Compagnons du Devoir : quand alternance rime avec excellence

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Marqué par une méfiance généralisée, l’apprentissage contient pourtant des formations d’excellence, plébiscitées par les professionnels. C’est notamment le cas des Compagnons du Devoir qui ouvrent leurs portes ce week-end. DR
Marqué par une méfiance généralisée, l’apprentissage contient pourtant des formations d’excellence, plébiscitées par les professionnels. C’est notamment le cas des Compagnons du Devoir qui ouvrent leurs portes ce week-end. DR
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L’Association ouvrière des compagnons du devoir et du tour de France (AOCDTF) puise son origine dans les mouvements de compagnonnage nés au moment de la construction des cathédrales au Moyen-âge. Rites, symboles et cérémonies accompagnent les jeunes tout au long de leur apprentissage d’un métier.

Inscrit depuis 2010 par l’Unesco sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité, le compagnonnage séduit de plus en plus de jeunes désireux d’apprendre un métier de manière concrète. En effet, chaque année, ils sont 10 000 à rejoindre les Compagnons du Devoir pour se former. D’après Cyrus Lesne, le « prévôt », c’est-à-dire le responsable des Compagnons du Devoir pour la Franche-Comté, « les compagnons restent méconnus. C’est dommage car on obtient de très bons taux de réussite aux examens avec par exemple 88% de réussite au CAP».

Reconnue pour sa qualité, la formation des Compagnons du Devoir est gage d’insertion professionnelle puisque 90% des jeunes trouvent un emploi à l’issu de leur Tour de France. © Thierry Caron / Divergence
Reconnue pour sa qualité, la formation des Compagnons du Devoir est gage d’insertion professionnelle puisque 90% des jeunes trouvent un emploi à l’issu de leur tour de France. © Thierry Caron / Divergence
Transmettre un savoir-faire et une passion

Même avis chez les professionnels : « Ce sont des jeunes très motivés et sérieux qui ont choisi leur métier. Ils sont aussi très matures puisqu’ils sont encadrés, cela se ressent forcément dans le travail », affirme David Bertrand, à la tête de l’entreprise Bertrand constructions bois à l’Hôpital du Grosbois.

Chaque année, ce chef d’entreprise recrute des apprentis parmi les compagnons : « J’étais moi-même compagnon, transmettre un savoir-être et un savoir-faire fait partie des valeurs chères au compagnonnage. Je pense qu’il est important de former les jeunes. Sinon, à terme, on risque de manquer de main-d’œuvre compétente et qualifiée. »

La mobilité au cœur de la formation 

Pour obtenir le titre de compagnon, les jeunes doivent accomplir un tour de France durant lequel ils participent à des chantiers. Pendant cinq ans, ils naviguent alors de villes en villes et de maisons en maisons.

Après avoir sillonné les routes de l’Hexagone à la découverte des pratiques liées au métier de charpentier et du patrimoine régional, Daniel Salles, termine actuellement son tour de France dans la région. Il est notamment l’un des responsables de la maison de Saône, l’une des quatre maisons de compagnons en Franche-Comté. « Les responsables veillent à ce que tout le monde effectue sa part de tâches ménagères. »

En effet, la vie en communauté est l’une des forces du compagnonnage. Ainsi, chacun doit y contribuer en réalisant des « gâches » : «  Ce sont des missions comme sortir les poubelles, entretenir les locaux ou encore organiser des sorties communautaires. On a même une gâche pour aller chercher le pain le matin ! C’est très responsabilisant », ajoute-t-il.

Rigueur et ténacité

Selon lui, « être propulsé dans le monde du travail en étant entouré de gens de métier alors qu’on est encore des gamins, c’est la meilleure façon d’apprendre ».  D’ailleurs, 90% des jeunes trouvent un emploi à l’issu de leur tour de France. Alors, pour atteindre l’excellence, deux mots d’ordre : rigueur et ténacité.

« Ils basculent dans le monde du travail à 15 ans »

En effet, devenir compagnon demande une résistance mentale pour aller au bout de la formation. « Ils basculent dans le monde du travail à 15 ans, ce sont des adolescents, ils quittent leurs familles et on les forme, ça les fait grandir », poursuit David Bertrand, chef d’entreprise.

"L’entraide permet de nous dépasser », conseille Daniel Salles, jeune charpentier. © Thierry Caron / Divergence
« L’entraide permet de nous dépasser », conseille Daniel Salles, jeune charpentier. © Thierry Caron / Divergence

D’autant plus que le rythme soutenu, laisse peu de place à la vie privée : « La semaine, on a cours jusqu’à 22h après notre journée de travail, le samedi on termine à 17h et on effectue aussi des formations et des stages… Il faut être motivé et passionné sinon on ne tient pas. L’entraide permet de nous dépasser », conseille Daniel, jeune charpentier.

Se former chez les compagnons est aussi synonyme d’évasions et d’échanges puisque les jeunes peuvent s’exercer un an à l’étranger durant leur cursus : « J’ai eu la possibilité de partir en Nouvelle-Zélande, c’est une expérience riche tant sur le plan technique que sur le plan humain. »

« La passion prend le dessus »

À 16 ans, Maxime entame quant à lui, sa deuxième année de formation. « Au début, c’est un peu difficile avec la charge de travail mais la passion prend le dessus. » Actuellement en train de préparer son projet avant de partir pour le tour de France il confie s’épanouir sur les chantiers : « J’ai notamment eu la chance de participer à la restauration de la Tour de la Pelote à Besançon, qui est un monument historique inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2008. C’est un véritable honneur. »

Au programme de ces portes ouvertes : « des démonstrations, des maquettes réalisées par les jeunes, des échanges avec les formateur et les apprentis. Les compagnons seront là pour répondre aux questions», annonce Cyrus Lesne, le responsable régional.

Louise De Châteaublanc
Portes ouvertes les 19,20, 21 janvier de 9 h 30 à 18 h 25, rue Jean-Wyrsch à Besançon.

 

1 COMMENTAIRE

  1. Baratin, baratin…. Le business de la formation est vraimen très juteux ! 10000 jeunes qui rejoignent les compagnons chaque année… NON !!! C’est bidon!!!! Ils ne rejoignent pas les compagnons, ils engraissent les statistiques et la caisse de l’association des compagnons du business !! Eyh les journaleux, arrétez de recopier bêtement les dossiers de presse : enquéttez ! Allez voir un peu chez les jeunes passé par cette « voie royale », pas ceux que les compagnons du Devoir vous colleront entre les pattes, mais les vrais jeunes, à commencez par ceux qui en sont parti.

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