Besançon : un budget 2019 audacieux !

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Vue Aérienne besancon Marc Perrey (1)
Sécurité, réhabilitation, climat et pouvoir d'achat sont les quatre urgences de ce dernier budget du maire en place ©Marc Perrey
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C’est le dernier budget de la mandature 2014-2020 pour un montant total de 188,5 millions d’euros qui sera présenté au vote du conseil municipal du jeudi 4 avril. Pour Jean-Louis Fousseret, c’est l’occasion de réaffirmer les engagements de promesses de 2014 malgré les bouleversements politiques de ces deux dernières années.

Quatre urgences à garantir aux bisontins

La première est liée à la sécurité et la tranquillité des habitants. Sept postes supplémentaires de policiers municipaux seront créés en 2019 portant l’effectif de policiers en tenue à 63 agents auxquels il faut ajouter 13 agents de sécurité de la voie publique (ASVP). La mairie maintient ses efforts en matière de vidéo-protection. « La sécurité et la tranquillité restent une priorité pour une meilleure qualité de vie. Nous y consacrons cette année 6 millions d’euros », assure le maire.

Planoise Grand Besançon ANRU
Rue Picasso à Planoise dans le projet de déconstruction. Photo Grand Besançon

La seconde urgence concerne la réhabilitation de certains quartiers. Présenté en février dernier (Actucomtoise.info du 13/02/2019) le programme de rénovation urbaine de Planoise est l’un des plus ambitieux de France. Aux côtés des autres financeurs, la ville de Besançon va y consacrer 10 millions d’euros d’ici dix ans. Comme pour Planoise, la déconstruction des immeubles de la Grette s’inscrit dans une nouvelle logique de mixité sociale et d’un bien-vivre ensemble. Le quartier des Orchamps-Palente va bénéficier en 2019 d’une enveloppe d’un million d’euros pour réhabiliter le pôle des Tilleuls. Redynamiser le centre-ville et particulièrement la boucle, s’inscrit aussi en 2019 comme une priorité. La fin des travaux de la mairie va coïncider avec l’embellissement de la place du huit septembre, rendant à ce cœur de ville tout son attrait touristique et commercial.

L’urgence climatique n’est pas absente. La Ville confirme son engagement dans la transition écologique en continuant à investir dans les énergies renouvelables et des actions de rénovation énergétiques comme celles des gymnases de Besançon qui mobilisent cinq millions d’euros.

L’urgence du pouvoir d’achat. Les tarifs de stationnement, de piscine, de crèches demeurent inchangés pour ne pas impacter le budget des ménages. Et pour la dixième année consécutive, le taux de la taxe d’habitation demeure inchangé (huit ans pour la taxe foncière).

« Quand je me regarde je me désole. Quand je me compare je me console »

La formule de Talleyrand semble bien adaptée à Besançon et à son maire qui n’a pas à rougir de la comparaison avec des villes de même taille (de 100 000 à 300 000 habitants).

Les dépenses de fonctionnement par habitant restent stables. Elles étaient de 1 149 € par habitant en 2010 ; elles sont de 1 125 € par habitant en 2019 alors que la moyenne ressort à 1 237 €.

Les dépenses d’équipement restent élevées en comparaison des villes de même taille. Elles seront de 319 €/habitant en 2019 pour une moyenne nationale de 249 €. Il est notable que les grands équipements comme le tram ont été financés sur les années 2010 à 2014.

L’endettement de la Ville de Besançon reste maîtrisé. La capacité de désendettement est de 3,5 ans et la prudence dans les engagements d’emprunt (essentiellement à taux fixe) allègent le budget de fonctionnement pour le poste « intérêt de la dette ».

Besançon conserve un niveau d’épargne brute par habitant supérieur aux villes de même taille. Cette gestion saine selon le maire, permet un moindre recours à l’emprunt (autofinancement). Cette épargne se situe à 284 €/habitant contre une moyenne nationale de 194 €. De 2008 à 2018, l’épargne nette cumulée s’établit à 14,8 millions d’euros.

Des investissements malgré les transferts de compétences

Le passage en Communauté Urbaine à compter du 1er juillet 2019 a déjà considérablement modifié les compétences entre la Ville et l’Agglomération. La dernière étape a consisté dans le transfert à la communauté d’agglomération du Grand Besançon de la compétence voirie. Malgré ces transferts, Besançon augmentera en 2019 son investissement de six millions d’euros par rapport à ce qui était prévu initialement. Cela correspond aux impératifs de rayonnement touristique et économique de la ville.

budget 2019 pistes cyclables
Un budget 2019 ciblé sur le renforcement des pistes cyclables. © Jean-Charles Sexe/Ville de Besançon

Un effort particulier est entrepris en matière de proximité. À 1,5 millions d’euros, Besançon a doublé en 2019 l’enveloppe consacrée à l’aménagement de pistes cyclables et de liaisons piétonnes et sur l’amélioration de la vie en milieu scolaire.

En matière d’éducation et de jeunesse, 42 millions d’euros seront investis. Cela concerne l’extension de 230 places de cantine en deux ans, l’amélioration de l’accueil des enfants handicapés, le développement de l’alimentation bio, les maisons de quartier et la construction et/ou l’amélioration des écoles (école Dürer ou école des Vaites).

Jean-Louis Fousseret présentait ce mardi le budget primitif 2019 de Besançon. Il sera débattu jeudi 04 avril au conseil municipal. DR
Un budget de fonctionnement contraint

Le dispositif de contractualisation que Besançon a signé avec l’État le 22 juin 2018 n’a pas d’impact significatif sur un fonctionnement maîtrisé.

Entre 2018 et 2019, les dépenses de fonctionnement augmentent de 1% à périmètre de compétences constant, tout en sanctuarisant les priorités politiques du mandat 2014-2020 :
– La priorité sur l’éducation et la jeunesse. Le poste « famille, enfance, jeunesse » est le premier poste des dépenses de fonctionnement, représentant 26,1% du total.
– La sécurité et la tranquillité. Ce sont 16 postes de policiers municipaux qui ont été créés depuis 2014. La politique sociale demeure un pilier important et la subvention au CCAS est maintenue à périmètre constant.

Dans un contexte électoral très tendu, le vote du budget 2019 le 4 avril va probablement faire l’objet de joutes oratoires de la part des candidats déclarés et des candidats à la candidature. La majorité municipale sortie des urnes en 2014 n’existe plus. Chacune et chacun des prétendants(es) au fauteuil de Jean-Louis Fousseret auront fort à faire. Les anciens amis du maire devront vanter le bilan sortant tout en le contestant.

L’opposition municipale quant à elle, devra sortir de l’ornière du « tout est à jeter » pour faire de vraies propositions. Les bisontines et les bisontins attendent autre chose que des querelles politiciennes pour construire un avenir à la hauteur des atouts considérables du territoire.

YQ

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