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Dans quelques heures, le feu d’artifice du 14 juillet sera tiré depuis la tour des Glacis. En attendant, place aux préparatifs…
La phase de conception artistique d'un feu nécessite généralement deux jours de travail © Prévot
La phase de conception artistique d’un feu nécessite généralement deux jours de travail © Prévot

De la tour Eiffel au lac d’Annecy, en passant par le Puy-du-Fou, l’entreprise Jacques Prévot, basée en Haute-Marne, a réalisé de nombreux feux d’artifices depuis sa création en 1992. Pour la deuxième année consécutive, c’est le dossier de cette entreprise qui a remporté l’appel d’offre lancé par la Ville de Besançon pour assurer le spectacle pyrotechnique. « Ils étaient les seuls à proposer une solution pour que le feu soit visible à 360° », raconte Denis Lazzarotto, responsable de l’organisation des événements de la Ville. En effet, le terrain depuis lequel est tiré le feu d’artifice bisontin est très difficile car il est entouré d’arbres et de public à 360°. « Le feu doit alors être suffisamment centré pour que tout le monde puisse profiter du même spectacle quelque soit l’endroit où il se trouve. Les artificiers Jacques Prévot étaient les seuls à proposer de tirer le feu à partir de trois nacelles », précise-t-il.

Au moins 10h d’installation

« Le terrain de la tour des Glacis est difficile mais nous avons déjà tiré depuis un bateau par exemple… Tout est possible du moment que tout est minutieusement étudié », indique Thibaut Prévot, artificier professionnel en charge du feu de ce soir.

Et justement, un feu d’artifice, ça se prépare : « La conception d’un feu se fait en trois grandes étapes. D’abord, celle de la conception artistique qui consiste à écrire le spectacle avant de le proposer à la collectivité. Cette étape nécessite généralement deux jours de travail. Ensuite, vient l’étape de la préparation en atelier où chaque pièce est numérotée et rangée dans des cartons dans l’ordre de tir. Puis, la dernière étape, et non des moindres, celle du montage sur site. En général il faut compter au moins dix heures de travail », explique-t-il.

Une dizaine d'artificiers s'affairent depuis 10h ce matin pour que tout soit prêt à temps. © M.G.
Une dizaine d’artificiers s’affairent depuis 10h ce matin pour que tout soit prêt à temps. © M.G.
« Un spectacle qui nécessite une grande rigueur »

Ainsi, depuis 10h ce matin, une équipe de dix artificiers s’affairent sur le site pour que tout soit prêt à 22h30 ce soir. « C’est un spectacle qui nécessite une grande rigueur, car on ne peut pas répéter un feu d’artifice », ajoute Thibaut Prévot. L’équipe de techniciens et d’artificiers ont donc de lourdes responsabilités. D’autant plus que les produits utilisés pour un feu d’artifice sont des explosifs de catégorie F4 : « Les pièces sont réservées aux artificiers titulaires d’un certificat F4T2, qui est décerné à tous les artificiers professionnels. Ces explosifs peuvent être dangereux s’ils ne sont pas manipulés par des professionnels », renseigne le pyrotechnicien.

Pour Denis Lazzarotto, chargé de missions événementielles à la Ville, « le feu d’artifice du 14 juillet est toujours un rendez-vous très attendu car il draine énormément de personnes. Il rassemble petits et grands : on ne peut donc pas se permettre de faire un fiasco. »

« La pluie n’est pas un problème »

Et niveau météo ? « La pluie n’est pas un problème pour tirer un feu puisque les produits sont protégés pour ne pas être des pétards mouillés et nos équipes ont de l’expérience. C’est juste incommodant pour les spectateurs« , glisse Thibaut Prévot. « Le vent est beaucoup plus problématique car il peut causer des déplacement impromptus de fumée. D’ailleurs, si le vent dépasse les 16 mètres par secondes, nous n’avons pas le droit de tirer pour des raisons de sécurité. Une absence totale de vent n’est pas idéale non plus car le vent permet de dégager les fumées entre chaque tirs. » Autre consigne : « En cas d’orage, nous devons interrompre le montage car nous utilisons de l’électricité pour tirer. »

Le feu de ce soir sera tiré à partir de trois nacelles. © M.G.
Le feu d’artifice 2017 coûte 19 000 €, nettement moins que les autres années. © Aymeric Bonnefoy.
Un périmètre de sécurité défini à partir du calibre des bombes

La rigueur est également de mise niveau sécurité : « Nous définissons un périmètre de sécurité à partir du diamètre des bombes. Par exemple, pour une bombe de calibre 200, la distance de sécurité est de 200 mètres. Pour le feu de ce soir, nous utilisons des bombes de calibre 100 donc un périmètre de 100 mètres est obligatoire. Ces distances sont fondamentales, si elles n’étaient pas respectées, le public pourrait recevoir des débris », informe l’artificier.

« Une sécurité incomparablement renforcée par rapport à l’an dernier »

Un an après les tragiques événements de Nice, Denis Lazzarotto insiste sur les mesures de sécurité « draconiennes » qui ont été prises : « Nice a bien évidemment laissé des traces amères. Nous étions vigilants les années précédentes mais nous le sommes davantage cette année pour éviter ce genre de drame ». En effet, Denis Lazzarotto garantie une « sécurité incomparablement renforcée par rapport à l’an dernier ». De fait, l’effectif de forces déployées cette année a été revu à la hausse : « Nous avons fait appel à 40 agents de sécurité privée, 24 policiers municipaux et quatre motards en réserve opérationnelle et bien sûr, des membres de la police nationale seront sur le site« , ajoute-t-il.

Le chef de tir, Thibaut Prévot, effectue les derniers réglages © M.G.
Le chef de tir, Thibaut Prévot, effectue les derniers réglages © M.G.
20 minutes de spectacle pour 19 000€

Intitulé Quattro car il est composé de quatre tableaux, le feu 2017 aura coûté 19 000€. « C’est un prix très correct pour la qualité de la prestation », assure Denis Lazzarotto. On note par ailleurs les économies réalisées par rapport aux années précédentes : « Avant on déboursait environ 25 000€ pour le feu d’artifice de Besançon. »

Les séquences du feu d'artifice sont déclenchées grâce à des boîtiers électroniques. © M.G.
Les séquences du feu d’artifice sont déclenchées grâce à des boîtiers électroniques. © M.G.
Les dernière minutes

Les derniers tests sont effectués aux alentours de 21h. Les derniers instants avant le tir sont stressants car plusieurs interlocuteurs doivent être coordonnés : l’éclairage public, les pompiers et bien sûr, le top de Monsieur le Maire. C’est lui qui donne le signal pour lancer le feu. Pendant le feu, les artificiers sont encore à l’oeuvre : « Nous avons des casques qui nous indiquent quand appuyer sur les boutons pour déclencher chaque séquence au bon moment. »

En attendant, Thibaut Prévot et son équipe souhaitent une très belle fête nationale à tous les Bisontins.

Militine GUINET

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