La Bisontine, victime d’une fake news ?

0
963
La source d'Arcier alimente 45% des habitants de Besançon © eme.e
La source d'Arcier alimente 45% des habitants de Besançon © eme.e
- Annonce -

L’association UFC-Que Choisir, pourtant réputée pour la qualité des études qu’elle propose aux consommateurs, aurait-elle succombé à la mode des « fake news » ? C’est pour rétablir la réalité scientifique que Raphaël Bartolt, le Préfet du Doubs, et Jean-Louis Fousseret, Maire et Président du Grand Besançon, entourés d’une brochette de hauts fonctionnaires et ingénieurs du département, proposaient un point presse ce mardi 10 avril.

Polémique et « fake news »
Jocelyne Boudot, Directrice de la Santé publique ARS Bourgogne Franche-Comté - Crédit photo YQ
Jocelyne Boudot, Directrice de la Santé publique ARS Bourgogne Franche-Comté – Crédit photo YQ

A l’occasion de la journée mondiale de l’eau le 22 mars dernier, l’association de consommateurs avait alerté le ministère de l’environnement sur l’absence de transparence dans l’information de quelques 1000 sources d’eau potable en France menacées de fermeture du fait des pollutions en pesticides et nitrates. Parmi ces 1000 sources prioritaires, celle d’Arcier qui assure 45% des ressources en eau potable de l’agglomération bisontine : qu’en est-il exactement ?

Jocelyne Boudot, Directrice de la santé publique à l’ARS Bourgogne Franche-Comté, a tenu à rappeler quelques éléments fondamentaux : « L’eau est un bien précieux, autant pour le symbole qu’elle représente que pour l’importance qu’elle revêt dans la santé publique. » Contrôlées par des organismes agréés, les analyses périodiques répondent aux exigences très contraignantes de la Directive européenne sur l’eau.

le site d'information sur la qualité des eaux www.eaupotable.sante.gouv.fr
le site d’information sur la qualité des eaux www.eaupotable.sante.gouv.fr

S’agissant de la présence des pesticides (et en particulier des molécules de glyphosate) le seuil est fixé à 0.1 mg/litre (milligramme par litre), très loin d’un éventuel risque sanitaire de 900 mg/litre.

En matière d’information des consommateurs, l’UFC-Que choisir a clairement créé une polémique inutile, cette information sur la qualité des eaux potables étant consultable en temps réel sur le site gouvernemental www.eaupotable.sante.gouv.fr. Chaque citoyen peut identifier chaque commune et chaque source et prendre connaissance des résultats d’analyses périodiques.

L’association pointe également du doigt la présence de pesticides en quantité importante, nécessitant une éventuelle fermeture de la source d’Arcier. Il ne s’agit plus de polémique mais d’une fausse information (fake news).

Nicole Appery, Ingénieure d'Etudes sanitaires à l'ARS BFC
Nicole Appery, Ingénieure d’Etudes sanitaires à l’ARS BFC – Crédit photo YQ

Nicole Appery, Ingénieure d’Etudes sanitaires à l’ARS le précise : « Sur les dix dernières années, aucun dépassement des valeurs toxicologiques définies n’a été constaté lors des nombreux contrôles effectués. » La spécialiste poursuit : « Encore faut-il séparer les analyses faites au captage (eau brute) et les analyses effectuées au niveau de la distribution (l’eau du robinet). »

Le site de la Malate, qui distribue l’eau potable des sources d’Arcier, fait l’objet d’un suivi particulier. Ce sont près de 80 analyses quotidiennes réalisées dans l’usine de distribution qui va bénéficier d’un nouvel investissement de 2.5 millions d’€ dans les deux prochaines années pour garder à l’eau potable de Besançon sa réputation de qualité et de pureté qui a fait de « la Bisontine » la référence de l’eau du robinet en France.

9 captages prioritaires dans le département du Doubs
Christian Schwartz, Directeur départemental des Territoires du Doubs
Christian Schwartz, Directeur départemental des Territoires du Doubs – Crédit photo YQ

Pour Christian Schwartz, Directeur Départemental des Territoires, les principales unités de distribution (dont Arcier) entrent dans un périmètre de protection depuis 2004. Si en milieu karstique, le risque 0 n’existe pas, il souligne que ce sont 1500 ha de pâtures sur le plateau qui sont protégés pour assurer l’excellente qualité des eaux d’Arcier. Sur ces neufs captages prioritaires, cinq rentrent dans le cadre renforcé des « captages Grenelle » : la source d’Arcier (CAGB Besançon), la source de la Verne (Sie Luxiol), le puits d’Abbans-Dessous (SAEP Byans s/Doubs), la source d’Issans (Vallée du Rupt) et la source du Crible (Accolans)

Atteinte intolérable à l’image de Besançon ?

La source d’Arcier était déjà la principale ressource en eau potable au temps de « Vesontio » la romaine. Besançon a été longtemps réputée pour la qualité de ses eaux thermales. Elle est la seule commune de France à avoir recruté un ingénieur hydrogéologue pour gérer ce patrimoine essentiel de l’eau. Pour Jean-Louis Fousseret, « le communiqué de presse d’UFC-Que Choisir remet en cause l’image de la ville de Besançon. » Le président de l’agglomération va jusqu’à agiter le chiffon rouge d’une action judiciaire à l’encontre de l’association de consommateurs. Pour le Maire, il était temps de clarifier ce qu’il considère comme de fausses informations.

La Bisontine reste l’une des meilleures eaux du robinet depuis Jules César, n’en déplaise à une association dont la plume a quelque peu griffonné la réalité.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here