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« Vous avez mal pendant les rapports ? Mettez-y un peu du vôtre ! », « La meilleure contraception, c’est de fermer les cuisses », « Un stérilet à 28 ans ? Il serait plutôt temps de penser à un enfant », « Il m’a fait un bisou sur un sein lors d’un examen »

Non prise en compte de la douleur et de la pudeur, injonction à la procréation, jugements, injures sexistes, paroles déplacées voire culpabilisantes, examens brutaux, actes médicaux non annoncés et donc, non consentis, refus de pratiquer une IVG…

Avec le mouvement #metoo, la parole des femmes victimes de violences gynécologiques et obstétricales s’est multipliée. En effet, en novembre 2014, le hashtag #PayeTonUtérus avait engendré plus de 7000 témoignages en seulement une journée… De quoi faire naître un débat autour des violences subies dans l’intimité d’une consultation médicale ou lors d’un accouchement.

Ce samedi, le collectif Osez le féminisme organise un débat pour en finir avec ce « rapport d’autorité sur les patientes ».

Les violences gynécologiques et obstétricales peuvent constituer un frein au suivi médical.

« La problématique des violences faites aux femmes dans le cadre d’un suivi gynécologique ou obstétrical s’inscrit dans le cadre de la campagne de sensibilisation “Repenser la santé des femmes” », explique Amélie, adhérente à Osez le féminisme 25 et 90.

50 consultations gynécologiques au cours d’une vie

Les consultations gynécologiques rythment la vie d’une femme. Le Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes (HCE) estime en effet qu’en moyenne, une femme aura 50 consultations (prescription de contraception, frottis de dépistages…) entre ses 15 et 45 ans.

C’est parce que les violences exercées par certains médecins peuvent constituer un frein au suivi médical (renoncement au dépistage du cancer du col de l’utérus ou des infections et maladies sexuellement transmissibles par exemple), que le collectif féministe insiste sur l’importance de repenser les pratiques gynécologiques.

Appuyée par un rapport du (HCE) commandé en 2017 par Marlène Schiappa, la démarche d’Osez le féministe espère amener une prise de conscience et insuffler des changements dans la prise en charge des patientes.

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« Surmédicaliser un accouchement, sous-estimer la douleur d’une patiente ou encore systématiquement pratiquer une épisiotomie sur des femmes primipares fait également partie des violences », ajoute Amélie, membre du collectif Osez le féminisme. DR

Pour animer le débat, Marjorie Roux, membre de l’association Doulas France, qui revendique un accompagnement bienveillant et à l’écoute des futures mères : « Surmédicaliser un accouchement, sous-estimer la douleur d’une patiente ou encore systématiquement pratiquer une épisiotomie (ouvrir le périnée de la femme enceinte lors de l’accouchement pour laisser passer l’enfant plus facilement) sur des femmes primipares (dont c’est le premier accouchement) fait également partie des violences », ajoute Amélie.

De nombreuses mauvaises expériences

Julie (prénom modifié), bisontine, a accepté de témoigner sur plusieurs mauvaises expériences auxquelles elle a été confrontée dans le cadre de son suivi.

« La première violence, de la part d’un médecin femme, remonte à la pratique d’une IVG sans anesthésie locale. » À la douleur, s’est greffée la peur de revivre cela…

Puis, plus tard, elle est confrontée à une deuxième violence. « C’est au moment de la naissance de ma fille. Après l’accouchement, on m’a demandé de me coucher sur le dos pour pouvoir me recoudre suite à une déchirure. J’ai alors demandé pourquoi en exigeant un miroir pour constater ladite déchirure. Les médecins ont refusé. C’était en fait, une épisiotomie. » Elle ajoute : « Ils ont recousu, là encore, sans anesthésie locale, je hurlais de douleur, en tenant ma fille dans les bras durant tout le long de la suture ».

Quelques jours plus tard, elle s’aperçoit que « les points sont trop serrés », elle prend alors conscience qu’on lui a fait un point du mari (ajout d’un point supplémentaire lors de la suture du périnée afin de resserrer le vagin d’une femme venant d’accoucher afin d’accentuer le plaisir sexuel du partenaire).

« Les rendez-vous pour un suivi gynécologique sont pris mais, à reculons. »

Appréhension d’une nouvelle grossesse suite au traumatisme

Effectivement, des mois après l’accouchement, en reprenant une vie sexuelle avec son compagnon, elle ressent des douleurs lors de la pénétration. Une sage femme lui confirme alors qu’elle a été trop recousue.

« Depuis (cinq ans plus tard), je n’ai plus de rapports. Les rendez-vous pour un suivi gynécologique sont pris mais, à reculons. »

Cette victime avoue même appréhender « être de nouveau enceinte à cause de toute la maltraitance physique et psychologique vécue ».

Pour contourner ce fléau, un blog participatif, Gyn&Co a vu le jour en 2015. Il recense une liste de praticiens bienveillants.

Militine GUINET
Conférence-débat sur les violences gynécologiques et obstétricales. 
Samedi 16 février de 14h à 18h dans les locaux du café associatif Hop Hop Hop 5 place Saint Jacques à Besançon.
Plus d'informations sur la page Facebook d'Osez le féminisme 25 et 90.

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