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Le 2 juillet dernier, un bébé Grand Hapalémur a pointé le bout de son nez au Jardin zoologique de la Citadelle. Cette dernière met en avant une « naissance exceptionnelle au regard de la menace d’extinction très forte qui pèse sur cette espèce de lémurien de Madagascar ».

Il ne reste que 1000 individus de cette espèce dans la nature et 26 dans des parcs zoologiques du monde. C’est dire si le Grand Hapalémur est une espèce en voie d’extinction. Bonne nouvelle, au début du mois, le Jardin zoologique de la Citadelle de Besançon a accueilli un bébé de cette espèce. « Un espoir formidable » selon la Citadelle, très engagée dans la conservation des différentes espèces de lémuriens. Il s’agit de la sixième naissance de cette espèce enregistrée à Besançon. « La dernière remonte à 2013 », détaille la Citadelle.

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Le père du bébé est lui-même né à Besançon en 2005. © Jean-Charles SEXE/Ville de Besançon
Fille ou garçon ?

Si on ignore encore le nom et le sexe du petit, on sait que le père, nommé Ivongo, lui-même né à Besançon en 2005 est parti quelques années en Angleterre avant de revenir à la Citadelle. C’est là qu’il a formé un couple avec une jeune femelle de six ans, Veloma, arrivée en 2015 à Besançon. Tous les deux sont parents pour la première fois. « Veloma est particulièrement attentionnée avec son petit et s’en occupe parfaitement. »

Les visiteurs peuvent découvrir le petit lové sur le ventre de sa mère, dans leur enclos, situé dans le fossé des primates. « Le bébé restera accroché à sa mère jusqu’à l’âge de deux mois environ. »

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Le Grand Hapalémur est l’un des 25 primates les plus menacés au monde. © Jean-Charles SEXE/Ville de Besançon
Un savoir-faire en matière de préservation des espèces mondialement reconnu

Reconnu à l’échelle internationale pour son implication et son savoir-faire en matière de préservation et de reproduction des espèces menacées, le Muséum de Besançon abrite déjà quatre espèces de lémuriens (le Propithèque couronné, le Grand Hapalémur, le Vari à ceinture blanche et le Lémur couronné, Ndlr), toutes menacées d’extinction. Lesquelles se sont reproduites avec succès. « Certaines de ces espèces sont si rares dans la nature que le travail de conservation réalisé par le Muséum est d’une importance considérable pour leur sauvegarde », précise la Citadelle.

« Cela faisait très longtemps qu’un parc n’avait pas réussi à avoir des naissances de Propithèque, Grand Hapalémur et Vari à ceinture blanche la même année »

L’an dernier, dans le cadre des programmes d’élevage européens pour la sauvegarde d’espèces menacées (EEP), le Muséum avait d’ailleurs accueilli des naissances chez trois de ces espèces : les Varis, les Lémurs couronnés et les Propithèques couronnés.

« Vous avez fait un travail exceptionnel avec les lémuriens », avait aussitôt déclaré Delphine Roullet, primatologue de renommée international, spécialiste des lémuriens et coordinatrice du programme d’élevage européen des Grands Hapalémurs et Varis à ceinture blanche. « Cela faisait très longtemps qu’un parc n’avait pas réussi à avoir des naissances de Propithèque, Grand Hapalémur et Vari à ceinture blanche la même année (voire du succès dans la reproduction de ces espèces). Le dernier et le seul, c’est le Parc zoologiqe de Paris et cela fait très longtemps. Vous pouvez être fiers de vous et de vos équipes. Moi, je le suis », avait-elle poursuivi.

L’actu en plusDe 600 Grands Hapalémurs en 2013 à 1000 en 2019Depuis octobre 2009, l’association Helpsimus, créée par le Muséum de Besançon et le Parc zoologique de Paris, œuvre pour la sauvegarde du Grand Hapalémur à Madagascar. Pour y parvenir, l’association met en œuvre des programmes de conservation qui associent un suivi scientifique de l’espèce , la protection de son habitat ou encore l’aide au développement des villages riverains des groupes de Grands Hapalémurs ainsi que le financement de l’éducation des enfants. Grâce à ces actions et aux financements reçus, la population des Grands Hapalémurs à Madagascar est passée de 600 individus en 2013 à 1000 en 2019.
Militine GUINET

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