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À l’occasion des 12e Jeux paralympiques d’hiver qui se terminent ce dimanche à Pyeongchang en Corée du Sud, zoom sur Antoine Saccomani, féru d’uniski depuis plus de cinq ans.

Antoine Saccomani, 22 ans, est atteint de la maladie de Little qu’on lui a diagnostiqué à la naissance. Également appelée « diplégie spastique », la maladie de Little se caractérise par de nombreux symptômes tels qu’une rigidité des membres inférieurs, voire supérieurs, des spasmes musculaires, une réduction de la mobilité ou encore des déformations osseuses liées à une croissance anormale.

« Quand je suis né, j’avais les pieds palmés, je pouvais marcher mais avec beaucoup de difficultés alors, à l’école, pratiquer une activité sportive c’était très compliqué », raconte-t-il.

« Je risquais de finir paraplégique »

« Pourtant, j’ai toujours été entouré de personnes valides alors je ne me suis jamais senti handicapé. » Mais, à l’âge de 16 ans, les médecins constatent une usure musculaire au niveau de ses tendons : « Si je ne me faisais pas opérer, je risquais de finir paraplégique. Une fois rétabli, l’envie de faire du sport était toujours là. »

 « À l’école, pratiquer une activité sportive c’était très compliqué », Antoine Saccomani © LDC

« À l’école, pratiquer une activité sportive c’était très compliqué », Antoine Saccomani © LDC
« J’ai immédiatement accroché ! »

Tout bascule véritablement en 2007 lors de la création de l’association Apach’Evasion à Métabief. « On permet la pratique d’activités sportives aux personnes en situation de handicap », précise Marie Berger, chargée de développement pour Apach’Evasion.

La maman d’Antoine découvre l’initiative et lui propose : « Au début je n’ai même pas voulu en entendre parler car je ne me considérais pas comme handicapé. Mais, ma mère a tellement insisté que j’ai fini par essayer le tandem ski et j’ai immédiatement accroché ! Je ressentais parfaitement les sensations de la glisse », confie le jeune homme.

De fil en aiguilles, Cédric Siron, président d’Apach’Evasion lui propose le kart-ski, lui garantissant 70% d’autonomie grâce à l’aide d’un guide se tenant derrière lui : « Je prenais tellement de plaisir que je voulais brûler les étapes, aller toujours plus vite. »

Aujourd’hui, Antoine est entièrement autonome grâce à l’uniski, coque d’assise fixée sur un châssis muni d’un amortisseur. L’uniski est très répandu en compétition notamment en raison des cotes de skis utilisés, réglementées par la Fédération internationale de ski, qui favorisent son utilisation dans les disciplines techniques telles que le slalom spécial et géant.

Antoine avec son petit-frère Mathis et Maxime, son guide. DR
Antoine avec son petit-frère Mathis et Maxime, son guide. DR
« Le regard des gens à changé »

« Avec l’uniski, je peux enfin prendre du plaisir et partager un moment avec famille et amis. De plus, le regard des gens à changé : ils sont d’abord surpris puisqu’ils me regardent comme si j’étais Dark Vador qui descend avec son vaisseau, mais après ils se rendent compte des possibilités avec l’appareil, ils sont curieux de savoir comme ça fonctionne, etc. »

Aujourd’hui, Antoine fait la fierté de l’association : « En seulement quelques années, il a gagné en niveau, on ne peut qu’encourager les jeunes comme lui. » Désormais, il aimerait atteindre un niveau de compétition, d’autant plus qu’il a récemment été approché par le Ski club Mont d’Or de Métabief.

« Je l’aide à se positionner ou à monter sur le télésiège car il faut soulever l’appareil qui est trop lourd pour une seule personne. S’il tombe, je suis là pour l’aider à se relever », Maxime, son jeune guide. DR
« Je l’aide à monter sur le télésiège. S’il tombe, je suis là pour l’aider à se relever », Maxime, son jeune guide. DR

500 bénéficiaires d’Apach’Evasion

Maxime est un ami d’Antoine. Pour être son guide d’uniski, il a appris à skier : « Je l’aide à se positionner ou à monter sur le télésiège car il faut soulever l’appareil qui est trop lourd pour une seule personne. S’il tombe, je suis là pour l’aider à se relever mais je suis surtout là pour m’assurer qu’il est en sécurité et pour l’encourager à se dépasser. »

D’après Marie Berger, chargée de développement pour Apach’Evasion, « l’association compte un guide-bénévole pour chaque personne accompagnée, c’est-à-dire 500 personnes ce qui représente 1300 heures de bénévolat par an. Nous sommes la seule association sur le secteur à proposer ce service. L’association est à 100% de son activité, la demande est très forte. Il faut savoir qu’on propose aussi des activités aux personnes les plus lourdement handicapées. En 2018, il y a tellement de matériel adapté qu’on ne peut pas se permettre de laisser les gens de côté. »

Avec des bureaux au pied des pistes de la station Métabief, Apach’Evasion favorise en effet l’accès aux sports et loisirs de pleine nature aux personnes en situation de handicap en louant du matériel adapté à moindre coût et en proposant un accompagnement individualisé. L’association vient notamment de fêter ses dix ans d’existence.

Louise De Châteaublanc
Apach’Evasion : 06 61 02 01 31. Voir les vidéos

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