Journées sans portable : du mal à décrocher

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D’après une étude menée par l’opérateur Bouygues Télécom publiée la semaine dernière, les Français passent 1h30 par jour sur leur smartphone. DR
D’après une étude menée par l’opérateur Bouygues Télécom publiée la semaine dernière, les Français passent 1h30 par jour sur leur smartphone. DR
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« Gaston y a l’téléphon qui son’, et y a jamais personne qui y répond », ce n’est sans doute pas un hasard si les journées sans téléphone portable débutent le jour de la saint Gaston… Lancée en 2001 par l’écrivain Phil Marso afin d’inviter le grand public à s’interroger sur son usage des téléphones portables, l’initiative sonne comme l’occasion de décrocher.

Tous accros au téléphone ? Si l’on en croit les chiffres dernièrement dévoilés dans une étude de l’opérateur Bouygues Télécom publiée dans l’observatoire des pratiques numériques des Français, on passerait environ 1h30 par jour derrière les téléphones portables. Chez les moins de 25 ans, la durée atteint même les 2h30 quotidiennes.

Après avoir interrogé 2005 personnes âgées de 15 ans et plus, possédant un smartphone, l’observatoire de l’opérateur a permis de mettre en évidence l’omniprésence du téléphone portable. En effet, de cette étude il ressort que 26% des Français restent connectés pendant les repas de famille. Chez les 15-25 ans, ce chiffre atteint tout de même les 41%… Entre amis (42% des personnes sondées), ou lors de sorties culturelles (13% des enquêtés), le téléphone portable n’est pas non plus en reste. Chez les moins de 25 ans, les chiffres explosent puisque 69% d’entre eux restent connectés lorsqu’ils sont avec leurs amis et 26% lors de sorties culturelles.

C’est d’ailleurs ce qui a poussé le guitariste et chanteur américain Jack White à interdire les téléphones portables ainsi que tout appareil permettant de filmer, d’enregistrer ou de photographier pendant les concerts qu’il donnera lors de sa tournée prévue en avril. En 2015, alors qu’il se produisait au festival Coachella en Californie, il s’était brusquement interrompu pour déclarer : « Tapez dans vos mains et baissez vos foutus téléphones pendant cinq secondes. Je ne demande pas grand-chose, cinq secondes ! »

Quand « sans portable » rime avec insupportable…

Toujours d’après l’étude, un Français sur deux avoue être incapable de se déconnecter. D’ailleurs, 43% des personnes interrogées déclarent ne jamais éteindre le téléphone, y compris au coucher malgré les risques d’ondes radiofréquences émises par l’appareil. Là encore, le chiffre grimpe chez les jeunes en atteignant les 57%.

Le téléphone plutôt que le sexe

Les chiffres montrent également que s’il fallait faire un choix pendant une semaine, 41% des personnes interrogées seraient prêtes à faire une croix sur le sexe au profit du téléphone. Ils sont aussi 66% à préférer abandonner le sport et 61% à oublier le café pendant une semaine si le cas se présentait. Deux tiers des 12-14 ans préfèrent, quand à eux, être privés de sortie plutôt que de mobile.

« Comment faisaient nos grands-parents à notre âge ? »

Loïc, élève en classe de première en sciences et technologies du management et de la gestion (STMG), compte parmi les exceptions : « Je pense pouvoir me passer du téléphone une journée même si c’est difficile, surtout à notre âge. Mais on peut s’en sortir sans téléphone, après tout, comment faisaient nos grands-parents lorsqu’ils étaient ados ? »

Le téléphone contre l’insécurité

Du côté des lecteurs d’actucomtoise.info, six sondés sur dix, se déclarent prêts à relever le défi. Pour les autres, les principales raisons invoquées pour justifier l’utilisation du téléphone portable sont le travail ou la sécurité des enfants : « Oui, quand je suis en vacances ».

Christelle Morel Vuillin, fidèle lectrice, précise : « Si je sais où sont mes enfants, oui, je peux m’en passer. » Il faut dire que l’obtention du premier mobile se fait à 11 ans et demi. Trop tôt ? D’après Bouygues Télécom, « c’est l’âge où les enfants commencent à se déplacer seuls, notamment pour se rendre à l’école. Les parents souhaitent alors équiper les enfants afin qu’ils puissent les joindre en cas d’urgence. » Pour rappel, 89% des 12-14 ans, possèdent un smartphone.

« Si ça dégénère, je peux facilement alerter quelqu’un »

Si elle pense que la déconnexion peut avoir du bon, Marion, 24 ans, revendique cependant le pouvoir sécurisant du téléphone portable : « Je me déplace beaucoup seule, à pieds, y compris lorsqu’il fait nuit. Dans ces moments-là, garder mon téléphone en mains ou être en ligne avec mon père est très rassurant. Régulièrement victime de harcèlement de rue, je sais que si ça dégénère je peux facilement alerter quelqu’un. Le téléphone n’a pas que des mauvais côtés, il peut sauver la vie. »

Louise De Châteaublanc
* Étude menée par l’Observatoire Bouygues Telecom des pratiques numériques des Français 
auprès de 2005 individus disposant d’un smartphone, 
issus d’un échantillon représentatif de la population française âgée de 15 ans et plus
 et 201 individus âgés de 12 à 14 ans.

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