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Avec une terminaison en « cide », le mot pesticides ne présage rien de bon… En effet, comme leur nom l’indique, la fonction de ces substances chimiques présentes dans l’air ou sur nos aliments, est de tuer des êtres-vivants (insecticides, fongicides…). Le recours à ces produits phytosanitaires expose les humains à des risques toxiques. C’est la raison pour laquelle de plus en plus de maires adoptent des arrêtés pour en limiter l’usage voire l’interdire. Ce mardi, certains élus ont demandé à Jean-Louis Fousseret, maire de Besançon, d’adopter un arrêté interdisant ces formules toxiques.

Depuis quelques mois, plusieurs municipalités de France partent en croisade contre l’usage des produits phytosanitaires jugés dangereux pour la santé sur leurs communes. Très médiatisé, ce phénomène, a notamment permis de nourrir le débat sur le pouvoir des élus locaux qui se heurtent au cadre législatif imposé par l’État.

Parmi eux, le maire écologiste de Langouët (Ille-et-Vilaine), Daniel Cueff, qui a vu son arrêté limitant l’épandage des pesticides sur la commune, suspendu, hier mardi 27 août, par la justice. Cette dernière estime en effet que l’élu n’est pas compétent pour prendre une telle décision.

À Besançon, les élus de l’intergroupe, composé d’écologistes, de communistes, d’un socialiste et de représentants de la société civile ont demandé au maire de prendre un arrêté anti-glyphosate.

Dans un communiqué publié hier, l’intergroupe écologiste à la mairie de Besançon déclare se féliciter « de la déclaration du Président de la République Emmanuel Macron. Il dit avoir “très profondément changé” sur les questions écologiques, et vouloir soutenir “dans ses intentions” Daniel Cueff, le maire breton qui a pris un arrêté anti-pesticides ! Mais “en même temps”, il dit soumettre se soutien au respect de la loi. »

« Pour protéger la population »

L’intergroupe dénonce alors une « belle démonstration d’un soutien qui n’en est pas un » avant de rappeler que « dans la communauté urbaine du Grand Besançon, Bertrand Astric, maire de Boussières, a lui aussi pris un arrêté municipal anti-pesticides pour protéger la population ».

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« On sait très bien que cet arrêté est illégal. Celui de Langouët a été recalé en Bretagne », a déclaré Jean-Louis Fousseret ce matin à nos confrères de France Bleu Besançon. DR

En plus de cette commune, d’autres dont Mandeure (dans le pays de Montbéliard) ont déjà pris de tels arrêtés dans le Doubs. C’est dans cette lignée que les élus de l’intergroupe demandent au maire de Besançon « de produire à son tour un arrêté anti-pesticides au nom du principe de précaution ». D’après eux, « ce principe de précaution est constitutionnel et donc supérieur à la loi ». Pourtant, de nombreuses décisions ont récemment été suspendues par la justice.

« Depuis quinze, vingt ans, il n’y a plus de pesticides dans la ville et nous n’avons pas attendu les Verts… »

Des coccinelles pour manger les pucerons plutôt que des arrêtés

Le maire de Besançon, sollicité ce mercredi matin par nos confrères de France Bleu, a quant à lui réagi : « Depuis quinze, vingt ans, il n’y a plus de pesticides dans la ville et nous n’avons pas attendu les Verts en remplaçant les pesticides par des coccinelles pour manger les pucerons sur les rosiers. On sait très bien que cet arrêté est illégal […] Je suis contre les pesticides mais il faut changer la loi. Faut-il utiliser la justice pour faire de la politique ? La réponse est non. »

L’actu en plusDijon a déjà franchi le capEn Bourgogne Franche-Comté, la Ville de Dijon fait la guerre aux produits phytosanitaires depuis 2016. Un arrêté anti-glyphosate a également été pris et n’a pour l’instant « pas été attaqué » d’après la première adjointe à la mairie de Dijon, Nathalie Koenders. Selon elle, « c’est vrai que c’est plutôt du ressort de la loi, sauf qu’aujourd’hui, ça avance très peu, alors j’entends qu’il faut trouver de nouvelles molécules pour aider les agriculteurs, mais je pense qu’avec l’urgence climatique, le principe de précaution doit s’appliquer. »
Militine GUINET

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