La e-santé : une révolution pour le quotidien des patients et des professionnels

0
1244
e-sante révolution numérique santé besancon NTIC
Le 29 mars 2018 au Scénacle, Hélène Romeyer, Anne Collet-Parizot et Thilo Von Pape, trois enseignants chercheurs à l'Université de Besançon, ont tenu une conférence sur les enjeux de la santé numérique - Crédit CD
- Annonce -

La santé représente la principale préoccupation des français. La digitalisation et l’innovation sont au cœur de ce secteur d’activité en pleine transformation numérique. Un sujet d’avenir dont se sont emparés les étudiants en 2ème année du cursus master ingéniérie (CMI) de licence d’info-com de Besançon, en organisant conférence et ateliers sur les enjeux d’une révolution inévitable.

Emmanuel Macron l’affichait comme une priorité dans son programme électoral : il faut développer le numérique en santé pour lutter contre les coûts et les déserts médicaux en France. Un véritable enjeu économique et social pour lequel près de 80 millions d’euros ont été investis par le ministère de la solidarité et de la santé.
Actuellement, environ 33 000 personnes travaillent dans le domaine de la santé en ligne et d’ici 2020-2025, le marché des appareils connectés atteindra, selon certaines prévisions, 15 à 23 milliards d’euros.

Améliorer le quotidien d’environ 15 millions de patients 

En France, on estime à 20% de la population souffrant de maladies chroniques dégénératives, comme le cancer, le diabète, la myopathie, la mucoviscidose… Des maladies qui ne cessent d’augmenter, nécessitant un suivi lourd, coûteux et long pour le patient. On comprend alors aisément pourquoi le gouvernement en a fait sa priorité numéro 2, juste après le chômage, surfant sur une révolution numérique qui « n’épargne » aucun secteur d’activité.

Objets connectés, applications pour smartphones… Le marché de l’e-santé en France ne cesse de se déployer et de se développer, passant de la traditionnelle gestion de flux de données entre professionnels du secteur, à des applications connectées qui simplifient la vie des patients.

diabeloop courbe glycemie avec diabeloop
Diabeloop a réussi le défi de créer un objet connecté qui joue le rôle de pancréas artificiel. Celui-ci analyse en continu le sang des patients pour lui administrer automatiquement l’insuline dont il a besoin © DR

Pour exemple, Diabeloop, un système de pancréas artificiel associé à une pompe à insuline connectée, qui permet de lutter contre le diabète de type 1. Un capteur de glycémie envoie les données à un terminal qui contient un algorithme complexe afin de déterminer la meilleure dose d’insuline à envoyer à la pompe connectée. Les données sont envoyées en parallèle à un service de suivi afin d’améliorer le traitement sur le long terme.

Un système novateur évitant aux patients de prendre des décisions quotidiennes sur les doses d’insuline à injecter, au risque de commettre des erreurs, parfois fatales. Voilà de quoi transformer la vie de plus de 200 000 français atteints de diabète de type 1 et malheureusement contraints d’effectuer quotidiennement des gestes contraignants, les privant d’une réelle liberté.

Le patient devient acteur de sa santé

En Bourgogne Franche-Comté, l’ARS s’est très vite emparée du sujet et a mis en oeuvre un certain nombre de projets, tels que ViaTrajectoire, outil gratuit et sécurisé, proposant une aide à l’orientation personnalisée dans le domaine de la santé, eTICSS ou encore Paerpa, dispositif déployé pour prévenir et limiter la perte d’autonomie des personnes âgées de 75 ans et plus.

De son côté, le CHU de Besançon utilise aujourd’hui CHES.EORTC, interface permettant d’évaluer la qualité de vie des patients atteints de cancer. Ils remplissent des questionnaires électroniques juste avant la consultation. Les résultats sont instantanément présentés sous forme de graphiques colorés faciles à interpréter et peuvent être utilisés par le médecin pendant la consultation comme un outil complémentaire dans la prise en charge de son patient.

Encore plus loin, « Hacking Health », le « marathon d’innovation ouverte en santé » organisé en octobre 2017 à Besançon, vise à promouvoir l’innovation en santé. Cette nouvelle manière d’innover est basée sur le croisement de compétences variées (praticiens et acteurs dans le domaine de la santé, juristes, chercheurs, designers, universitaires, étudiants,…) qui ont collaboré pendant 48 heures afin de prototyper des réponses à des problèmes soulevés tant par des professionnels de santé que par les associations de patients. Ces défis s’orientent sur deux thématiques :«numérique et santé» et «renforcer l’autonomie». Un événement au cœur du débat.

« j’échange, je m’informe et je contribue aux avancées médicales »

E santé besancon gilles truc
« Je travaille avec de nombreux patients ressources qui nous aident à améliorer le suivi et le traitement des maladies », Gilles Truc, médecin oncologue au Centre Leclerc à Dijon -© CD

Oncologue au Centre de lutte contre le cancer Georges-François Leclerc à Dijon, le Docteur Gilles Truc a présenté l’application sécurisée « Engage » testé au centre et ciblant principalement les chimiothérapies orales : « De l’annonce de la maladie à la fin du traitement, les patients passent par une multitude d’émotions : inquiétude, peur du traitement, de la récidive, questions relatives aux effets secondaires… L’application « Engage » suit l’ensemble du parcours du patient et remplace de manière personnalisée et beaucoup moins anxiogène, la recherche d’informations sur le net. »

Ainsi, les malades, depuis leur domicile et connectés à une tablette, répondent à un questionnaire sur leur état de santé quotidien, peuvent visiter de manière virtuelle le bloc opératoire, visualisent l’ensemble de leurs rendez-vous, ont accès à de nombreux tutoriels expliquant comment diminuer les effets secondaires liés à la chimiothérapie, comment éviter ou soigner telles ou telles lésions… Ils ont également la possibilité d’envoyer photos de symptômes et messages à leur infirmière, qui est immédiatement alertée pour réponse. Toutes les données compilées arrivent directement chez les médecins avec un code couleur, hiérarchisant les urgences de réponse. « L’objectif est d’éviter les hospitalisations inutiles et donc de réaliser des économies de santé », explique le Dc Gilles Truc.

Et demain ?

Encouragée par Emmanuel Macron, la télémédecine fait son chemin. De nombreux projets pilotes ont d’ores et déjà été testés au sein de l’hexagone. Présente au Scénacle pour l’occasion, l’entreprise Covalia Interactive présentait une plateforme de télédiagnostic des AVC.

De son côté, le dossier médical partagé déclenche tout un tas de préoccupations liées à la protection des données personnelles et médicales. Reste au gouvernement de fixer un cadre et une réglementation stricte afin de rassurer les patients et permettre à la e-santé de prendre véritablement de l’ampleur.

CD

  • 81% des patients sont intéressés d’avoir des objets connectés dans le cadre d’un suivi de maladie chronique longue durée.
  • 79% préfèrent être soignés chez eux.                                                                                                                                     
  • 50% pensent que pour que la médecine soit plus efficace, les patients doivent intervenir dans le traitement et le suivi de la maladie.

(Source : Baromètre Santé 360° Odoxa 2015)

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here