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Ce vendredi, Jean-Louis Fousseret, le maire de Besançon et Grégoire Junod, syndic de Lausanne ont signé une convention-cadre de coopération transfrontalière. Convaincues que les deux pôles urbains au pied de l’arc jurassien ont en commun de nombreuses fonctions territoriales, les deux collectivités entendent promouvoir ensemble leur particularité, notamment en matière de culture, de sport et de tourisme.

Besançon Lausanne
La cathédrale de Lausanne domine la ville, le lac et les montagnes. DR

En 1842, Victor Hugo vantait la capitale vaudoise : « Lausanne est un bloc de maisons pittoresques, répandu sur deux ou trois collines qui partent d’un même nœud central, et coiffé de la cathédrale comme d’une tiare… Je voyais le lac au-dessus des toits, les montagnes au-dessus du lac, les nuages au-dessus des montagnes, et les étoiles au-dessus des nuages. C’était comme un escalier où une pensée montait de marche en marche et s’agrandissait à chaque degré. »

En citant le poète natif de Besançon, Jean-Louis Fousseret évoque aussi les sept collines de Besançon, comme une réponse aux trois collines de Lausanne.

La voisine du Léman et la capitale comtoise, une longue histoire.

Historiquement, la Suisse et les cantons de Neuchâtel et de Vaud sont des terres d’accueil pour les Francs-Comtois. Au XVIème siècle, lors des guerres de religion, de nombreux protestants francs-comtois étaient persécutés. Ils ont dû fuir Besançon pour se réfugier en Suisse.

Les temps ont changé mais la collaboration de chaque côté de l’arc jurassien ne se dément pas. Les deux agglomérations, pourtant de taille différente (autour de 200 000 habitants pour Besançon et 240 000 à Lausanne) mettent la priorité sur le développement culturel, sportif et touristique.

Au niveau sportif, Lausanne accueillera en 2020 les Jeux Olympiques de la jeunesse. Pour cela la ville investit 350 millions de Francs suisses dans la construction d’un nouveau stade de football, d’une patinoire et d’une piscine olympique. Pour accueillir tous les jeunes du monde entier, ce sont 2 000 logements qui seront construits d’ici à 2020 (reconvertis en logements étudiants par la suite). La capitale vaudoise, en plein dynamisme économique, va également investir un milliard de Francs Suisses dans la rénovation de la gare centrale.

Cathédrale Saint Jean Besançon - Crédit DR
La cathédrale Saint Jean Besançon. DR

De son côté, Besançon fera du festival Grandes Heures Nature le point central de l’année 2019. La ville Lausanne sera d’ailleurs un partenaire important de l’évènement.

Si Besançon est la capitale française des activités outdoor, Lausanne est le siège du Comité international olympique, raison de plus pour promouvoir en commun les activités sportives.

En matière de culture, la réouverture du Musée des Beaux-Arts et d’Archéologie de Besançon prépare l’inauguration du nouveau musée des Beaux-Arts de Lausanne à la rentrée 2019 qui réunira trois sites d’importance de la culture vaudoise : le musée cantonal, un musée de la photographie et un centre culturel de design.

Besançon Lausanne 2 Scènes
Anne Tanguy, directrice des 2 Scènes de Besançon et Vincent Baudriller directeur du Théâtre Vidy-Lausanne présentent la programmation LaB E23. ©YQ

Anne Tanguy, directrice des 2 Scènes et Vincent Baudrillier, directeur du Théâtre de Vidy-Lausanne, ont inventé « LaB E23 » (La pour Lausanne, B pour Besançon et E23 pour la route qui relie les deux villes). Il s’agit d’une programmation conjointe des deux théâtres qui mènera les spectateurs suisses et français jusqu’en 2020.

Gruyère ou Comté, Fendant ou Charcenne
Besançon Lausanne
Grégoire Junod et Jean-Louis Fousseret vantent les avantages d’un travail en commun. ©YQ

« Lausanne et Besançon offrent des territoires magnifiques et un terroir riche de gastronomie. »

Grégoire Junod, le maire de Lausanne, croit beaucoup à l’essor touristique des villes moyennes. « Les grandes métropoles mondialisées ont souvent perdu leur âme et la proximité. C’est la chance de deux villes comme Lausanne et Besançon d’offrir des territoires magnifiques et un terroir riche de gastronomie. » Il rêve de « battles pacifiques Gruyère/Comté ou Fendant/Charcenne ». Les deux villes entendent, là aussi, construire des projets en commun pour amener des deux côtés du massif jurassien les touristes du monde entier.

« Je rêve d’une battle Gruyère-Comté »

Les bonnes volontés suffisent-elles ?

Il reste quelques écueils de taille pour renforcer cette collaboration transfrontalière. Les deux édiles le reconnaissent, la mobilité entre Besançon et Lausanne n’est pas une mince affaire. La mode n’est plus aux grandes infrastructures routières gourmandes de CO² mais il n’existe pas de liaison ferroviaire pratique entre les deux villes. Rejoindre Lausanne ou Besançon en transports en commun pour un bisontin ou pour un Lausannois est une longue et coûteuse aventure. Dans ces conditions, les projets en commun, même modestes, c’est un peu mettre la charrue avant les bœufs.

Les moyens financiers ne sont pas les mêmes de chaque côté de la frontière. Face à un budget de 225 millions d’euros pour le Grand Besançon, Lausanne affiche allègrement un budget de 1,9 milliard de francs suisses (environ 1.7 milliard d’euros). La France est un pays centralisateur où l’État maintient son autorité fiscale sur les collectivités. En Suisse, les collectivités locales prélèvent une partie significative des impôts (impôt sur le revenu, sur le capital…) et ont une totale autonomie fiscale.

Côté français, il faudra bousculer les vieilles habitudes jacobines dans les prochaines années pour faire vivre la proximité au service des habitants des deux versants jurassiens.

YQ

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