Besançon : un centre d’expertise du cancer de la prostate unique en France

0
630
Le Professeur Gilles Créhange (oncologie radiothérapie) le Professeur François Kleinclauss (chef du service Urologie Andologie), Chantal Carroger (Directrice générale du CHRU Jean Minjoz) et le Docteur Tristan Maurina (service d'oncologie médicale) -Crédit photo YQ
Le Professeur Gilles Créhange (oncologie radiothérapie) le Professeur François Kleinclauss (chef du service Urologie Andologie), Chantal Carroger (Directrice générale du CHRU Jean Minjoz) et le Docteur Tristan Maurina (service d'oncologie médicale) © YQ
- Annonce -

Le CHU Jean Minjoz avait déjà innové en matière de diagnostic, de traitement et de recherche sur les cancers grâce à l’IRFC (Institut Régional Fédératif du Cancer). Le Centre Hospitalier Universitaire fait un pas de plus dans son expertise en mettant en place un centre dédié à la prise en charge du cancer de la prostate (C-CAP-FC).

Le cancer de la prostate le plus fréquent chez l’homme

« Ce sont 48000 nouveaux cas qui sont diagnostiqués chaque année en France, responsables de plus de 8000 décès malgré des avancées médicales importantes depuis une dizaine d’années », a rappelé le Professeur François Kleinclauss, chef de service d’urologie et d’andologie au CHU de Besançon. En Franche-Comté son incidence de survenue est supérieure à la moyenne nationale avec 113 nouveaux cas contre 99 pour 100 000 habitants. Il est fortement lié à l’âge, le nombre de cas est le plus élevé autour de 70 ans, alors qu’il demeure rare pour les sujets de moins de 50 ans.

Maladie spécifique à l’homme, la potentialité de développer un cancer de la prostate (1 homme sur 8) est moins courante que le cancer du sein chez la femme qui concerne potentiellement 1 femme sur 2).

Mais au fait, c’est quoi la prostate
anatomie de la prostate - Crédit photo DR
Anatomie de la prostate © DR

La prostate est une petite glande qui fait partie de l’appareil reproducteur masculin. Elle se situe à la base de la vessie et entoure le canal de l’urètre qui conduit l’urine de la vessie vers l’extérieur. La fonction essentielle de la prostate est la production du liquide séminal lors de l’éjaculation, constituant du sperme. Il ne peut donc pas exister de cancer de la prostate chez la femme comme on l’entend parfois.

Une détection simple et efficace

S’il reste encore une appréhension de la part de trop nombreux patients, le toucher rectal demeure l’outil de diagnostic le plus sûr pour détecter un risque cancéreux. Plus récemment, l’IRM a démontré son importance dans la confirmation d’un premier diagnostic. « Il ne faut pas hésiter à faire ce dépistage régulièrement à partir de 50 ans, le cancer de la prostate se guérit dans 85% des cas », selon le professeur Gilles Créhange du service d’Oncologie et radiothérapie. D’autant que les médecins généralistes ont pris l’habitude de questionner leurs patients sur les éventuels troubles urinaires, prémices d’un possible cancer de la prostate.

C-CAP-FC au service des patients

Le nom barbare de C-CAP-FC pour Centre du cancer de la prostate de Franche-Comté cache en fait « un centre unique en France voulu par les professionnels de la santé impliqués dans la prise en charge de cette maladie. C’est à l’initiative du Professeur Kleinclauss que ce centre voit le jour aujourd’hui », a souligné Chantal Carroger, la Directrice générale du CHRU de Besançon.

Professeur François Kleinclauss, chef du service Urologie Andologie du CHRU Jean Minjoz de Besançon - Crédit photo YQ
Professeur François Kleinclauss, chef du service Urologie Andologie du CHRU Jean Minjoz de Besançon © YQ

Si les progrès thérapeutiques ont largement solutionné la problématique de la « quantité de vie », il reste le problème de la « qualité de vie » des patients atteint de cette pathologie. C’est pourquoi ce centre réunit une équipe pluridisciplinaire permettant une prise en charge unique de chaque patient et coordonnant tous les acteurs de santé, de l’urologue au kinésithérapeute ou du radiologue au psychologue. En travaillant en étroite collaboration, tous ces professionnels évoluent et s’adaptent continuellement aux nouvelles innovations thérapeutiques pour proposer les meilleurs soins aux patients.

En favorisant la création et le suivi de centre cancéreux, le site universitaire entend aussi être un acteur important de la recherche médicale : recherche en immunologie, sur les molécules innovantes dans le cadre des essais thérapeutiques ou encore des études épidémiologiques. Un moyen de plus également pour attirer de nouveaux chercheurs à Besançon.

Guichet unique et label européen

Centre de cancérologie de renommée européenne, le CHRU Minjoz met à la disposition des patients et des médecins généralistes et urologues libéraux une porte unique d’entrée, simplifiant la prise en charge des malades. Une infirmière de coordination est attachée au centre pour suivre individuellement chaque patient dont un cancer de la prostate est suspecté et/ou diagnostiqué. C’est l’assurance d’optimiser le diagnostic, de prévenir et de gérer les effets indésirables des traitements pour assurer une meilleure qualité de vie. Ainsi, tout au long de son parcours de soins, le patient est invité à remplir des questionnaires pour évaluer sa qualité de vie d’un point de vue physique, émotionnel et social et permettre à l’équipe de mieux orienter son accompagnement.

Premier centre français de coordination de la prise en charge du cancer de la prostate, le CHRU de Besançon souhaite intégrer un label international intitulé « Prostate Cancer Unit Network » d’ici à 2019, rejoignant d’autres sites européens (en Suisse, en Allemagne ou aux Pays Bas) ou mondiaux comme au Brésil ou en Amérique du Nord.

Le cancer de la prostate n’est pas une fatalité. On peut même l’éviter avec plaisir. « Il n’est pas scientifiquement prouvé que l’activité sexuelle régulière des hommes réduit le risque de survenance d’un cancer de la prostate mais des études statistiques ont démontré une certaine corrélation entre vie sexuelle active et bonne santé de la prostate », a conclu le Professeur Créhange. Comme pour tous les cancers, le dépistage rapide permet une guérison presque assurée… Alors n’hésitons plus devant ce petit moment délicat du toucher rectal qui sauve des vies.

YQ

Guichet unique :

Un numéro de téléphone dédié au 03 81 47 71 17 du lundi au vendredi de 8h30 à 18h00.

Un espace sur le site du CHU : www.chu-besancon.fr/centre-cancer-prostate-franche-comte

Une adresse mail spécifique : c-cap-fc@chu-besancon.fr

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here