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Au 1er janvier 2018, l’agglomération du Grand Besançon a pris la compétence Eau et Assainissement. Les 69 communes de la future Communauté urbaine sont désormais gérées, à une poignée d’exceptions, par une régie communautaire. Elle traite l’eau potable et les travaux d’assainissement des réseaux. Le 17 décembre prochain, l’assemblée communautaire arrêtera les tarifs 2019.

Vers une convergence tarifaire en 2027

Il faudra bien cette longue période pour harmoniser les multiples tarifications de communes aux pratiques différentes.

S’agissant par exemple des réseaux d’assainissement, rien n’est comparable entre communes urbaines et rurales. 100% des habitations sont connectées au réseau d’assainissement dans Besançon. Dans les petites communes rurales, l’habitat dispersé favorise encore les fosses septiques.

La consommation d’eau est aussi différente. En ville, si les habitants consomment moins d’eau, ce n’est pas le cas dans les zones rurales. Le Grand Besançon compte par exemple 165 exploitations agricoles grosses consommatrices d’eau malgré les efforts entrepris par les agriculteurs. Certaines communes n’investissaient pas dans leur réseau d’assainissement, souvent par manque de moyens financiers.

La mise en commun des infrastructures va donc permettre aux 200 mille habitants de l’agglomération d’avoir à disposition une eau de très bonne qualité et un réseau d’assainissement au meilleur niveau, tout en limitant le coût pour chaque foyer.

Quel abonnement, quel prix ?

À l’exemple de la ville de Besançon, tous les habitants de l’agglomération bénéficieront de la gratuité sur les trois premiers mètres cube consommés (une dizaine de communes en contrat d’affermage ne seront pas concernées dans un premier temps). Jean-Louis Fousseret, maire de Besançon, l’a rappelé : « Cette gratuité doit inciter les habitants à consommer l’eau du robinet et diminuer leurs achats d’eau potable. Pour un foyer de quatre personnes, c’est une économie de 500 euros par an ».

« boire l’eau du robinet dans le Grand Besançon, c’est une économie de 500€/an pour une famille de 4 personnes. »

L’objectif tarifaire est d’atteindre, en 2027, un prix unique de 3€30 par mètre cube TTC hors inflation. Pour la grande majorité des foyers, l’harmonisation se fera à la baisse (on dénombre beaucoup de communes autour de 5€ en 2019). Pour les habitants de Besançon, la note ne sera pas trop salée en passant de 3€06 en 2019 à 3€30 par mètre cube en 2027.

Christophe Lime qui a la main haute sur l’eau à la CAGB, considère que le dispositif de régie communautaire ne doit pas pénaliser les usagers tout en ayant le souci de la solidarité entre les communes. Gérer durablement la ressource en eau qui est rare est aussi un objectif de l’agglomération bisontine. Cette politique durable a permis de passer sans dommages les récents épisodes de sécheresse. Chaque commune devra disposer de deux approvisionnements pour assurer la pérennité.

Des investissements lourds par des entreprises de proximité

La mise en conformité de la station d’épuration de Châtillon-le-Duc nécessitait un investissement important. Les travaux de la nouvelle station de Cussey-sur-l’ognon ont débuté l’été dernier et le site sera opérationnel en septembre 2019. Il traitera les effluents des Auxons, Chatillon-le-Duc, Geneuille, Bussières, Etuz, Boulot et Cussey (soit environ 9 500 habitants). L’investissement est conséquent : 7,5 millions d’euros hors taxes sont consacrés à ces travaux.

station épuration Grand Besançon
La maquette de la future station d’épuration de Cussey-sur-l’ognon.© CAGB

La régie a également mis en place, dans le strict respect du Code des marchés publics, des dispositifs d’allotissements pour permettre aux petites entreprises locales de participer à des travaux dont elles sont souvent exclues. Ce sera également le cas pour le remplacement et l’entretien des réseaux : une belle manière de soutenir les entreprises de proximité et l’emploi.

2019, ce sera aussi la méthanisation des boues à la station de Port-Douvot : dix millions d’euros pour des énergies alternatives. L’usine d’eau potable de la Malate va être modernisée et huit chantiers sont programmés allant d’une passe à poissons au barrage de Chenecey ou la réhabilitation des stations d’épuration de Pugey ou de Fontain. La régie communautaire est donc un donneur d’ordres important pour les entreprises de travaux publics de l’agglomération.

En matière de gestion des eaux, la question se pose souvent du choix entre le service public et la sous-traitance. L’exemple de Besançon et dorénavant de l’agglomération bisontine de confier ce bien précieux à une régie, semble démontrer pour le moment que c’est le bon choix, à la fois pour les habitants et pour les finances publiques.

YQ    

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