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Ils mettent la clé sous la porte ou ne sont pas repris. D’autres accusent une baisse significative de leur fréquentation et de leur chiffre d’affaires. Les commerces du centre-ville sont à bout.

Chantal Boutique est installée depuis l’an 2000 dans la Grande Rue au centre-ville de Besançon. Sa responsable, Marylin Eplenier, part en retraite. Frappé de plein fouet par les manifestations de gilets jaunes, le propriétaire du magasin a décidé de ne pas maintenir l’activité.

« La zone est désertée tous les samedis en raison des rassemblements, les parkings sont trop chers, c’est tout un tas de paramètres qui ont poussé le patron à cesser l’activité », explique la responsable. Depuis le 20 mars dernier, les produits sont liquidés : « Ca nous fait mal au cœur de brader des articles de très bonne qualité à -80%. »

Les clientes aussi sont peinées : « Nos habituées ne savent pas où elles pourront s’habiller après la fermeture. Chantal Boutique c’était une institution à Besançon », raconte-t-elle.

« Ca nous fait mal au cœur de brader des articles de très bonne qualité à -80%. »

Les témoignages de commerçants excédés comme celui-ci se multiplient ces derniers mois. Si les gilets jaunes semblent avoir accentué le phénomène, la désertification du chaland au centre-ville est une problématique ancrée depuis des années.

« Les manifestations se déroulent plutôt bien à Besançon, mais les clients viennent le samedi matin et se dépêchent de rentrer. Ils savent qu’il n’y a plus de transports en commun à partir de 13h, ceux qui viennent en voiture ont peur de s’engager en ville… Il y a un vrai problème de trafic, donc d’achat. Tous les commerces souffrent », explique Cécile Girardet, présidente de l’Union des commerçants de Besançon (UCB).

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Le centre-ville de Besançon compte 60% de commerces indépendants. © LDC

Concurrence d’internet, pouvoir d’achat au plus bas, selon elle, « ça ne date pas d’hier. Les consommateurs se tournent vers les zones et réfléchissent de plus en plus leurs achats. »

« Beaucoup de boutiques du centre-ville se portaient très bien avant le 17 novembre »

Elle poursuit : « On ne veut pas tout mettre sur le dos des gilets jaunes, car avant cela, il y avait déjà la problématique des places de parkings. Malgré tout, beaucoup de boutiques du centre-ville se portaient très bien avant le 17 novembre. C’est le même constat du côté de l’hôtellerie et du tourisme : les touristes ont peur de venir ! »

La présidente de l’UCB dénonce aussi des loyers exorbitants : « 2000 euros par moi pour un 50 mètre carré, c’est aberrant ! On assomme les commerçants ! Il y a aussi des boutiques qui ferment car les commerçants ne trouvent pas de repreneurs à cause de cela. On compte 60% d’indépendants, il faut sauver ces commerces. »

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Le taux de vacance commerciale avoisine les 10% d’après les dernières données de la société Codata, spécialiste de la collecte de données d’immobilier commercial. © CD
 « Le centre-ville de Besançon a du potentiel »

Elle en est convaincue : « Le centre-ville de Besançon a du potentiel, sinon de belles boutiques comme Mauboussin, Jott ne s’y seraient pas implantées. »

Si Dijon était une ville si dynamique que cela, pourquoi aurait-elle besoin de faire de la pub à Besançon ?

Cécile Girardet avance un autre argument pour justifier l’attractivité du centre-ville bisontin : « Si Dijon était une ville si dynamique que cela, pourquoi aurait-elle besoin de faire de la pub à Besançon ? »

Un plan d’urgence pour sauver le centre-ville

Excédés, les commerçants attendent avec impatience la présentation demain matin du plan d’urgence mis en place pour sauver les commerces du centre-ville. « Le maire doit faire une annonce avant le prochain conseil municipal sur les parkings. Le prix des stationnements est un problème majeur et récurrent dans la bouche des clients », confirme Cécile Girardet.

Louise DE CHÂTEAUBLANC

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