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Du 24 janvier au 21 février 2019, Actucomtoise.info a eu le plaisir d’organiser quatre réunions dans le cadre du Grand Débat. Ces rencontres conviviales ont réuni, au total, 160 personnes. Il a fallu beaucoup de patience pour attendre la conférence de presse du 25 avril. Pour clore cette période d’échanges, la rédaction a donné la parole aux participants pour tenter d’en tirer quelques enseignements.

Effectivement, comme le souligne Isabelle, « le diable se cache dans les détails ». En renvoyant au chef du gouvernement et à ses ministres la liste des ingrédients d’une recette dont nul ne sait si elle sera sucrée ou salée, le Président de la République a voulu rompre avec le « président bricoleur » qui s’occupe de tout. L’exercice gaullien était forcément délicat pour un quadragénaire 5.0.

A l’image des sondages nationaux, une large majorité des participants aux réunions bisontines est déçue. Plus de 60% n’ont pas été convaincus par les propos du chef de l’Etat. La vingtaine de réponses reçues est significative mais aucune de ses annonces n’a trouvé un écho favorable. Il faut noter quelques réponses positives et argumentées.

« J’ai été plutôt convaincu par la conférence de presse et les annonces vont dans le bon sens… bien qu’il y ait pas de révolution », commente Arthur, un jeune participant aux débats de la Brasserie du Commerce.

Des points positifs ?

Seule mesure considérée comme positive, le paiement par les CAF des pensions alimentaires pour les familles monoparentales. Mais comme le soulignent Henri, Joëlle et quelques autres, un dispositif existe déjà. La seule réforme consiste à permettre aux CAF le prélèvement direct sur les comptes du conjoint débiteur. « Un peu court pour une révolution », en conclut Claude.

La baisse de l’impôt sur le revenu semble rencontrer un écho favorable. Mais le flou dans l’annonce fait dire à Bernard, que « le président de la République semble noyer le poisson », considérant, comme Valentin, que ces mesures fiscales n’auront qu’un impact limité sur le pouvoir d’achat des ménages.

« Le diable se cache dans les détails » s’agissant de l’indexation des retraites sur l’inflation. De quel taux d’inflation parle-t-on ? Pour indexer les retraites perçues en 2020, il conviendra de connaître l’inflation de 2019 dès le mois de janvier 2020… ! Et selon le revenu des ménages, la part de l’alimentaire est différente. La moyenne annuelle est défavorable aux plus démunis. Bernard le souligne encore : « L’indexation est renvoyée en 2020 et 2021. C’est une économie de bouts de chandelles pour des millions de foyers qui attendaient cette mesure dès 2019. »

« En attendant, les retraités continueront à souffrir et d’ici là, l’eau aura coulé sous les ponts…. » poursuit Joëlle. Cette indexation n’est en fin de compte que le retour au principe qui a commandé l’évolution des retraites depuis 1987. Et c’est sous le mandat de François Hollande en 2013 que l’indexation systématique a été supprimée. Les participants aux débats de Besançon sont « sourcilleux » quant à la position de certaines parlementaires qui votaient une mesure en 2013 et vont voter le principe contraire en 2019 !

Quelques-uns ont applaudi à l’allongement de la durée du travail tout en s’interrogeant sur les détails de la mesure. Arthur a été déçu que « le chef de l’Etat ait écarté l’allongement de la date de départ à la retraite considéré comme un tabou ».

Plébiscités dans les débats, les sujets écartés par le Président de la République

L’écologie a été bizarrement absente de la conférence de presse d’Emmanuel Macron. Certains voient dans la création d’un « conseil de défense écologique » une réponse au besoin de démocratie participative. Valentin y voit pour sa part, « une opération de communication et la création d’un nouveau comité Théodule« .

Ils sont nombreux comme Géraldine à regretter que l’ISF ne soit pas rétabli, l’abandon de la TVA à taux réduit sur les produits de première nécessité, le gel des APL ou encore la hausse programmée des tarifs de l’électricité et du gaz. Elle résume assez bien un point de vue partagé par de nombreux français : « Les riches sont encore plus riches et rien pour les pauvres »

« Les riches sont encore plus riches et rien pour les pauvres »

Henri est irrité par le refus du président de prendre en compte le vote blanc et l’usine à gaz prévue pour envisager le nouveau référendum d’initiative partagée. Il ne constate aucun recul, même sur la limitation de vitesse à 80 km/h.

Plus virulent, Valentin regrette qu’il n’y ait pas eu de changement de cap, la création d’un nouveau système politique et le remplacement de la démocratie représentative par un système de démocratie directe. Il conclut que les conquêtes sociales doivent toujours être arrachées et non débattues.

Didier constate que les mesures éventuelles sont renvoyées à plus tard ou que certaines annonces sont déjà effectives comme les maisons de services au public. Pour sa part, il conclut (en tant qu’agent de l’Etat comme son épouse), que les réformes engagées sont qu’un seul but : la réduction des effectifs de la fonction publique.

Ils sont plusieurs anonymes à contester la politique libérale d’Emmanuel Macron pour satisfaire les marchés et les grandes fortunes. Ils lui promettent davantage de monde dans la rue (ce qui a été constaté le 1er mai).

Rendez-vous manqué

Jacques et plusieurs autres participants pensent que le chef de l’Etat manque d’expérience politique et d’ampleur de vue, concentrant ses interventions sur l’économie. « Dans une situation de crise, le président de la République doit veiller à la cohésion de la nation. En fait les mesures opposent et divisent les français. »

Malgré les divergences de vue entre les nombreux participants, nous avons constaté une grande capacité d’écoute et d’empathie. C’est aussi la démonstration qu’il faut de la pédagogie pour faire passer des mesures parfois impopulaires. C’est en quelque sorte la conclusion de ces quatre jeudis de débats et de la désespérance des participants à la suite des annonces « a minima » du chef de l’Etat.

YQ

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