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Au troisième trimestre 2018, le repli de l’emploi salarié observé au trimestre précédent se confirme dans la grande région. Sur un total de 968 300 emplois, la Bourgogne Franche-Comté a encore perdu 2 800 emplois dont 1 960 dans le secteur privé et 840 dans les trois fonctions publiques (Etat, Hospitalière et territoriale). Au second trimestre, la baisse avait concerné 3 400 postes.

La grande région BFC est la seule de France à produire des statistiques communes à l’Insee, l’Urssaf et la Direccte. Ce travail de collaboration offre ainsi des statistiques et des indicateurs plus performants et pertinents à tous les opérateurs économiques.

Tous les secteurs d’activité sont touchés

La mauvaise évolution régionale contraste avec les données nationales. Sur la même période (Juillet-Août-Septembre), l’emploi salarié a augmenté de 0.1% en France métropolitaine alors qu’il régressait de 0.3% dans la région. L’écart est encore plus important sur un an : +0.7% en France et -0.6% en région.

2130 intérimaires de moins au troisième trimestre 2018

L’intérim tire les chiffres vers le bas, particulièrement dans l’industrie mais également dans les secteurs du transport et du commerce. On recense 2 130 intérimaires de moins sur le troisième trimestre 2018, confirmant une tendance à la baisse sur un an de près de 2 000 emplois.

L’industrie perd en trois mois 610 emplois sur un total de 170 200 emplois salariés.

L’emploi public a perdu 840 salariés au troisième trimestre 2018

Les emplois publics poursuivent leur repli. Ils représentent désormais 238 500 emplois sur la région. La baisse est particulièrement significative dans le secteur de l’enseignement qui perd 1.1% de ses emplois.

Dans un contexte général de vieillissement de la population en Bourgogne Franche-Comté, la région peine à conserver ses salariés. Le phénomène d’aspiration vers les grandes métropoles (région parisienne et agglomération lyonnaise) se poursuit, comme avec la Suisse.

La région perd également sa matière grise de demain. Le solde migratoire est largement négatif pour les 18-24 ans. Les universités de Strasbourg, Lyon et Paris attirent en particulier les étudiants en Master 2.

Une situation difficile dans un contexte général incertain
Moïse Mayo, Directeur régional de l'INSEE Bourgogne Franche-Comté
Moïse Mayo, Directeur régional de l’INSEE Bourgogne Franche-Comté. © YQ

Pour Moïse Mayo, directeur régional de l’Insee BFC, » la situation économique aux Etats-Unis, le relèvement des tarifs douaniers, la croissance chinoise en berne et les incertitudes budgétaires en Italie sont autant de facteurs de fragilité de l’économie française en 2019. Et la région Bourgogne Franche-Comté, déjà en déclin, pourrait encore détériorer son économie ».

La croissance de 0.4% prévue en 2008 a été revue à la baisse à 0.2%, dont 0.1% « serait » due aux manifestations des gilets jaunes.

Les perturbations ont eu un impact important dans les secteurs de l’hôtellerie et de la restauration. Il est à craindre également une baisse de la fréquentation touristique dans l’hexagone.

La Bourgogne Franche-Comté et « ses sites remarquables » pourrait en subir les effets.

Au 10 janvier 2019, l’Urssaf Franche-Comté a recensé 35 dossiers de demandes de reports d’échéances sociales et fiscales de la part des entreprises comtoises. Cela semble peu au regard des situations de trésorerie tendues. Il est probable que leur nombre augmente sensiblement au cours du mois, surtout si la période des soldes qui vient de commencer, n’est pas aussi fructueuse que prévu.

Un pouvoir d’achat en augmentation de 3% sur le premier semestre 2019

Les récentes annonces gouvernementales pourraient faire bondir le pouvoir d’achat des ménages de 3%, hors inflation, soit un gain net de 2% dans l’hypothèse d’une inflation autour de 1 point sur la période juin 2018 à juin 2019.

Mais une croissance plus faible dans la zone Euro et la crainte des foyers français dans l’avenir, risquent de pousser à épargner plutôt qu’à consommer,  renvoyant à plus tard les achats importants.

Les statistiques sont une science exacte à l’inverse des prévisions. Les faits sont têtus ; notre région, avant-dernière des 13 régions métropolitaines, est bien le reflet de « la France périphérique » dont l’abandon est l’une des causes du mouvement des gilets jaunes. Pourtant, la région et notamment la Franche-Comté possède de nombreux atouts pour inverser la tendance.

YQ

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