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C’est l’une des conséquences de l’épopée des Bleus pour cette Coupe du Monde 2018 : les maillots de l’équipe de France de Football s’arrachent comme des petits pains. Résultat, de nombreux magasins sont en rupture de stock.

Depuis la qualification des Bleus vendredi 6 juillet pour les demi-finales, les maillots officiels sont pris d’assaut. Un constat observé dans de nombreux magasins de sports de la région, à commencer par Go Sport situé dans la zone commerciale de Châteaufarine : « On n’en a plus un seul. Les gens nous appellent toutes les cinq minutes pour savoir où dénicher le précieux maillot », confirme un vendeur.

Même parcours du combattant pour les supporters graylois qui désirent se procurer un maillot : « Tout est parti très vite. 15 jours après le début de la Coupe du Monde, tout avait déjà été vendu. Il nous reste seulement deux t-shirts du modèle blanc moucheté pour les enfants », rapporte Vanessa, vendeuse chez Sport 2000 à Gray (70).

Des maillots officiels victimes de leur succès

Gaëtan, responsable du rayon football au magasin Décathlon de Dole (39), note une hausse progressive des ventes de maillots de l’équipe de France : « Les ventes se sont intensifiées lorsque les Bleus ont passé les poules. Dans nos rayons, nous avons encore quelques maillots non officiels pour enfants, qui eux-aussi, partent très vite. À la fin de la journée, tout sera vendu. »

Ajouter une seconde étoile au maillot ?

À Pontarlier aussi, les clients se bousculent pour obtenir l’étoffe tant convoitée : « Hélas, il n’en reste plus que deux en taille enfant et il n’y aura pas de réassort avant dimanche », compatit Valentin, vendeur au rayon Sports collectifs du magasin Décathlon. Selon lui, qui s’est renseigné auprès des fournisseurs, « Nike, a arrêté d’en produire car ils attendent de savoir s’il faudra ajouter une deuxième étoile au maillot. »

Pour se consoler, les supporters peuvent encore –,plus pour longtemps – trouver des maillots non officiels au magasin Décathlon de Besançon. D’après Christophe et Alice, vendeurs au rayon Sports collectifs, « les maillots non officiels se vendent comme des petits pains. Ils sont vendus 10 €, c’est nettement moins cher que le maillot officiel. À ce prix-là, les parents n’hésitent pas à faire plaisir à leurs enfants. »

Alice et Christophe, vendeurs au rayon Sports collectifs dans le magasin Décathlon à Besançon : "Plus de maillots officiels mais des maillots supporters à faire floquer. Allez les Bleus !" © M.G.
Alice et Christophe, vendeurs au rayon Sports collectifs dans le magasin Décathlon à Besançon : « Plus de maillots officiels mais des maillots supporters à faire floquer. Allez les Bleus ! » © M.G.

De nombreux clients se pressent à l’accueil du magasin pour faire floquer leurs t-shirts fraîchement acquis : « En général, ils font inscrire un numéro et leur nom. Il faut compter une dizaine d’euros pour le flocage. » Dans ce rayon, les ballons, non officiels, se vendent également très bien.

D’après Valentin, vendeur chez Décathlon à Pontarlier, Nike, l’équipementier officiel des Bleus depuis 2008, aurait interrompu la production de maillots de l’équipe de France : « Ils attendent de savoir s’il faudra ajouter une deuxième étoile au maillot » © M.G.
D’après Valentin, vendeur chez Décathlon à Pontarlier, Nike, l’équipementier officiel des Bleus depuis 2008, aurait interrompu la production de maillots de l’équipe de France : « Ils attendent de savoir s’il faudra ajouter une deuxième étoile au maillot » © M.G.
Une hausse de 30% pour les ventes de maillots

Lors de ce mondial, 74 000 maillots de l’équipe de France se sont vendus dans les magasins Intersport contre 50 000 maillots lors de l’Euro 2016 qui s’était pourtant déroulé dans l’Hexagone. L’enseigne Go Sport affiche elle aussi un beau bilan avec 40 000 maillots vendus depuis le début de la compétition.

Selon Florent Soulez, responsable marketing de la boutique officielle de la Fédération française de football, les ventes de maillots et de produits dérivés de l’équipe France ont bondi de 30% en mai, par rapport au même mois de 2016. Les années de Coupe du monde, les ventes de maillots augmenteraient de 8 à 10%… Parmi les bonnes ventes du mondial 2018 : la tunique des Bleus fabriquée par Nike, l’équipementier officiel de la Fédération française de football (FFF) depuis 2008. Ce dernier, également sponsor officiel des Croates, n’a d’ailleurs pas souhaité communiquer de chiffres sur ses ventes.

L’économie, grande gagnante de ce mondial

Si la compétition n’est pas encore terminée, les commerçants sortent déjà leurs calculettes pour déterminer les retombées du parcours des Bleus.

Philippe Renard, à la tête de la brasserie Au Doubs Bonheur, située rue de Vesoul à Besançon, est à la recherche d'un coq français pour le soir de la finale. © LDC
Philippe Renard, fervent supporter et propriétaire de la brasserie Au Doubs Bonheur, située rue de Vesoul à Besançon, procèdera à un lâcher de ballons lumineux si la France gagne dimanche. © LDC

Philippe Renard, propriétaire de la brasserie Au Doubs Bonheur, qui diffuse les rencontres depuis le début du mondial a d’ores et déjà noté une augmentation de la fréquentation : « Une soirée de match correspond à environ quatre ou cinq jours de chiffre d’affaires en semaine. »

Il relativise : « On arrive à réunir beaucoup de supporters mais c’est moins qu’il y a deux ans pour l’Euro 2016. La faute aux horaires des matches… »

La France en finale, cocorico !

« On arrive à réunir beaucoup de supporters mais c’est moins qu’il y a deux ans. La faute aux horaires des matches… »

Ce dimanche, pour la finale, il prévoit un lâcher de ballons lumineux en cas de victoire des Bleus. Il vient d’ailleurs de trouver un coq français, Léon, qu’il laissera fièrement gambader sur sa terrasse…

En ville, diffuser les matches permet au bar L’Éphéméride, ouvert récemment, de faire le plein : « En deux heures de match, on fait le chiffre qu’on ferait en une soirée », assure Sarah Fassot-Gauthier, l’une des deux gérantes.

Même succès rue Victor Hugo où les biscuits en forme de ballons de foot et de drapeaux tricolores confectionnés par Marotte et Charlie ont très vite été dévalisés : « On a fait plusieurs fournées mais il n’en reste plus un seul… On déçoit beaucoup de clients qui nous appellent pour en avoir… », regrette Charlotte Lebeaupin.

Les biscuits spécial Coupe du Monde, confectionnés par Marotte et Charlie, rue Victor Hugo à Besançon, ont été dévalisés en seulement quelques semaines. © LDC
Les biscuits spécial Coupe du Monde, confectionnés par Marotte et Charlie, rue Victor Hugo à Besançon, ont été dévalisés en seulement quelques semaines. © LDC
Une embellie économique pour le gagnant ?

C’est ce qu’affirment les résultats d’une étude réalisée par la banque ABN Amro à l’occasion du Mondial 2006. Les analystes ont en effet remarqué que le pays qui remporte la compétition enregistre systématiquement une hausse de sa croissance économique d’environ 0,7% l’année de la victoire.

En 1998, la France avait en effet connu une croissance économique exceptionnelle de 6% et le troisième trimestre de cette année avait vu la consommation des ménages augmenter de 2,6% contre 0,7% au trimestre précédent. Pour expliquer ce phénomène : l’augmentation de la fréquentation des bars et des restaurants, la vente de jouets et d’articles de sport qui explosent, et surtout, un moral des ménages au beau fixe. Lequel peut entraîner des investissements comme l’achat d’une voiture ou d’un bien immobilier.

Pour l’heure, tout ce que l’on sait, c’est que les dépenses en biens d’équipement du logement ont augmenté de 1,2% entre mai et juin. D’après l’Insee, il s’agit surtout d’achats de téléviseurs. Rien d’étonnant puisque Médiamétrie calcule les chiffres d’audience des matches seulement à partir des supporters qui les regardent chez eux (19 millions de téléspectateurs pour le match France-Belgique).

10 000 euros la seconde de pub sur TF1

Avec des records d’audience lors de la diffusion des matches des Bleus, TF1 joue gros avec la vente d’espaces publicitaires. Ainsi, dimanche, entre les hymnes et le coup d’envoi très attendu de la finale, la première publicité, d’une trentaine de secondes, rapportera 325 000 euros à la chaîne. La seconde publicité diffusée est tarifée à 300 000 euros les trente secondes, soit 10 000 euros la seconde. Enfin, lors de la mi-temps, le premier spot mis en vente par TF1 est à 364 000 euros.

L’argent ne pousse pas sur les arbres mais sur le gazon des stades…

Militine GUINET

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