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Photo ci-dessus : les fameux dessins sur les trottoirs de Paris pour alerter de la situation. Crédit DR

La presse locale s’est emparée du sujet il y a quelques jours. Un homme, un sans-abri, est avachi là, sur le sol, rue Battant. Ses affaires ? Un matelas, une couverture et des seringues. Aux yeux de tous, baigné dans son urine, il est pratiquement laissé pour mort. Cette situation, loin d’être banale, a beaucoup ému depuis qu’elle a été relayée. Après l’émotion, l’heure des interrogations : Que font les autorités ? Principale cible de critiques, la Ville de Besançon a réagi vendredi à travers un communiqué de Pascal Gudefin, directeur du cabinet du maire.

Tous en sont conscients. « La présence permanente d’une personne à la rue, dans un état de santé dégradé » est bel et bien une « situation humaine préoccupante », juge le directeur du cabinet du maire de Besançon. Certes. Mais le sort de cet homme n’est pas si facile à enrayer. Explications.

« Le Maire de Besançon tient à informer les personnes sensibles à cette situation que les services municipaux, qu’ils relèvent de l’action sociale ou de la tranquillité publique sont mobilisés autour de cette personne », affirme Pascale Gudefin.

De l’aide systématiquement refusée

En effet, cet homme est connu de la Veille Mobile gérée par le CCAS depuis l’hiver 2017/2018. « Il a été rencontré régulièrement dans plusieurs quartiers de la ville. Depuis quelques mois, il s’est installé sur le quartier Battant et a fait l’objet de multiples signalements tant auprès des services sociaux du CCAS que des équipes de la Police Municipale. » Or, d’après le directeur du cabinet du maire, cette personne « refuse systématiquement toute intervention ou proposition qui pourrait améliorer sa situation en termes d’hébergement et/ou d’accès aux droits et aux soins ».

« L’accompagnement d’une personne nécessite son acception. »

Pascal Gudefin précise que « les services du CCAS et de la Police Municipale, inquiets de son état se sont mobilisés autour de cette personne, par des rencontres, des passages et des échanges réguliers, et jusqu’à plusieurs fois par jour. Ils sont allés jusqu’à faire intervenir le 15, qui a déclenché la venue des pompiers sur place. Monsieur a maintenu son refus d’être pris en charge, y compris à l’hôpital ».

« Il n’est pas possible de forcer ce monsieur à être hébergé, aidé, soigné… »

En conclusion du communiqué, le directeur du cabinet du maire rappelle que « l’accompagnement d’une personne nécessite son acception : ainsi, il n’est pas possible de forcer ce monsieur à être hébergé, aidé, soigné… Les services municipaux sont tenus de respecter le cadre juridique ».

Cette situation, si tragique et inacceptable, soit-elle, est donc légale. Tout va bien dans le (meilleur ?) des mondes. Retournons vaquer à nos occupations et ignorons le sort d’une personne en grande détresse…

L’actu en plusLa Ville de Besançon mise à mal après plusieurs polémiques socialesL’été dernier, Besançon était déjà au cœur des polémiques après la médiatisation, par nos confrères de L’Est Républicain, de la prise d’un arrêté anti-mendicité le 9 juillet 2018. Ce dernier interdisait en effet la « mendicité agressive » et avait soulevé un véritable tollé.
Militine GUINET

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