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Depuis la validation par le conseil municipal de Flangebouche d’un projet de ferme-usine devant accueillir 33 000 poulets destinés à l’alimentation humaine, associations et habitants montent au créneau.

Depuis 2015, les bénévoles d’Humanimo traquent le moindre signe de maltraitance animale dans la région en collaborant avec d’autres associations telles que L214, connue pour s’infiltrer clandestinement dans les abattoirs et dénoncer les mauvais traitements envers les animaux.

« Une feuille A4 par poulet ! »

Ces derniers jours, le projet de poulailler industriel d’une superficie de 1500 mètres carrés pour 33 000 poulets (soit 1 mètre carré pour 22 poules), mobilise toute leur énergie. « 22 poules par mètre carré, ça correspond à une feuille A4 par poulet ! Ce ne sont pas des conditions acceptables », s’insurge Martine Landry, porte-parole de l’association Humanimo.

«Épouvantables », c’est le mot qu’elle emploie pour dénoncer les conditions dans lesquelles seront élevées les volailles de la future ferme-usine. Tous les ans, c’est près de 230 000 poulets qui sortiraient du bâtiment, direction l’abattoir.

7000 animaux meurent sur place

« Les poussins viennent à peine d’éclore, on les embarque dans des caisses pour les acheminer jusqu’au poulailler en camion. Ils sont ensuite vaccinés puis balancés sur un tapis roulant. Les plus mal en point sont jetés. Ensuite, on les entasse sur une litière de paille qui n’est même pas changée. À la fin de l’élevage, le sol est tellement souillé que les poulets présentent des maladies de peau et des problèmes respiratoires », révèle la porte-parole qui s’est largement documentée.

Elle poursuit : « Génétiquement modifiés pour se développer rapidement, ces animaux manquent également d’exercice. Par conséquent, ils développent des anomalies aux pattes et ont du mal à se déplacer. Certains n’arrivent même pas à atteindre les mangeoires alors ils finissent par mourir de faim et de soif. » Sur place, 7000 gallinacés meurent piétinés, affamés ou malades.

Les fermes-usines tentent de s’implanter dans la région

Pour la porte-parole de l’association de défense animal, cela ne fait aucun doute : « Il s’agit de maltraitance au format XXL. Ils traitent les animaux comme des objets. Nous restons vigilants car de nombreux projets de fermes-usines tentent de voir le jour dans le coin. »

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Le projet de ferme-usine est fermement critiqué notamment car il permettrait d’introduire les OGM dans un terroir AOP comté. DR
La menace pour l’environnement

Autre point noir dans le projet qui préoccupe les habitants de la commune : la ponction en eau et la gestion des effluents. « Ils vont utiliser des produits de désinfection qui vont se retrouver dans les eaux usées évacuées dans le réseau communal », ajoute Martine Landry.

« Quand ce n’est pas cher, derrière, il y a de la souffrance. »

Cette dernière en est convaincue : « Ce projet représente une dérive d’une industrie dont personne ne veut à part les grands groupes financiers (les volailles de la ferme-usine sont destinées à l’une des marques du groupe LDC à la tête de Maître Coq, Loué, Marie, Le Gaulois etc, Ndlr). D’où l’importance de sensibiliser les consommateurs car quand ce n’est pas cher, derrière, il y a de la souffrance. »

Des animaux respectés selon le porteur du projet

« Ils racontent n’importe quoi, les gens ne savent pas de quoi ils parlent ! », s’amuse Mickaël Troutet, l’agriculteur qui porte le projet. D’après lui, l’enquête publique réalisée du 14 janvier au 12 février dernier était à la disposition de tous publics : « Ceux qui déforment ne se sont pas donnés la peine de la consulter. »

« 7000 sur 250 000 dans une année, ce n’est pas conséquent »

Interrogé sur le respect du bien-être animal dans ce poulailler géant en devenir, il maintient : « Les animaux ne sont pas serrés du 1er au dernier jour. Forcément en fin de bande, les poulets ont grossi et bougent moins. Plus le poulet va se dépenser, plus il va consommer d’énergie et moins il y aura de viande après, c’est logique. »

« Je voulais faire un poulailler en plein air mais les agriculteurs ne veulent pas laisser 1 mètre carré de terre. Alors on se reporte sur d’autres projets… »

Quant à ceux qui meurent sur place : « 7000 sur 250 000 dans une année, ce n’est pas conséquent. C’est un ratio. »

L’agriculteur se désole : « Les gens ne comprennent pas et ensuite ils s’opposent. C’est un cercle vicieux. Je voulais faire un poulailler en plein air mais les agriculteurs ne veulent pas laisser 1 mètre carré de terre. Alors on se reporte sur d’autres projets… »

L’association a lancé une pétition pour demander au préfet du Doubs de rejeter le projet d’implantation de l’élevage. Elle comptabilise déjà plus de 77 215 signatures.

Militine GUINET
Signer la pétition contre le projet d'élevage industriel à Flangebouche.

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