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L’été n’est pas fini. Soleil et températures estivales se prolongent. Idéal pour de longues balades en moto. L’occasion de rappeler que tongs, shorts et autres tenues légères ne font pas bon ménage avec le guidon.

Ils sont nombreux, ces motards, en short, tongs, voire torse-nu sur leurs bécanes car ils refusent de cuire dans leur cuir. Est-ce autorisée par la loi ? Quelles sont les protections obligatoires ?

En France, l’article R431-1 du Code de la route rend obligatoire le port du casque pour tous les conducteurs ou passagers d’un cyclomoteur. Celui-ci doit être attaché et homologué. La norme française est signalée par une étiquette blanche et garantit la qualité de sa fabrication et de sa protection. En cas de non-port du casque, le conducteur s’expose à une contravention de 135 euros ainsi qu’un retrait de trois points sur son permis.

Autre équipement obligatoire, les gants. Depuis novembre 2016, le port de gants homologués, pour le pilote comme pour le passager, est obligatoire. D’après les chiffres de la sécurité routière, porter des gants épais permettrait d’atténuer ou d’éviter les blessures aux mains dans 95% des cas pour les motocyclistes et dans 87% des cas pour les cyclomotoristes. En cas de non respect, le conducteur s’expose à un retrait d’un point et à une amende de 68 euros.

L’impasse sur une protection adaptée

« Il portait des culottes, des bottes de moto, un blouson de cuir noir avec un aigle sur le dos… », l’équipement du motard fantasmé par Edith Piaf dans sa chanson « L’homme à la moto », est pourtant loin de faire l’unanimité par fortes chaleurs. Vivement recommandés, les équipements tels que la veste, le pantalon, les bottes ou chaussures montantes ou encore la dorsale sont facultatifs et de nombreux conducteurs de deux-roues motorisés font l’impasse sur une protection adaptée.

Vivement recommandés, les équipements de protection tels que les bottes, pantalon en kevlar et vestes, ne sont pourtant pas obligatoires. DR
Vivement recommandés, les équipements de protection tels que les bottes, pantalon en kevlar et vestes, ne sont pourtant pas obligatoires. CD

D’après la Préfecture du Doubs, « il est regrettable de constater, notamment par les fortes chaleurs, qu’un certain nombre d’utilisateurs de deux-roues motorisés s’affranchissent des recommandations sur les protections de base au risque d’être gravement blessés à la suite d’une malheureuse chute ou d’une simple glissade sur la chaussée. Un motard responsable qui connaît les risques encourus en deux roues motorisés se protège en général avec une bonne partie des équipements recommandés. »

« La sécurité n’a pas de prix »

Chez les équipementiers, on martèle le message : « La sécurité n’a pas de prix ». Chez Harley Davidson à Besançon, on recommande « le port du casque et des gants, bien sûr, mais aussi d’une veste avec des coques aux épaules, coudes et aux avant-bras ainsi qu’une paire de chaussures montantes pour avoir les chevilles bien englobées. Le pantalon en kevlar fait également partie des must-have. »

D’après la Préfecture du Doubs : « Un certain nombre d’utilisateurs de deux roues motorisés s’affranchissent des recommandations sur les protections de base au risque d’être gravement blessés à la suite d’une malheureuse chute ou d’une simple glissade sur la chaussée. » DR
D’après la Préfecture du Doubs : « Un certain nombre d’utilisateurs de deux-roues motorisés s’affranchissent des recommandations sur les protections de base au risque d’être gravement blessés à la suite d’une malheureuse chute ou d’une simple glissade sur la chaussée. » DR

Fabrice, vendeur chez Ducati depuis une vingtaine d’années, approuve : « Casque, gants, veste, c’est le minimum. L’idéal est de ne pas avoir de partie nue. Certes, l’été, les équipements en cuir et en kevlar tiennent chaud mais ça sauve des vies. D’autant plus que d’énormes progrès ont été faits sur les matières. »

« L’idéal est de ne pas avoir de partie nue. »

Pour ce vendeur, lui aussi motard, le port d’une dorsale est aussi à envisager : « Si ça peut éviter la paraplégie… En moto on glisse souvent sur le dos… »

43% des accidents graves

D’après les derniers chiffres issus du bilan sur l’accidentalité routière 2017 de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière, les deux-roues motorisés sont des « usagers particulièrement exposés ».

En effet, ils représentent à peine 2% du trafic motorisé en France mais ils sont concernés par 43% des accidents graves et représentent 22% de la mortalité routière. Selon, Thierry Monchatre, attaché presse de la sécurité routière, « En 2017, on déplore 669 décès de motocyclistes, soit une hausse de 9% par rapport à 2016. Cela correspond à 56 décès en plus. »  D’ailleurs, les deux-roues motorisés ont 24 fois plus de risques d’être tués qu’un automobiliste par rapport aux kilomètres parcourus.

Pour le professeur Obert, chef du service chirurgie orthopédique et traumatologique au CHU de Besançon, « les accidents de deux-roues motorisés sont toujours graves mais les blessures les plus importantes concernent davantage les conducteurs pas ou peu protégés. »

« Les blessures les plus importantes concernent davantage les conducteurs pas ou peu protégés. »

Les chiffres de la Sécurité routière associent d’ailleurs une grande partie de ces blessures à un équipement incomplet. En effet : « 16% des conducteurs de scooter, ne possèdent aucun équipement ».

« Dans nos services, les accidentés de moins de 20 ans qui roulent en scooter sont les plus concernés par le manque de protection », renseigne le professeur Obert.

La sécurité routière alerte : « En terme d’accidentalité, l’augmentation la plus forte touche les jeunes motards de 18-24 ans, dont la mortalité avait particulièrement diminué ces trois dernières années, et leurs aînés de 35-44 ans. Ces deux tranches d’âge totalisent chacune 32 personnes tuées de plus par rapport à 2016. » Thierry Monchatre insiste : « La tranche d’âge la plus touchée reste celle des 25-34 ans avec 161 tués. »

« Les gens oublient qu’ils ne sont pas invincibles »

Les blessures sont pourtant graves. « Ces accidentés présentent généralement des lésions de brûlures par abrasion notamment lorsqu’ils sont bras nus et tombent sur le goudron. Les chutes et les chocs peuvent aussi provoquer des paraplégies. Bref, les séquelles ne sont jamais minimes. » D’après le médecin, les services qui prennent en charge ces accidentés sont remplis « de gens qui oublient qu’ils ne sont pas invincibles. »

Un été meurtrier dans le Doubs

Dans le Doubs, malgré de nombreuses actions de prévention, la période estivale a été particulièrement meurtrière avec huit motards tués sur les routes du département, dont trois en juin et trois en juillet. D’après la Préfecture du Doubs : « Ils représentent un tiers des tués sur la route alors que ces usagers ne représentent que 2% du trafic. Pour comparaison, à la même période de l’année dernière, le bilan était de cinq tués en deux-roues motorisés. »

Face à cette hécatombe, le préfet du Doubs, Raphaël Bartolt, avait d’ailleurs appelé, fin juillet, « à une prise de conscience des risques encourus par des comportements dangereux et des vitesses inappropriées. » Sur les huit accidents mortels, sept ont eu lieu sur des routes départementales concernées par la nouvelle vitesse maximale autorisée à 80 km/h.

Militine GUINET

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