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Une semaine après l’agression d’un couple homosexuel à un arrêt de bus de Besançon, l’association Solidaires de Défense des étudiant.e.s de Besançon appelle à un rassemblement pour lutter contre l’homophobie.

Après les agressions, un rassemblement contre l’homophobie organisé à Besançon. DR
Après les agressions, un rassemblement contre l’homophobie organisé à Besançon. DR

« Ces derniers mois, jours même, les agressions LGBTQI+phobe (Lesbienne, Gay, Bi.e, Trans, Queer, Intersexe +, Ndlr) sont de plus en plus nombreuses partout en France. Besançon n’a pas été une exception », indique l’association qui appelle à un rassemblement ce lundi pour lutter contre l’homophobie.

En effet, en plus de la dernière agression homophobe qui date de lundi dernier, cet été, huit agressions ont été recensées au parc Micaud. « Un groupe de jeunes individus ont pratiqué des agressions violentes et sordides à caractère homophobe. Cette semaine encore une agression s’est produite. Un couple de jeunes hommes a été insulté et frappé. » L’association ajoute : « Ces agressions ne cessent d’augmenter. C’est insupportable ! »

D’après Hervé, membre de l’association : « Les agressions homophobes sont banalisées. Ces violences ont pris une ampleur quotidienne ces dernières années. Il faut que ça cesse. Par ce rassemblement, nous espérons une prise de conscience collective. »

Une agression signalée tous les trois jours en France

« 20 à 30% des victimes d’agressions homophobes n’osent pas porter plainte »

Bernard Bressand, délégué régional du Refuge pour la Bourgogne Franche-Comté confirme : « En France, une agression est signalée tous les trois jours. Des chiffres à relativiser puisque 20 à 30% des victimes d’agressions homophobes n’osent pas porter plainte. »

« Une montée très forte de l’homophobie depuis la Manif pour tous »

Pour le délégué régional du Refuge, association qui recueille les victimes d’homophobie notamment rejetées par leurs familles, « l’homophobie progresse. Certes, les mentalités ont évolué mais on assiste à une montée très forte de l’homophobie depuis quelques années. Surtout depuis la Manif pour tous qui a libéré la parole et les actes homophobes. »

Coups, insultes, discrimination… L’homophobie est polymorphe : « Nous luttons aussi contre l’homophobie ordinaire dont un certain vocabulaire devenu courant. Par exemple, aujourd’hui, les jeunes plaisantent entre eux et s’appellent ‘PD’, ‘enculé’, ‘tapette’… Des propos qui banalisent l’homophobie », explique Hervé, membre de l’association Solidaires de Défense des étudiant.e.s de Besançon.

Depuis cet été, les agressions homophobes se multiplient à Besançon. DR
Depuis cet été, les agressions homophobes se multiplient à Besançon. © MG

« La honte de révéler son homosexualité est encore très présente en 2018 en France. »

16 ans et homophobes

Bernard Bressand insiste : « Cette année a connu la montée en flèche du nombre d’agressions homophobes signalées. Des chiffres surement en dessous de la réalité puisque toutes les victimes ne franchissent pas la porte d’un commissariat pour porter plainte car la honte de révéler son homosexualité est encore très présente en 2018 en France. L’accueil qui est réservé dans certains commissariats peut également être un obstacle à la dénonciation de ces actes. L’homophobie est très répandue : lorsque nous intervenons dans les lycées pour sensibiliser les jeunes, on y rencontre des ados homophobes de 16 ans. »

Associations, collectifs, organisations syndicales, partis politiques et citoyens ont donc rendez-vous ce lundi à 17h30, place Pasteur à Besançon.

Militine GUINET

Plus d’informations sur la page Facebook de l’association Solidaires de Défense des Étudiant.e.s et sur la page Facebook du Refuge

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