Bourgogne Franche-Comté : l’automobile, une filière qui roule !

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Chaîne de montage Peugeot 3008 © Peugeot
Chaîne de montage Peugeot 3008 © Peugeot
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Moïse Mayo Directeur régional de l’INSEE Bourgogne Franche-Comté et Jean Ribeil Directeur régional de la DIRECCTE rendaient compte ce mercredi 30 mai d’une étude conjointe réalisée sur l’état de la filière automobile dans la grande région. De quoi être plutôt optimiste !

45 000 emplois

Répartis dans plus de 350 entreprises, les salariés de l’automobile en Bourgogne Franche-Comté sont gâtés. 94% d’entre eux sont en CDI (contre 80% dans la moyenne de l’industrie) ; 60% sont des ouvriers plus qualifiés que la moyenne et le nombre de cadres (essentiellement des ingénieurs) y est élevé. Travaillant souvent dans des grandes entreprises de plus de 500 salariés, ils bénéficient en moyenne d’un salaire net de 14% plus élevé.

chaîne de montage DS Citroën - Crédit photo DR
Chaîne de montage DS Citroën © DR

Les établissements se répartissent entre la fabrication des équipements (près de 15 000 emplois), les biens intermédiaires (plus de 10 000 salariés) et la fabrication de machines-outils et des outillages spécifiques. Ces 3 activités essentielles approvisionnent les unités d’assemblage qui emploient 15 000 salariés dans une quinzaine de sites industriels. Le renouvellement des effectifs est un enjeu majeur dans la décennie à venir puisque un tiers des effectifs devrait partir en retraite d’ici 2030.

L’intérim, simple variable d’ajustement ou bien emplois stratégiques

9 300 intérimaires travaillent dans la filière automobile, soit près de 20% des effectifs alors que les effectifs sont de 12% dans l’ensemble de l’industrie. A l’inverse la durée des missions est plus élevée, particulièrement dans les unités d’assemblage où elle atteint en moyenne 16 semaines pour un effectif d’intérimaires de l’ordre de 2 100 personnes.

L’essentiel des intérimaires se retrouve chez les équipementiers (5 200 salariés) pour des missions de plus courte durée. Contrairement aux CDI, les intérimaires sont majoritairement des ouvriers non qualifiés et plutôt jeunes (62% ont moins de 35 ans). La demande de plus en plus personnalisée de la clientèle, les évolutions technologiques incessantes et la saisonnalité des ventes imposent un recours important à l’intérim dans la stratégie de ressources humaines des entreprises de la filière.

1ère étude de la filière automobile : le besoin d’un bilan de la crise
Moïse MAYO Directeur régional de l'INSEE et Jean RIBEIL Directeur régional de la DIRECCTE - Crédit photo YQ
Moïse MAYO Directeur régional de l’INSEE et Jean RIBEIL Directeur régional de la DIRECCTE © YQ

Jean Ribeil le Directeur régional BFC de la DIRECCTE le souligne : « Après les années de crise et malgré un sursaut de la demande, la filière doit faire face à des enjeux de mutation importants sur les produits, sur les process de fabrication et sur le volet social. » L’automobile devient un produit d’usage. La propriété d’un véhicule n’est plus un impératif, les utilisateurs préférant changer de produit au fil des évolutions technologiques. Enjeu sur les process également : la problématique de transition écologique, l’utilisation de la robotique, le développement des matériaux durables et recyclables et le besoin de concentration des sites d’assemblage obligent les acteurs de la filière à une réflexion approfondie de leurs outils de production dans les années à venir. Et la principale mutation à attendre selon le patron de la DIRECCTE réside dans le volet social :« Comment mobiliser les moyens de l’Etat pour accompagner les entreprises vers une évolution systémique des compétences et leur aménagement dans un contexte d’innovation permanente et de réactivité des clients. »

Entre 2008 et 2015, la filière automobile en Bourgogne Franche-Comté a perdu 19% des emplois salariés. Au plus fort de la crise, le recours à l’activité partielle a permis de « sauver » 2000 ETP (Equivalents Temps Plein). Le dispositif, en cas de baisse importante d’activité passagère, permet le maintien dans l’emploi des salariés en contrepartie d’une baisse significative des horaires, la diminution de la rémunération étant prise en charge par l’Etat et l’assurance-chômage. « L’activité partielle, c’est comme le cholestérol. Il y a le bon et le mauvais recours au chômage partiel. Si la baisse d’activité permet à l’entreprise d’investir et de former ses salariés pendant cette période, c’est pour mieux se porter après. A contrario, si l’activité partielle ne fait que cacher des difficultés structurelles, elle conduit immanquablement à des réductions d’effectifs et des pertes de savoir-faire. »

 L’automobile présente dans toute la région

« L’automobile a de l’avenir dans la région. Les chiffres démontrent depuis 2008 que la Bourgogne Franche-Comté est la région où l’emploi automobile a le mieux résisté à la crise», analyse Madeline Bertrand, Chef de projets de l’action régionale à l’INSEE BFC.

Ce sont 20% des salariés de l’aire urbaine Belfort-Montbéliard-Héricourt qui travaillent dans la filière automobile. Le bassin d’emploi occupe 50% des salariés de l’automobile dans la région. La région de Saint Claude, à proximité de la plastics valley d’Oyonnax, occupe majoritairement des équipementiers. 27% du tissu industriel de Saint Claude est lié à l’automobile.

Comme Peugeot est lié historiquement à Sochaux-Montbéliard, les zones d’emploi du Charolais et du Nivernais concentrent historiquement beaucoup d’équipementiers dont Michelin et quelques constructeurs autour du pôle de Magny-cours. Enfin, l’Yonne n’est pas en reste où là encore, les équipementiers importants sont implantés le long de l’A6, en prise directe avec les sites d’assemblages de la région parisienne.

La région a de l’avenir avec l’automobile. La qualité des ingénieurs formés en Franche-Comté, le pôle du véhicule du futur, les laboratoires de recherche et développement en mécatronique de l’agglomération de Besançon, devraient permettre de dynamiser une filière d’excellence, en pleine mutation mais aux atouts indéniables.

Et si ce n’est pas l’élément essentiel de différenciation pour les consommateurs, il est notable que la 308 Peugeot, véhicule de l’année 2017, peut fièrement arborer son logo « Origine France garantie » non seulement pour son assemblage mais aussi pour l’essentiel de ses équipements. Un peu de chauvinisme franc-comtois ne nuira pas à l’économie régionale.

YQ

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