Les boîtes à livres… si on sait lire !

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Entre le kiosque à musique et l'aire de jeux pour enfants, la boîte à livres de Granvelle - Crédit photo YQ
Entre le kiosque à musique et l'aire de jeux pour enfants, la boîte à livres de Granvelle - Crédit photo YQ
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La ville de Besançon et les conseils consultatifs d’habitants (CCH) avaient choisi le 24 avril pour inaugurer les 13 premières « boîtes à livres » essaimées dans tous les quartiers. Anne-Sophie Andriantavy, adjointe à la démocratie participative aurait été mieux inspirée de choisir la veille, le lundi 23 avril, journée mondiale de l’UNESCO pour promouvoir la lecture à travers le monde.

Echanger gratuitement et librement des livres

Le concept né aux Etats-Unis et dans d’autres pays anglo-saxons s’enracine dans les territoires français et particulièrement à Besançon. La plus emblématique des « boîtes à livres » bisontine se situe sur la promenade Granvelle, adossée à l’aire de jeux pour les enfants. On les trouve aussi aux Tilleroyes, à Planoise, Palente, Saint Claude, Bregille et même aux Montboucons, quartier bisontin très souvent oublié. Ces bibliothèques de rue se veulent solidaires, citoyennes et militantes… des adjectifs à la mode dans le milieu du marketing politique.

Faut-il un lieu d’échanges pour lire ? Faut-il une bibliothèque de rue pour apprendre à tous (petits et grands) le plaisir de l’imaginaire par les livres ? Faut-il penser que les plus démunis ne peuvent s’offrir un roman comme on s’offre une demi-pression à la terrasse d’un café ?

Pour quelle lecture…

« L’essentiel à nous apprendre, c’est l’amour des livres qui fait que tu peux voyager de ta chambre autour de l’humanité… » (Renaud – C’est quand qu’on va où). Mais à Besançon, l’Adjointe à la démocratie participative a la lecture « subjective » ! Pour inaugurer ce lieu d’échanges gratuit, militant… blablabla, elle avait choisi de déposer 3 livres : deux opuscules de Victor Hugo, le grand écrivain né à Besançon dont elle a oublié qu’il était l’auteur des « Contemplations » pour ne retenir que le défenseur des Droits de l’homme, et le roman « Eldorado » de Laurent Gaudé, traitant du sort malheureux des migrants qui traversent la Méditerranée. Aux côtés de l’écrivain des « Misérables », elle aurait pu choisir « Voyage au bout de la nuit » de Louis-Ferdinand Céline, probablement le chef d’œuvre de la littérature française ou encore « Au plaisir de Dieu » de Jean d’Ormesson ! Mais c’eut été « trop tendancieux »…

Et si on apprenait à lire aux enfants ?

20, 30, voire 40% des jeunes enfants entrant en 6ème ne maîtriseraient pas correctement le Français. En rendre responsables les enseignants est aussi absurde que d’en rendre coupable une société consumériste uniquement tournée vers la satisfaction facile et  immédiate des besoins de la population. Il est plus commode de mettre un enfant devant la petite lucarne que de rêver avec lui à la lecture du « Petit Prince » d’Antoine de Saint Exupéry. C’est en Maternelle que l’on peut enseigner l’amour des livres ; après il est bien tard, et peut-être trop tard.  Lire, c’est comme respirer… c’est vital !

Alors « les boîtes à lire » ça fait un peu penser aux « boîtes à rire » : ce n’est pas l’emballage qui compte mais le cœur que l’on y met !

YQ

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