Jonathann Daval dans un état « préoccupant », l’enquête au ralenti

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Le 30 janvier dernier, Jonathann Daval, le mari d’Alexia dont le corps avait été retrouvé en partie calciné le 30 octobre 2017 près de Gray (Haute-Saône), passait aux aveux.

Depuis, il n’a été auditionné qu’une seule fois, en mars, au palais de justice de Besançon et a confirmé sa première version des faits. Il a en effet rappelé avoir tué son épouse par accident en l’étranglant au cours d’une dispute conjugale. Il a également une nouvelle fois nié avoir lui-même tenté de brûler le corps de la jeune femme.

Éclaircir des zones d’ombre

C’est pour éclaircir des zones d’ombre qui planent sur la nuit du 27 au 28 octobre, que le juge d’instruction aimerait réinterroger Jonathann Daval. Jeudi dernier lors d’une interview accordée à nos confrères de L’Est Républicain, Me Randall Schwerdorffer a indiqué que son client est pour le moment dans l’incapacité d’être réentendu. Il a précisé que « les médecins qui le suivent excluent pour l’heure l’éventualité d’un interrogatoire. » Depuis le 30 janvier dernier, Jonathann Daval est incarcéré sous le régime de la détention provisoire dans une cellule individuelle au sein du service médico-psychiatrique régionale (SMPR) qui se situe dans une aile de la maison d’arrêt de Dijon.

« Sur le plan psychique, il nous inquiète beaucoup »

« Les faits qui lui sont reprochés le dévorent de l’intérieur »

Si les avocats du meurtrier présumé ont remarqué « un léger mieux sur le plan physique » lors de leurs visites régulières, l’état de Jonathann Daval nécessite néanmoins une surveillance médicale renforcée et des soins permanents.

Cette légère amélioration coïnciderait avec l’autorisation que sa mère a obtenue pour lui rendre visite. Me Randall Schwerdorffer a cependant ajouté : « Sur le plan psychique, il nous inquiète beaucoup », en précisant que « les faits qui lui sont reprochés le dévorent de l’intérieur et c’est pour lui quelque chose d’extrêmement violent ».

L'avocat de la famille d'Alexia Daval espère que l’accusé "puisse retrouver rapidement quelques forces et être entendu". © Capture d'écran BFM TV
L’avocat de la famille d’Alexia Daval espère que l’accusé « puisse retrouver rapidement quelques forces et être entendu ». © Capture d’écran BFM TV
« Progresser sur le chemin de la vérité »

« Nous avons besoin de lui pour progresser sur le chemin de la vérité », c’est ce qu’avait déclaré la partie civile au lendemain des aveux. L’avocat des parents et de la sœur d’Alexia, Me Jean-Marc Florand espère aussi que l’accusé « puisse retrouver rapidement quelques forces et être entendu car pour l’heure, ses déclarations « restent extrêmement vagues et imprécises».

L’actu en plusLe service médico-psychiatrique régional (SMPR) est une unité de soin en santé mentale créée à la fin des années 1980 dans 26 prisons françaises pour prendre en charge les détenus souffrant de troubles psychologiques ou psychiatrique. L’unité de soin où Jonathann Daval occupe une cellule individuelle, dépend du centre hospitalier La Chartreuse et est aménagée dans une aile de la maison d’arrêt de Dijon. Le service médico-psychiatrique régional (SMPR) dispose d’une vingtaine de places réparties en une quinzaine de cellules individuelles et de cellules à deux places. Le SMPR de Dijon prend en charge entre 800 et 900 détenus par an. De telles unités de soins ne sont pas présentes dans chaque maison d’arrêt. Le SMPR de Dijon et le SMPR de Strasbourg sont les deux principales unités de ce type dans la région pénitentiaire Est. Trois psychiatres, deux psychologues, un éducateur, des infirmiers et aussi un ergothérapeute interviennent au sein du SMPR de Dijon. Ces conditions particulières de détention visent surtout à protéger Jonathann Daval de tout geste suicidaire. Toutefois, les contraintes liées à la détention sont les mêmes qu’ailleurs dans la prison.
Louise De Châteaublanc

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