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Près de deux ans après l’assassinat de l’étudiante japonaise, le corps n’a toujours pas été retrouvé. Ce lundi, le procureur de la République de Besançon Étienne Manteaux donnait une conférence de presse au sujet du meurtre de Narumi Kurosaki. Il a annoncé la fin des investigations en France.

Narumi Kurosaki Etienne Manteaux Régis Millet procureur de la république Besançon
Régis Millet, commandant de police divisionnaire chargé de l’enquête judiciaire et Étienne Manteaux, procureur de la République de Besançon. ©YQ

Cela fait bientôt deux ans que l’étudiante japonaise au CLA de Besançon a disparue. Étienne Manteaux, le procureur de la République de Besançon et le commandant divisionnaire de police judiciaire Régis Millet l’ont confirmé ce lundi matin : « les investigations sont closes ».

Pas de corps, pas d’aveux, pas de preuves

En l’absence de la découverte du corps de la jeune japonaise ou d’éléments tangibles susceptibles de confirmer son homicide, la cellule de police judiciaire est contrainte d’arrêter la procédure. C’est dorénavant au magistrat instructeur de continuer son enquête.

Toutefois, comme l’a rappelé le commandant Millet, un dossier n’est jamais refermé totalement.

Étienne Manteaux précise aussi que des indices « graves et concordants » permettent de mettre en cause Nicolas Zepeda Contreras, un étudiant chilien et petit ami de Narumi, entre septembre 2016et la veille de la disparition de Narumi, le 5 décembre 2016.

Selon le procureur, Nicolas Zepeda Contreras, au caractère jaloux et possessif, n’aurait pas supporté que sa petite amie le quitte pour un autre.

Après avoir dîné avec son ex-petit ami le soir du 4 décembre 2016, Narumi Kurosaki n’a plus donné signes de vie. DR

Le 4 décembre 2016, à 16h30 elle quitte son cours de danse à Besançon et va dîner le soir même à Ornans avec son ex-petit ami. Grâce à la vidéo surveillance et à divers témoignages, ils rentrent ensemble à 22h58 à la cité universitaire. Des cris et des bruits angoissants alertent d’autres résidents autour de 3h du matin sans que cela fasse l’objet d’un signalement à la police. Malgré des SMS adressés à son nouveau petit ami le 5, le 8 et le 10 décembre et l’achat d’un billet de train Besançon-Lyon, il n’existe plus aucun signe de vie de Narumi Kurosaki depuis cette date.

La conviction de la culpabilité de Nicolas Zepeda

Le procureur de la République et la police judiciaire ont acquis la conviction que l’étudiant chilien est à l’origine de la disparition de Narumi Kurosaki sans détenir de preuves formelles de sa culpabilité.

Pour appuyer ses dires, Étienne Manteaux précise certains points précis de l’enquête policière. Nicolas Zepeda Contreras a loué une voiture depuis le Chili avec laquelle il est venu à Besançon depuis l’aéroport de Genève. Cette voiture a été restituée couverte de boue.

Grâce à la triangulation du GPS, il a été démontré que le véhicule se serait trouvé dans la zone de Dole, de Choisey et de la forêt de Chaux. Par ailleurs, le 1er décembre 2016, Nicolas Zepeda Contreras a acheté allumettes, produits inflammables et détergents dans une grande surface.

Sa présence dans la chambre de l’étudiante le soir de sa disparition a par ailleurs été confirmée grâce à ses empreintes digitales relevées sur un verre.

Sur le plan pénal, l’affaire n’est pas close

Même présumé innocent, Nicolas Zepeda Contreras demeure le suspect numéro 1

Le procureur le rappelle : « Ces derniers mois, nous attendions de retrouver le corps de la jeune femme avant de saisir la justice chilienne ». L’ex-petit ami de la victime reste sous le coup d’un mandat d’arrêt international pour assassinat (homicide prémédité). Même présumé innocent, il demeure le suspect numéro 1.

La prochaine phase va consister à solliciter l’entraide internationale auprès des autorités chiliennes de façon à permettre au magistrat instructeur français de se déplacer au Chili. La commission rogatoire internationale autorisera donc une enquête conjointe des magistrats chiliens et français. « Nous disposons de suffisamment d’éléments à charge pour que cette commission rogatoire aboutisse. Les autorités chiliennes recevront formellement la demande d’ici quelques semaines. »

Ensuite, trois procédures pourront se dérouler. Soit, il y aura une dénonciation officielle des faits et le procès aura lieu au Chili ; soit au terme d’une procédure d’extradition, « peu probable », Nicola Zepeda Contreras pourrait être jugé par une Cour d’Assises en France. Enfin, si ces deux solutions n’aboutissent pas, le mis en cause pourrait être jugé en France par défaut et être éventuellement condamné par contumace. Cette hypothèse aurait un goût d’inachevé pour la justice et les services de police. Ce serait aussi pour la famille de la disparue, l’impossibilité de faire le deuil de leur fille.

YQ

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