Délinquance dans le Doubs, des résultats en demi-teinte

0
392
délinquance Doubs Parquet préfet
Carine Greff, procureure de la République de Montbéliard, Joël Mathurin préfet du Doubs et Etienne Manteaux procureur de la République de Besançon ©YQ
- Annonce -

Ce 7 février, le préfet du Doubs, Joël Mathurin a réuni les procureurs des Tribunaux de Grande Instance de Besançon et de Montbéliard, le général de gendarmerie du Doubs et le commissaire général de la police nationale du département, pour faire un point sur l’état des délinquances constatées en 2018 dans le Doubs.

Si les statistiques ne font pas état d’une insécurité notoire, il en est de la délinquance comme de la météo : il y a la réalité des chiffres et le ressenti !

En matière de vols, l’année 2018 a vu une diminution significative de plus de 5% des faits commis. Le département se situe largement en deçà du taux national. Avec environ 22 faits recensés pour 100 000 habitants, les habitants du Doubs semblent plus en sécurité que la moyenne des français (9 points de plus soit 32 faits de vols pour 100 000 habitants).

Point noir, les agressions physiques ont fortement progressé dans le département en 2018. 367 faits de plus portés à la connaissance de la justice ont été recensés par rapport à 2017. Le Doubs se situe légèrement au-dessus de la moyenne nationale. Et ce sont les violences à caractère sexuel qui ont particulièrement augmenté.

La parole libérée

Les violences intra-familiales représentent 34% de l’ensemble des faits constatés en 2018 dans le Doubs. 1828 faits de violences constatés, c’est 235 de plus qu’en 2017. Selon Étienne Manteaux le procureur de la République de Besançon et Eric Langlois, général de la gendarmerie nationale du Doubs, cette augmentation s’explique en partie par la libération de la parole des femmes victimes de violences conjugales et la meilleure prise en charge initiale des victimes, que ce soit dans les commissariats ou les brigades de gendarmerie. Au-delà de la plainte, les personnels sont dorénavant formés à une meilleure écoute pour orienter de façon globale les victimes vers des associations d’aides ou des travailleurs sociaux et ainsi éviter les multiples récidives de violences. En 2018, 88% des violences conjugales s’exerçaient sur les femmes.

2018 : première année de la police de sécurité du quotidien
délinquance Doubs préfet police
Le commissaire principal Bénilde Moreau – Commissariat central de Besançon ©YQ

La police de sécurité du quotidien, initiée en février 2018 pour intensifier la lutte contre les trafics et l’économie souterraine, a modifié les modes d’action des policiers et des gendarmes pour accroître la visibilité et la présence des forces de l’ordre sur le terrain. Pour le Commissaire principal Bénilde Moreau, les habitants et commerçants de quartiers sensibles comme Planoise ont perçu une amélioration et un meilleur sentiment de sécurité dans les halls d’immeubles et dans les rues du quartier.

Cinq homicides volontaires en 2018 dans le Doubs

Trois de ces meurtres ont été commis dans le cadre de violences conjugales. Un homme de 45 ans a été retrouvé mort à Maîche au mois de mai ; sa compagne a été hospitalisée en psychiatrie. Une jeune femme de 21 ans est décédée en octobre à Mandeure sous les coups de son conjoint et on se souvient de l’horrible meurtre commis fin octobre dans le quartier du Rosemont à Besançon sur une femme afghane de 34, assassinée par son mari.

Là encore, mais faut-il s’en réjouir, le département du Doubs s’inscrit dans la moyenne nationale d’un homicide pour 100 000 habitants.

Les forces de l’ordre malmenées depuis novembre 2018
délinquance Doubs préfet gendarmerie
Le général de gendarmerie Eric Langlois, patron de la gendarmerie du Doubs.

Le mouvement des gilets jaunes a fortement perturbé l’activité traditionnelle de sécurité des biens et des personnes depuis la mi-novembre. De nombreuses unités ont dû assurer des opérations de maintien de l’ordre tout au long des samedis de manifestations. Si ces opérations n’ont pas affecté sensiblement la lutte contre les agressions physiques et les vols, la présence de la gendarmerie sur les routes a été réduite, l’a confirmé le général Langlois.

2018, une année sombre en matière de sécurité routière

L’année a enregistré 359 accidents corporels de la circulation faisant 37 personnes décédées et 412 blessés. Le nombre d’accidents est en hausse de 22% mais les blessés hospitalisés ont vu leur nombre décroître de plus de 5%. Quant à dire que c’est lié à la baisse de la vitesse moyenne sur les routes, le préfet se garde bien de mettre en avant la limitation de vitesse à 80 km/h.

Les usagers vulnérables sont particulièrement concernés. Douze décès concernent des motards et cinq piétons. L’abus d’alcool demeure l’une des principales causes des accidents mortels, souvent lié à la prise de stupéfiants. La désinhibition entraîne une vitesse excessive, principal facteur d’accident. Il est notable que dans un tiers des accidents corporels, c’est l’absence de vigilance ou l’inattention qui est la cause de l’accident.

Des contrôles renforcés

Au 31 décembre 2018, le département du Doubs recensait 27 radars fixes dont 4 radars tronçons, auxquels il faut ajouter les radars mobiles et ceux installés sur des zones de chantier.

Sur l’ensemble de l’année, les radars fixes ont enregistré 104 200 infractions (en légère hausse de près de 6% par rapport à 2017). Ces chiffres ne démontrent pas de manière significative que les dégradations importantes du matériel aient eu un impact sur le nombre de contraventions ou délits constatés.

Au-delà de la polémique sur la pertinence d’une limitation à 80 km/h, force est de constater que la pédagogie mise en place depuis 2003 a permis d’économiser la vie de milliers de personnes chaque année sur les routes. Pourtant, il ne faut pas se tromper de combat, la lutte contre les addictions (alcool et stupéfiants) est un enjeu autrement plus important : ce n’est pas une limitation de vitesse qui va contraindre un conducteur alcoolisé de ralentir.

Lamborghini Diablo section de recherches gendarmerie nationale délinquance
Une Lamborghini Diablo faisait partie des véhicules saisis dans un garage clandestin au pied du fort de Planoise © Gendarmerie nationale

Globalement, le Doubs est un territoire sûr pour ses habitants. La récente interpellation de six individus soupçonnés de multiples vols de véhicules (dont une Lamborghini Diablo d’un montant de 150 000€), la saisie en 2018 de 22 kilos de cannabis et 6,5 kilos d’héroïne,  démontrent que gendarmerie et police travaillent sur le terrain pour la sécurité de tous.

YQ

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here