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Une étude menée par l’association nationale de défense des consommateurs et usagers (CLCV) révèle que les Français sont loin d’être satisfaits de la qualité des fruits qu’ils achètent en moyennes et grandes surfaces.

« Fades », « On a l’impression qu’ils ne sont pas mûrs ! », « Les fruits ont un goût d’eau », « Pas assez sucrés, et surtout trop chers pour la qualité ! » Sur le parking d’une grande surface de Besançon, les clients sont unanimes : les fruits qu’ils achètent ont de moins en moins de saveurs. Problématique quand on sait que le goût des fruits constitue le quatrième critère de choix le plus important pour les consommateurs.

Entre début juin et début juillet, l’association nationale de défense des consommateurs et usagers (CLCV) a mené une étude auprès de 900 consommateurs dans 25 départements. Après avoir goûté à l’aveugle des abricots français et espagnols et des variétés de fraises françaises et espagnoles, seulement 32% des sondés se sont déclarés satisfaits par le goût des fraises et 31% par le goût des abricots achetés en supermarchés.

Autrement dit, près de 68% des Français ne sont pas satisfaits par le goût des fraises qu’ils achètent et 58% pensent que les abricots n’ont pas de goût. L’étude indique aussi que 42% des Français estiment que le goût de ces fruits phares de l’été est « peu agréable » voire « désagréable ». Du côté des lecteurs d’actucomtoise.info, 92% d’entre eux se disent mécontents du goût des fruits achetés en supermarchés.

Une tendance observée chaque année

Toujours d’après la CLCV qui réalise cette enquête depuis neuf ans et qui constate que les résultats sont assez similaires d’une année à l’autre, la satisfaction des français pour les fruits qu’ils achètent dépend fortement des variétés. Les fraises Ciflorette seraient en effet très populaires tandis que la Guariguette est la variété la moins appréciée. Pourtant, d’après une consommatrice, « les fraises Guariguette sont vendues hors de prix ! »

Le prix, gage de qualité ?

Le prix des produits ne serait donc pas synonyme de qualité. L’étude l’assure : « les consommateurs ne peuvent pas se fier au prix comme assurance d’une meilleure qualité. »

Le rendement avant la saveur

Fabrice André, primeur depuis une vingtaine d’années au marché Beaux-Arts de Besançon n’en est pas convaincu : « Bien souvent, le choix des variétés se fait en fonction de leur rendement plutôt que de leur saveur. Pour s’assurer qu’un fruit est gustativement agréable, il n’y a pas de secret, il faut le goûter ! C’est difficile lorsque les produits sont achetés par téléphone à une centrale…. ». D’après lui, « les grandes surfaces se concentrent plus sur le prix du fruit plutôt que sur sa qualité. Contrairement aux primeurs comme moi qui se rendent une fois par semaine sur le lieu de production. »

35% des personnes interrogées préfèrent le goût des abricots espagnols à celui des abricots français. DR

35% des personnes interrogées préfèrent le goût des abricots espagnols à celui des abricots français. DR
Abricots et mirabelles, des ventes au beau fixe

Encore plus étonnant, 35% des personnes interrogées pour les besoins de l’enquête préfèrent le goût des abricots espagnols à celui des abricots français. Vendues en moyenne deux fois plus chères que les fraises espagnoles, les fraises françaises sont tout de même privilégiées par les consommateurs. Au magasin Intermarché, avenue Fontaine Argent à Besançon qui draine plus de 10 000 clients chaque jour, le constat est le même : « Les gens s’orientent davantage sur des produits français. Les fraises Mara des bois et Ciflorette se sont très bien vendues cette année. De même que la demande pour les produits français s’est considérablement élargie, nous avons donc dû proposer des volumes plus importants que les années précédentes. En ce qui concerne les abricots, ce sont les fruits français qui se vendent le mieux. On en vend environ 10 kilos par jour. C’est un produit qui se vend aussi bien que la mirabelle qui cartonne en ce moment. »

« Les fraises, ce n’est plus ce que c’était ! »

Rue de Vesoul, le supermarché Casino a enregistré une baisse des ventes de fraises par rapport à l’an dernier. Selon le responsable du rayon fruits et légumes, « les clients achètent surtout des fruits français. Ils trouvent que les fraises espagnoles ont moins de goût. » Le magasin Super U dresse le même bilan : « Les avis sur les saveurs divergent, c’est aussi un critère qui varie en fonction des aléas climatiques. Cette année, on a eu du mal à avoir des abricots à cause de la météo. On remarque tout de même que les clients préfèrent les produits français. » Un constat confirmé par une drômoise en vacances à Besançon venue faire ses courses : « Aujourd’hui, les fraises ce n’est plus ce que c’était ! Elles ont un goût de pourriture ! On est très loin des saveurs que l’on retrouvait sur les marchés il y a quelques années. Je préfère acheter français car la qualité est meilleure et il y a sans doute moins de produits ajoutés. L’idéal serait d’acheter auprès de producteurs locaux mais ce n’est pas toujours évident et c’est couteux, surtout pour une famille ! »

Pour Wendy Si Hassen, chargée de mission alimentaire au sein de l’association nationale de défense des consommateurs et usagers, à l’origine de l’enquête, « c’est un constat assez inquiétant, d’autant plus que l’objectif de consommer des fruits et légumes est un objectif de santé publique important. »

D’après la CLCV, des efforts sont à faire pour optimiser les dates de cueillette ou encore les conditions de transport et de conservation au niveau des magasins. Enfin, certains fruits et légumes perdent de leur saveur et de leur qualité nutritionnelle lorsqu’ils sont stockés dans un réfrigérateur. C’est par exemple le cas des tomates, du melon et de la pastèque mais aussi des fraises et des bananes.

Louise DE CHÂTEAUBLANC

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