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C’est acté. Le conseil communautaire du Grand Besançon, réuni le 28 février, a validé à l’unanimité (moins 4 abstentions) le passage en Communauté Urbaine à compter du 1er Juillet 2019. Il reste aux 68 communes de feue « l’agglomération » à entériner ce vote par leurs conseils municipaux respectifs dans un délai de trois mois.

Si le suspense avait disparu depuis quelques mois sur un vote favorable des communes, il en a été tout autrement de la dénomination de la nouvelle collectivité. À défaut d’être juridique, il s’agissait de donner à Besançon une image de puissance capable d’attirer entreprises, cadres et chercheurs. Le choix proposé à l’assemblée de donner le nom de « Grand Besançon Métropole » répond à cette exigence en termes de communication. Jean-Louis Fousseret l’a bien défendu « Nous sommes dans une société de communication, qu’on le veuille ou non. Le symbole attaché au mot métropole renforce ainsi l’attractivité du territoire. »

Il s’en est suivi quelques querelles de terminologie. D’aucuns auraient souhaité « Besançon Métropole », d’autres voulaient s’en tenir à l’aspect juridique de « Besançon communauté urbaine ». La mise au vote a tranché à une large majorité, cinq votes contre, trente-quatre abstentions et six élus ne prenant pas part au vote. Le 1er juillet 2019, la CAGB deviendra officiellement « Grand Besançon Métropole – communauté urbaine »

Moment d’émotion partagé par tous les élus

Jean-Louis Fousseret, à la tête de l’agglomération depuis 2001, a rappelé les artisans d’un regroupement qui n’allait pas de soi tant la crainte des communes périphériques était grande vis-à-vis de la ville centre. Robert Schwint, Claude Girard ou encore Paulette Guinchard ont contribué à la réussite actuelle : « créer un ensemble cohérent, solidaire, énergique » a souligné le président-maire.

« Créer un ensemble cohérent, solidaire, énergique »

La communauté d’agglomération créée en 2001 comptait 19 personnes et gérait les transports et l’économie. En 2019, 1 200 agents ont en charge l’eau et l’assainissement, les voiries, le chauffage urbain, les transports… et un budget de plus de 300 millions d’euros. À tel point que quelques maires ont le sentiment d’être totalement dépossédés de leur pouvoir local, à l’image de Daniel Paris, le maire de Mazerolles-le-Salin qui parle du « coup de froid pour les petites communes ».

Jacques Grosperrin (LR) veut croire à cette nouvelle dynamique territoriale mais craint une débauche de dépenses publiques avec la communauté urbaine. Il souhaite que cela puisse profiter au pouvoir d’achat des Grand bisontines et Grand bisontins.

« Toutes les agglomérations veulent devenir métropoles »

De son côté Christophe Lime (PCF) s’inquiète de la perte de sens : « Toutes les agglomérations veulent devenir métropoles. Je crains que cette métropolisation se fasse au détriment des communautés de communes de la ruralité. »

Eric Alauzet cite François Mitterrand… Sous le conseiller communautaire, pointe le discours électoral.

Pour les écologistes, l’évolution institutionnelle est de taille. Elle doit permettre de réduire la fracture territoriale. « Je voudrais que notre communauté soit la première communauté urbaine de France. » Anne Vignot poursuit en souhaitant une modification du mode de scrutin des EPCI vers le suffrage universel. Ce souhait est partagé par Nicolas Bodin (PS) candidat déclaré à la mairie de Besançon. Il craint une démocratie éloignée des besoins des habitants.

Anthony Poulin (EELV) a lancé un ballon d’essai pour mettre en défaut Jean-Louis Fousseret sur l’absence du mot « climat » dans le rapport soumis au vote. C’était sans compter un rapport sur la situation du Grand Besançon en matière de développement durable, rapport sous la houlette de Françoise Presse, vice-présidente de l’agglomération et elle-même élue EELV.

L’assemblée des élus a ensuite débattu des orientations budgétaires de l’agglomération pour l’année 2019 dont actucomtoise.info s’est déjà fait l’écho le 27 février.

Moment important pour Besançon et son agglomération, le vote solennel du passage en communauté urbaine a permis de mieux identifier les acteurs de 2020. Il y a les candidats déclarés, les candidats « retenez-moi sinon j’y vais », les candidats à la candidature et les candidats qui ne sont pas encore candidats et puis les ralliés d’un jour, pas forcément du lendemain ! Le réchauffement climatique se verra aussi dans les esprits au fil des prochains mois.

YQ

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