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Allant au-delà de l’article 511.5 du Code de l’Éducation issu de la loi du 12 juillet 2010, les parlementaires de la majorité et Jean-Michel Blanquer le Ministre de l’Éducation Nationale, entendent sanctuariser les établissements scolaires et interdire par la Loi, l’usage des téléphones portables aux élèves.

Accord de la commission mixte paritaire (CMP)

« Trouver un accord entre députés et sénateurs, c’est suffisamment rare pour être souligné. » Ce sont les propos tweetés par le sénateur Les Républicains (LR) Stéphane Piednoir. Pour Jacques Grosperrin, sénateur LR et co-président de la commission mixte paritaire, « même si la proposition de loi relevait plus d’une opération de communication gouvernementale, le travail parlementaire a permis d’enrichir et amender le texte initial. » 

Droit à la déconnexion pour les enfants

C’était une promesse de campagne d’Emmanuel Macron. Elle sera donc effective dès le mois de septembre 2018 après le vote définitif par l’Assemblée Nationale le 30 juillet prochain.

L'usage du téléphone portable, de la télévision et des objets connectés nuisibles au développement des enfants avant 6 ans. DR
L’usage du téléphone portable, de la télévision et des objets connectés nuisibles au développement des enfants avant 6 ans. DR

86% des enfants de 12 à 17 ans possèdent un smartphone, part qui a quadruplé en six ans. Au-delà du simple usage du téléphone, les jeunes utilisateurs se connectent aux réseaux sociaux, à internet et se servent des applications notamment pour prendre des photos et des vidéos.

Selon une étude menée en 2015 par la London school of Economics and politics, il est démontré une amélioration des résultats scolaires consécutifs à l’interdiction des objets connectés dans l’enceinte scolaire.

D'après une étude menée par la London school of Economics and politics, l'interdiction des objets connectés à l'école serait liée à une amélioration des résultats. DR
D’après une étude menée par la London school of Economics and politics, l’interdiction des objets connectés à l’école serait liée à une amélioration des résultats. DR

Le ministre de l’Éducation Nationale Jean-Michel Blanquer argumente aussi que « l’usage des appareils connectés dans le cadre scolaire (hors actions pédagogiques) a tendance à diminuer l’attention des élèves, la concentration, la mémorisation et leur compréhension. L’interdiction a également pour objet de permettre une meilleure interaction sociale entre les élèves. »

Fallait-il en passer par une loi ?

Pour le sénateur communiste Pierre Ouzoulias, « nous revenons à l’ancien régime où le souverain imposait la loi, les parlementaires n’étant qu’une chambre d’enregistrement de la volonté royale ».

Pour les parlementaires socialistes auteurs d’une motion d’opposition au texte, une loi d’interdiction globale prive les chefs d’établissement et le conseil d’administration des écoles et collèges, de l’autonomie nécessaire à la rédaction des règlements intérieurs.

Selon Claudine Lepage, sénatrice PS des Français de l’étranger, « ce n’est ni une demande des parents d’élèves, ni du syndicat majoritaire des chefs d’établissement. La loi de 2010 était suffisante, renvoyant les interdictions au seul règlement intérieur ». Les débats parlementaires ont également opposé les tenants d’une règle stricte aux partisans d’un certain angélisme en particulier sur l’usage des appareils photo et vidéo dans les cours de récréation, usage dont il a été démontré les conséquences parfois désastreuses pour certains adolescents filmés à leur insu.

« Quitte pas, j’ai un double appel !… C’était mon prof qui me demande de raccrocher »

Que va-t-il se passer à la rentrée de septembre 2018

La détention et/ou l’usage d’un objet connecté est désormais interdit dans l’enceinte des écoles primaires et des collèges. S’agissant des lycées, l’interdiction n’est pas formelle et renvoie à la décision de chaque établissement dans son règlement intérieur. Le texte prévoit des exceptions pour des usages pédagogiques (sous l’autorité des équipes éducatives) et pour les enfants handicapés. La loi va également apporter une sécurité juridique aux établissements, notamment au sujet des confiscations d’appareils.

Bannir le portable des établissements scolaires, est-ce tourner le dos à la société du tout numérique ? Pour les partisans de l’interdiction, celle-ci doit s’accompagner d’un apprentissage à la citoyenneté numérique et à mieux maîtriser les outils pédagogiques accessibles par l’internet. Cela pourra aussi réapprendre aux enfants à se dire bonjour autrement qu’au travers d’un écran !

YQ

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