaces verts de Besançon peut créer des carences dans leurs organismes, augmenter leur dépendance et pire, dégrader l’écosystème et impacter la biodiversité locale. L’homme risque également d’être touché par la Leptospirose, une maladie grave, plus facilement contractable lors du nourrissage.

Des conséquences sur la santé des animaux et sur la biodiversité locale
Nourrir les animaux peut modifier l'équilibre des populations et engendrer des regroupements. Cela peut aussi favoriser la présence de rats. © M.G.
Nourrir les animaux peut modifier l’équilibre des populations et engendrer des regroupements. Cela peut aussi favoriser la présence de rats. © M.G.

Pour limiter le phénomène et pour « attirer l’attention des Bisontins sur les conséquences de ce geste anodin », la Ville de Besançon vient de lancer une campagne d’information intitulée : « Les animaux sauvages… Je les observe, mais je ne les nourris pas ! »

Pour Anne Vignot, adjointe déléguée au Développement durable, à l’environnement au cadre de vie et à la transition énergétique, « nourrir les animaux peut avoir des conséquences sur leur santé car cela engendre des carences en nutriments et des apports trop élevés en acides gras ». L’élue insiste également sur le fait que « l’estomac des animaux n’est pas conçu pour ces aliments ». D’ailleurs, l’ingestion de grandes quantités de pain peut provoquer des troubles mortels et avoir des conséquences sur le comportement des animaux, notamment les rendre dépendants : « Ils en viennent à attendre leur nourriture et n’ont plus à aller la chercher dans leur aire de vie. Ce déficit d’activité physique peut leur être préjudiciable », explique-t-elle.

Des risques pour l’homme

La Ville de Besançon tient également à tirer la sonnette d’alarme sur les risques encourus pour l’homme : « Ce comportement favorise le contact avec la Leptospira interrogans, la bactérie responsable de la Leptospirose, qui est une maladie transmise par l’urine des rongeurs ou les eaux douces contaminées », renseigne le Docteur Anouk Haeringer-Cholet, directrice du service Hygiène-Santé de la Ville. Une fois qu’elle est excrétée dans l’urine, la bactérie peut survivre plusieurs semaines dans un milieu humide.

Maladie grave et parfois mortelle, la Leptospirose pénètre dans l’organisme par les muqueuses (œil, nez, bouche…) ou par la peau en présence de lésions, même insignifiantes comme des égratignures : « La Leptospirose peut conduire à une insuffisance rénale aiguë, à une atteinte neurologique ou à des hémorragies pulmonaires et digestives plus ou moins sévères », indique le médecin.

Pour elle, la maladie a doublé entre 2011 et 2015 en France, pays le plus touché en Europe : « 600 personnes sont concernées chaque année en France métropolitaine. Cette maladie est un indicateur important. »

70% des ragondins étudiés dans la vallée de l’Ognon sont porteurs de la Leptospirose

« Il faut savoir que 70% des ragondins étudiés dans la vallée de l’Ognon en sont porteurs », signale le Docteur Anouk Haeringer-Cholet. « Les agriculteurs, les égoutiers ainsi que les adeptes de loisirs en plein air comme le kayak sont des publics susceptibles d’être en contact avec la bactérie. »

Comment se protéger ?

Les mesures générales de lutte contre la maladie concernent dans un premier temps la dératisation en milieu urbain et le contrôle de leurs populations en milieu rural. Néanmoins, le Docteur Anouk Haeringer-Cholet rappelle l’importance de se protéger contre l’eau et les urines d’animaux avec des gants, bottes et des vêtements de protection : « En cas de plaie, il faut laver abondamment à l’eau potable et au savon, désinfecter avec une solution antiseptique et protéger la plaie avec un pansement. Les signes de la Leptospirose apparaissent une à deux semaines en moyenne après la contamination. Il peut s’agir d’une fièvre élevée d’apparition brutale, de douleurs articulaires, musculaires, abdominales et de maux de tête violents. Il est nécessaire de consulter rapidement un médecin car la maladie peut s’aggraver quatre à cinq jours après les premiers signes et s’étendre aux méninges, au foie, aux reins et aux poumons. Un traitement antibiotique efficace existe, surtout s’il est administré tôt après la contamination due à une activité à risque telle que la pêche ou la baignade. »

Militine GUINET

Plus d'informations sur www.sante.gouv.fr à la rubrique "Zoonoses"
dans les dossiers classés par ordre alphabétique.

 

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