- Annonce -

Hôpitaux désaffectés, cinémas délaissés, hôtels et manoirs désertés, usines délabrées… Les villes regorgent de lieux oubliés qui ont pourtant, tant de choses à dévoiler. Les urbexeurs, ces nouveaux aventuriers urbains, s’adonnent avec plaisir à ce travail de mémoire en partant à la découverte de bâtisses sans âmes et en les immortalisant au travers de clichés surprenants. 

urbex bourgogne Franche-Comté
Le Manoir © Urbexfc

« Les ruines qui ont abrité l’existence sont pleines d’histoires qu’elles voudraient bien raconter, mais elles ignorent le langage des hommes », écrivait un jour, l’auteur français Pierre Magnan. L’urbex deviendrait-il ce nouveau langage qui permettrait à l’homme et aux ruines, de dialoguer enfin ?

L’urbex, est l’exploration de lieux abandonnés, vestiges d’un passé mystérieux et résistant au temps et ses décennies. Déconseillée, voire interdite par la loi selon les cas, la pratique attire les jeunes en quête d’escapades insolites, voire de frissons pour certains. Mais attention, la pratique n’est pas si libre que ça… Rencontre avec une urbexeuse et un urbexeur, tous deux bisontins et passionnés par ces « oubliés du temps », qu’ils tendent de rendre éternels au travers de jolis clichés.

« Les images capturées doivent être la seule trace de notre passage »
ferme de la confrérie urbexfc
« La Ferme de la confrérie » est située en Franche-Comté mais l’adresse est tenue secrète © urbexfc

Depuis maintenant deux ans, le duo bisontin arpente les routes de la région et des alentours, à la recherche de nouveaux spots à explorer. La pratique, n’a donc plus de secrets pour ce tandem qui respecte sans broncher les règles de l’urbex, qui s’appuient sur deux principes : préservation et discrétion. « Il ne faut jamais divulguer les adresses, si les spots restent préservés, c’est avant tout grâce à la discrétion des urbexeurs. C’est pour cela que tous les noms des lieux sont changés lorsque des photos sont postées sur les réseaux sociaux. La phrase connue de tout explorateur, « ne laisser que des traces de pas » résume bien la pratique. Nous sommes dans ces lieux seulement pour prendre des photos ou des vidéos. Les images capturées doivent être la seule trace de notre passage. Aucun vol ni vandalisme n’est toléré ! », expliquent-ils.

La sécurité est donc de mise pour ces explorations urbaines plutôt dangereuses, car très souvent difficiles d’accès et dont l’état de délabrement est tel, qu’il faut se prémunir des chutes de matériaux. Mieux vaut donc bien s’équiper et miser sur la prudence. Trousse de secours, téléphone chargé à bloc et lampe torche sont les indispensables d’un bon urbexeur, tout comme la présence d’un coéquipier de confiance.

« Nous pensons que les jeunes cherchent le frisson, quoi de mieux que se faire peur dans des lieux abandonnés ? »

Aventure urbaine qui ne date pas d’hier, l’urbex explose depuis quelques mois sur le web. De nombreux blogs et de multiples pages Instagram dévoilent une discipline autrefois clandestine et confidentielle. La pratique séduit de plus en plus de jeunes à la recherche de sensations inédites au grand dam de certains pionniers qui voient là, une nouvelle génération s’emparer d’un art qu’ils tentaient de préserver des curieux.
L’envie de braver les interdits, amour de la photographie insolite ou tout simplement passion pour l’Histoire, à chacun ses motivations. Pour nos deux fans d’exploration, c’est plutôt la singularité du lieu qui les attire : « Nous cherchons essentiellement des lieux préservés témoignant d’un passé oublié ou du moins intéressant photographiquement. En ce qui concerne l’engouement général autour de l’urbex, quoi de mieux pour les jeunes, que de se faire peur dans des lieux abandonnés ? Certaines personnes fantasmes sur les hôpitaux, les sanatoriums mais encore les cimetières… Il existe des légendes urbaines sur certains de ces lieux, mais pas dans notre région », livrent-ils.

Le château Billard, les Thermes bleues… Témoins d’un autre temps

Les thermes bleues magnifique cliché du duo bisontin urbexfc
« La chapelle endormie », magnifique cliché du duo bisontin urbexfc © urbexfc

Les deux passionnés ont commencé l’expérience urbex en s’aventurant dans un lieu bien connu des Francs-comtois : la Rhodiacéta. « Comme beaucoup de bisontins, nous avons commencé, il y a longtemps, par la Rhodiacéta. Nous déplorons aujourd’hui sa destruction. Nous avons à notre actif de nombreux spots en Bourgogne Franche-Comté et au-delà de la région. Des lieux comme la « Ferme des Templiers », le « château Billard » et le « Parc de loisirs » sont incontournables, tout comme « La Chapelle Endormie », « Les Thermes Bleu » et « Le château Silence ». Toutes les sessions sont différentes et chacune à son lot de surprises. »

Des surprises, que nos bisontins s’empressent de partager sur leur page Instagram « Urbexfc ». Une page dédiée entièrement à l’exploration et à l’art de la photographie. Une passion malgré tout controversée, car si l’urbex est propice à l’évasion, à l’imagination et aux sensations, elle reste illégale et peut être punie par la loi.

Lucie Rubagotti

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here