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La mesure était passée au second plan lors du Comité Interministériel de Sécurité Routière de janvier dernier. La limitation des routes secondaires à 80 kilomètres heures avait focalisé les esprits. Pourtant, une mesure de bon sens était bien inscrite dans ce nouveau plan de sécurité : le développement des installations d’éthylotest anti-démarrage à bord des véhicules particuliers.

Un dispositif déjà largement répandu en Europe du Nord

Et même en France où l’obligation est faite depuis le 1er janvier 2010 d’installer ce matériel de prévention des accidents dans tous les véhicules routiers de transport d’enfants (de plus de neuf places). Cette mesure a été étendue à tous les véhicules de transport de personnes de plus de neuf places depuis le 1er septembre 2015.

Dans les pays scandinaves où l’installation est souvent volontaire, l’Éthylotest anti démarrage (EAD) a démontré son intérêt dans la prévention des accidents liés à l’emprise alcoolique.

À l’exclusion de l’Indonésie, de la République Démocratique du Congo, de l’Éthiopie ou du Gabon, tous les pays de la planète ont imposé des limites à la consommation alcoolique au volant. « Boire ou conduire », le choix se décline dans toutes les langues, de la tolérance zéro à 0.50 mg/l d’air expiré.

Une alternative de bon sens au retrait de permis
Ethylotest anti-démarrage Doubs Préfecture Besançon Nicolas Regny Benoit Desferet Etienne Manteaux
Présentation de l’Éthylotest anti-démarrage par le substitut du procureur, le colonel de gendarmerie Langlois, Nicolas Regny, directeur de Cabinet du préfet du Doubs, Étienne Manteaux, Procureur de la République et Benoît Desferet, Commissaire général de la sécurité publique ©YQ

L’autorité judiciaire disposait déjà de la possibilité de proposer à un primo-délinquant l’installation de l’EAD en alternative au retrait du permis de conduire. Depuis une loi de septembre 2018, l’autorité administrative (le préfet) pourra également proposer dès le 1er janvier 2019 l’installation du dispositif au lieu de prononcer la suspension du permis dès un contrôle d’alcoolémie positif de plus 0.80 g/l par litre de sang.

« l’éthylotest anti-démarrage ne concerne pas les récidivistes de la conduite sous l’emprise de l’alcool ».

Attention tout de même ! Si la technologie embarquée offre dorénavant cette alternative, « elle ne concerne pas les récidivistes de la conduite sous l’emprise de l’alcool. Dès lors qu’il y a récidive, la loi impose l’annulation pure et simple du permis de conduire » comme l’a rappelé Etienne Manteaux, le nouveau Procureur de la République de Besançon.

Nicolas Regny, le Directeur de Cabinet du Préfet du Doubs trouve dans cette mesure un air de « permis blanc », aménagement qui était devenu impossible en cas de conduite sous l’emprise alcoolique. Le retrait et/ou la suspension du permis de conduire ont en effet des répercussions sociales importantes (possible perte d’emploi, désocialisation…).

L’EAD, comment ça marche ?

En fait, ça marche facilement ! Comme l’ont expliqué Anne-Mathilde Choisy et Pierre Sallandre, respectivement chef de produits et commercial chez Dräger, l’un de deux fabricants homologués par l’UTAC, le conducteur met le contact pour initialiser le dispositif (la centrale est installée derrière le tableau de bord, inaccessible à l’automobiliste).

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Le premier souffle intervient préalablement au démarrage du moteur. © Préfecture du Doubs
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Le second souffle est demandé de façon aléatoire entre 5 et 30 minutes après le démarrage.  ©Préfecture du Doubs

Le conducteur souffle dans l’embout et le système se met au vert (« je peux démarrer ») ou en rouge pour interdire le démarrage du véhicule. Un second souffle est demandé ensuite de façon aléatoire entre 5 et 30 minutes, le conducteur a alors 20 minutes pour stationner son véhicule et procéder au second contrôle afin de vérifier si le taux d’alcoolémie n’a pas varié et d’éviter qu’une personne ait soufflé à sa place lors du premier test.

La sanction a un coût
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Anne-Mathilde Choisy, chef de produits chez Dräger, fait la démonstration de l’Ethylotest anti-démarrage. ©YQ

Accessible à tout automobiliste qui souhaite l’installer volontairement sur son véhicule, le dispositif coûte environ 1 500 € à l’achat.

En cas d’installation proposée par les autorités (judiciaires ou administratives), le contrevenant devra payer un coût de location mensuel de 96 euros par mois auquel il devra ajouter environ 800€ pour l’installation et le retrait du dispositif.

96€ par mois de location plus 800 € d’installation

 

Dans le Doubs en 2017, 13 personnes ont perdu la vie dans un accident impliquant un conducteur alcoolisé. Sur les neuf premiers mois de l’année 2018, la préfecture a recensé sept accidents mortels dus directement à l’alcool. Il s’agit donc bien d’un problème de sécurité de la population et de santé publique.

En 2018 (et l’année n’est pas terminée) les forces de l’ordre ont constaté 1 230 délits d’alcoolémie. Pire, malgré les opérations de contrôle et la prévention renforcée, la situation se dégrade dans le département. Selon le colonel de gendarmerie en charge des contrôles routiers dans le département, sa « clientèle » a évolué ; les forces de l’ordre interpellent toujours plus de jeunes et le pourcentage de femmes en infraction est proche de la parité.

Si les mentalités ont tendance à changer, on peut s’interroger sur l’opportunité à plus ou moins court terme d’équiper tous les véhicules neufs d’un Éthylotest anti démarrage : une bonne méthode pour changer les comportements sans pour autant se priver de faire la fête…avec modération !

YQ

 

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