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Alors que le Grand cirque de Saint-Pétersbourg a fait rêver petits et grands à Micropolis ces jours-ci, des voix s’élèvent contre la présence d’animaux dans certains numéros. C’est la raison pour laquelle des associations de défense de la cause animale se sont rassemblées hier après-midi au pied du chapiteau.

« En 2018 on ne peut plus admettre que des animaux soient contraints de réaliser des numéros sordides », lance Martine Landry, porte-parole de l’association bisontine Humanimo créée en 2015. Avec le collectif animaliste bisontin, Le CABle, et des citoyens fervents défenseurs de la cause animale, ils se sont donc réunis pour protester : « Le Grand cirque de Saint-Pétersbourg exhibe ses animaux maltraités sur le parking de Micropolis. Ils sont forcément maltraités puisque les éléphants ont tous été capturés dans la nature, en Afrique, arrachés à leur famille et emprisonnés à vie pour faire quelques tours douloureux sous un chapiteau bruyant. »

« N’achetez pas de ticket, acheter c’est cautionner », pouvait-on lire sur les pancartes lors du rassemblement devant Micropolis. DR
Des animaux condamnés à « la prison à perpétuité »

Humanimo s’interroge : « Avons-nous déjà vu des éléphants s’assoir sur un tabouret ou faire le poirier dans la savane ? » Selon l’association, « la place des éléphants n’est pas sur une piste aux étoiles, la place des fauves n’est pas dans une cage ! Nous sommes au XXIème siècle, il est temps de changer notre regard sur les animaux. Même André-Joseph Bouglione a récemment déclaré dans Paris-Match que les animaux sont condamnés à la prison à perpétuité au cirque. » La porte-parole de l’association ajoute : « Les animaux ne sont pas des clowns ! D’autant plus qu’un animal n’a pas la parole, c’est la raison pour laquelle nous nous mobilisons. »

« Avons-nous déjà vu des éléphants s’assoir sur un tabouret ou faire le poirier dans la savane ? », interroge l'association bisontine Humanimo. DR
« Avons-nous déjà vu des éléphants s’assoir sur un tabouret ou faire le poirier dans la savane ? », interroge l’association bisontine Humanimo. DR
« Nous ne sommes pas contre le cirque »

Elle rappelle aussi le manque de contrôles effectués par la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) : « Ils contrôlent le respect des normes mais pratiquement pas l’état des animaux ni les conditions de dressage. Il faut vraiment que les animaux aient des plaies pour que les cirques soient signalés. » Les militants insistent : « Nous ne sommes pas contre le cirque, il y a de très beaux spectacles avec des danseurs et des trapézistes, nous sommes simplement contre l’exploitation des animaux et les violences qu’on peut leur infliger dans le cadre de numéros. Il est temps de faire évoluer les traditions ! »

Le parti Europe Écologie-Les Verts de Besançon s’est également exprimé contre la venue du Grand cirque de Saint-Pétersbourg à Micropolis : « Les sciences ne cessent de démontrer les qualités d’empathie, la sensibilité, les capacités cognitives de l’animal et donc annulent les arguments qui avaient servi jusqu’à présent à justifier l’exploitation des animaux. Aujourd’hui, la faune sauvage est en voie de disparition. Les chiffres démontrent une extinction massive de chaque espèce.» Le parti préconise également l’établissement d’arrêtés communaux qui interdisent l’accueil de cirques exploitant la faune sauvage.

Des militants « généralement très mal informés »

De son côté, le Grand cirque de Saint-Pétersbourg a réagi : « Ces militants sont généralement très mal informés. Ils trouvent des photos sur internet et font l’amalgame. Bien sûr, la maltraitance des animaux dans les cirques existe mais tous les cirques ne sont pas concernés ! Nous n’arrachons pas les animaux à leurs familles puisque ce sont des animaux nés en captivité. De même que le respect de l’animal et de son bien-être est primordial pour nous. Qu’ils viennent voir les spectacles pour s’en rendre compte ! », indique Sébastien Azéma, chargé de communication pour le cirque avant de poursuivre : « Si on les écoute, bientôt on fera interdire les centres équestres et les poissons rouges chez les particuliers ! »

« Bientôt on fera interdire les centre équestres et les poissons rouges chez les particuliers ! »

Radu Nepotu, ancien avocat responsable du cirque confirme : « Les animaux sont les premiers installés lorsque nous arrivons dans une ville, ils ont des tentes chauffées en hiver, bref, nos installations répondent à tous les critères demandés par la législation française. »

L’article 23 de l’arrêté du 18 mars 2011 auquel obéit le Grand cirque de Saint-Pétersbourg, stipule que « les animaux doivent avoir la possibilité de se déplacer librement dans les installations extérieures chaque jour ». © Aymeric Bonnefoy
L’article 23 de l’arrêté du 18 mars 2011 auquel obéit le Grand cirque de Saint-Pétersbourg, stipule que « les animaux doivent avoir la possibilité de se déplacer librement dans les installations extérieures chaque jour ». © Aymeric Bonnefoy

En effet, le Grand cirque de Saint-Pétersbourg obéit à l’arrêté du 18 mars 2011 qui fixe les conditions de détention et d’utilisation des animaux vivants d’espèces non domestiques dans les établissements de spectacles itinérants. L’article 23 stipule notamment que « les animaux doivent avoir la possibilité de se déplacer librement dans les installations extérieures chaque jour », sur place, les animaux de la ménagerie disposent bel et bien de ces espaces.

« Le cirque ce n’est pas que du business »

Toujours d’après la loi, les responsables des cirques doivent être titulaires d’un certificat de capacité pour l’entretien des animaux non domestiques. Celui-ci est personnel et délivré par le préfet du département du domicile du demandeur. Pour l’obtenir, le demandeur doit justifier de diplômes et d’expériences professionnels spécifiques. Radu Nepotu acquiesce : « Tout est très réglementé, le cirque ce n’est pas que du business. Nous parcourons la France entière, nous faisons entre 200 et 220 villes par an, vous imaginez bien que nous sommes surveillés de très près. Que ce soit pour les animaux ou pour le public, nous devons être irréprochables. »

Toujours est-il qu’un sondage Ifop réalisé pour la fondation 30 Millions d’amis en février révèle que 67% des Français sont favorables à l’interdiction nationale des animaux sauvages dans les cirques. Parmi les lecteurs interrogés, 89% d’entre eux se disent contre les animaux au cirque, 11% y sont favorables.

Louise De Châteaublanc

 

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