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Deux entrepreneurs locaux lancent au printemps prochain, une application web innovante pour faciliter le shopping, de manière responsable et locale. Baptisée « Teekers », cette nouvelle solution qui s’appuie sur la toute puissance des technologies actuelles, risque fort d’être la panacée pour un grand nombre de commerçants bisontins qui n’ont pas encore osé franchir le pas du numérique. Rencontre avec les directeurs fondateurs.

Les temps sont durs pour les commerçants, affaiblis par des ventes privées sur le net qui ne cessent de décoller d’année en année. Certains, les plus geeks, ont d’ores et déjà amorcé un virage technologique. D’autres, dépassés, subissent malgré eux, les revers causés par l’explosion des ventes en ligne.

La ville de Besançon tente d’apporter des solutions au travers des « Journées Granvelle » présentant tout un cycle de conférences aux titres qui font rêver : « Comment l’industrie et les services se réinventent grâce au numérique ? », « L’intelligence artificielle, au service des citoyens et des entreprises ? ». La CCI du Doubs invite, quant à elle, une spécialiste du Big Data et des entrepreneurs locaux pour s’exprimer sur le sujet et en arriver à la conclusion : « Entrepreneurs, ne soyez pas spectateurs d’une révolution numérique qui peut vous échapper mais bien acteur ! N’en oubliez pas pour autant les rapports de contacts traditionnels qui font toute la richesse du commerce physique. » Oui mais alors, comment concilier les deux ?

Alae Quarjouane, belfortain d’origine et Jean-Georges Tonon, bisontin reconnu dans l’agglomération pour son expérience en marketing physique et digital, lancent officiellement leur application Teekers au printemps. Crédit DR
Conçu pour les commerçants locaux qui veulent entamer une nouvelle vie numérique

Partant du postulat que 80% des produits consommés sur le net sont physiquement présents dans un rayon de moins de 10 km de l’endroit où se trouve le consommateur, Jean-Georges Tonon et Alae Quarjouane, les deux fondateurs, se sont donc posés la question : comment aider les commerçants « en point de vente » à accomplir leur mue vers le numérique et à reprendre possession d’un territoire commercial qui leur appartient naturellement ? « Ces 20 dernières années, les e-commerçants, ou plutôt e-distributeurs ont fait un hold-up sur les marchés locaux en s’imposant par l’expertise technologique, la maîtrise logistique, l’efficacité marketing et la puissance financière. Difficile pour un indépendant de rivaliser seul. Teekers leur apporte cette même puissance technologique et leur redonne la parole sur leur territoire. L’idée était de remettre du bon sens dans la consommation et de favoriser la proximité », explique Jean-Georges Tonon.

Teekers souhaite donc recréer du dialogue entre deux communautés locales : les commerçants qui, grâce à l’application, pourront mettre en ligne l’ensemble des produits qu’ils proposent en vente dans leur commerce mais également diffuser des offres promotionnelles exclusives, et les consommateurs, fans de commerce en ligne qui souhaitent retrouver un nouveau mode de consommation plus vertueux et bienveillant : « La plupart de nos envies peuvent être satisfaites à quelques kilomètres de l’endroit où nous nous trouvons et, désormais, grâce à Teekers, nous pouvons les assouvir, en quelques clics, qu’il s’agisse d’un produit mode, d’un repas au restaurant, d’une voiture ou d’un service », précise Jean-Georges Tonon.

Faciliter et moderniser le shopping local

Il est donc évident que cette innovation lancée au printemps 2018 à Besançon, Pontarlier, puis à terme, à Montbéliard, Belfort et Bourges, est un véritable soutien pour les commerçants exerçant leur activité en points de vente physiques. Mais c’est également une aide au shopping qui permet de trouver, ailleurs que sur les gros sites nationaux de vente en ligne, le produit recherché sur place et en un clin d’oeil… Et pourquoi pas, de profiter d’offres sur-mesure : « Lorsque je me suis installé à lyon pour mes études, j’ai mis un certain temps à trouver mes repères, notamment en matière de shopping. Je perdais beaucoup de temps à consulter de nombreux sites webs locaux, à consulter des publicités sans vraiment m’y retrouver. C’est ainsi que l’idée m’est venue, d’un assistant virtuel, qui connaîtrait mes goûts et centres d’intérêts et les transposerait dans la réalité en favorisant la bienveillance, la proximité et la qualité de service », raconte Alae Quarjouane. Un engagement communautaire fait de partage, d’échanges et de recommandations
(Facebook / Instagram / Pinterest)… Une aubaine pour les habitants connectés ne souhaitant pas rompre avec le commerce physique.

Après une rencontre avec celui qui deviendra alors, son futur associé, une nouvelle version intuitive de Teekers voit le jour en juillet 2017. Cette toute dernière version prend en compte la personnalité de chaque individu afin de leur apporter une expérience shopping personnalisée et des offres exclusives… Des promotions qui ne s’affichent que sur les smartphones des personnes qui ont pour centre d’intérêt les activités du commerçant, les marques ou les produits vendus par celui-ci.

Un défi : Besançon, 1ère ville de France 100% connectée Teekers

« On souhaite que Teekers devienne, à terme, une sorte de réflexe, quelque soit la nature du besoin », ajoute Jean-Georges Tonon.
La commercialisation a démarré. A ce jour, une quinzaine de commerçants sont référencés dans Teekers pour la Ville de Besançon. Chaque semaine, dix nouveaux adhérents s’engagent dans la nouvelle communauté numérique, moyennant une participation mensuelle : « On accompagne également les adhérents dans leur stratégie marketing et on les aide à être plus performants en leur fournissant des données et statistiques décisionnelles », résume Jean-Georges Tonon.

La volonté de relocaliser les productions, de favoriser les circuits courts, de préserver la valeur ajoutée des acteurs locaux, de donner du sens à la consommation, de réserver une place prépondérante aux réseaux sociaux dans la stratégie relationnelle… sont autant de signaux du changement profond dans lequel s’inscrit pleinement Teekers.

teekers
Teekers entend bien s’imposer comme la pratique shopping réflexe pour les années à venir. Crédit DR

Même si les deux entrepreneurs prônent le « clic & collect » afin d’encourager les contacts physiques entre consommateurs et commerçants, l’appli propose des livraisons express en 1h via UPS ou par coursiers en vélos électriques. Le téléchargement de Teekers est gratuit sur l’App Store et Google Play. « C’est un projet fort, inédit, pour mobiliser l’ensemble des acteurs locaux, commerçants, prestataires de services, professions libérales, partenaires économiques et institutionnels autour d’une véritable ambition de renouveau », appuient les deux hommes.

Il ne reste plus qu’à convaincre les angoissés du web ou commerçants réfractaires à la vente en ligne. Mais comme le souligne si bien Michel Méchiet, dirigeant de la librairie L’intranquille, aujourd’hui aficionado du big data, pour les néophytes, l’utilisation des données numériques à des fins marketing : « L’arrivée des gros faiseurs comme Fnac et Amazon, nous a obligés à nous remettre en question. Ne renions pas d’où nous venons et adaptons le big data à nos métiers. N’ayons aucune angoisse, ni peur. »

C. Dufay

Plateformes en ligne : l’ampleur du désastre

Dans une agglomération moyenne, « l’évasion » commerciale annuelle est de 100 M€, soit 1.000 €/consommateur en âge d’acheter.
Dans une agglomération moyenne, le nombre de références produits disponibles dans les murs des magasins se situe entre 1.500.000 et 2.000.000 selon la période de l’année.
Chaque année, le commerce en ligne génère 80% du volume de colis livrés, sachant que le transport de marchandises représente 25% des émissions de CO2 en ville.
Pour réaliser 10 M$ de CA, Amazon emploie 14 salariés, alors que le commerce physique crée 50 emplois pour réaliser le même CA.

 

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