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SOS Racisme Besançon-Doubs alerte l’opinion public sur la prolifération de contenus racistes sur les réseaux sociaux.

Mercredi 19 juin, SOS Racisme Besançon-Doubs organisait un « happening », place du Huit septembre à Besançon. Le même jour, la proposition de loi « visant à lutter contre la haine sur Internet » était déposée par la députée de Paris, Laetitia Avia (LREM) en vue d’être examinée à la commission des lois de l’Assemblée Nationale. Comme dans d’autres villes de France ce jour-là, le but de l’opération était d’interpeller les passants sur un fléau qui semble prendre de l’ampleur ces dernières années.

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Mercredi dernier, des militants de l’association SOS racisme Besançon/Doubs ont organisé un happening pour faire sensibiliser les passants aux propos racistes diffusés sur les réseaux sociaux. © Fabienne SCHMITT

« Cette loi, qui devrait être adoptée début juillet, devrait rendre la lutte contre la diffusion de messages haineux envers le genre, la religion, l’orientation sexuelle, l’apparence ou encore le handicap d’une personne, sur les réseaux sociaux plus efficace. Si elle est adoptée, les différents réseaux sociaux seront obligés de supprimer les messages dans les 24h après signalement et non plus quelques jours ou une semaine après voire jamais », détaille Paul Schmitt, porte-parole de SOS Racisme Besançon-Doubs.

« Le harcèlement commence par de mauvaises plaisanteries »

Gens du voyage, communauté musulmane, homosexuels, femmes, personnes atteintes de handicaps, obèses et même français de souche, les victimes de discriminations sont nombreuses. « Lorsque nous intervenons en milieu scolaire, nous débutons toujours par rappeler que le harcèlement commence par de mauvaises plaisanteries », ajoute-t-il.

De plus en plus désinhibés par leurs écrans, les internautes se lâchent en oubliant que ce genre de propos peut mener jusqu’à une peine d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende…

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Les pancartes brandies reprennent des messages haineux lus sur les réseaux sociaux. © Fabienne SCHMITT

Comme le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, le porte-parole de SOS Racisme Besançon-Doubs associe le développement de ces discours de haine à l’ère du numérique.

Les réseaux sociaux à l’origine d’une montée en puissance du racisme

« J’ai l’impression que le racisme avait reculé dans les années 1990-2000. Aujourd’hui le phénomène semble, au contraire, avoir progressé, notamment chez les jeunes. La preuve, il y a trois ans, nous avons décidé de remonté un comité de SOS Racisme à Besançon face à la multiplication d’actes et de propos racistes et/ou discriminatoires. »

Selon lui, la montée en puissance des contenus racistes sur internet est associable « à la libération de la parole, notamment sur les réseaux sociaux ».

Une sensibilisation dès le plus jeune âge

« dans trois écoles primaires de Planoise, les élèves ont eux-mêmes établi un genre d’apartheid par rapport aux toilettes. »

La recrudescence d’actes et de propos racistes a conduit SOS Racisme Besançon-Doubs à intervenir dans les établissements scolaires.

« Le racisme se manifeste très tôt. À Besançon, dans trois écoles primaires de Planoise, les élèves ont eux-mêmes établi un genre d’apartheid par rapport aux toilettes. Dans ces écoles, les élèves d’origine musulmane se réservent en effet un robinet, d’autres interdisent aux enfants issus de la communauté des Gens du voyage d’utiliser un robinet… Les enfants nous le racontent lors des interventions en classe. Il y a donc une carte à jouer contre le racisme dès le plus jeune âge. »

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D’après le porte-parole de SOS racisme Doubs/Besançon, il est nécéssaire de sensibiliser à la fois le grand public et les jeunes. © Fabienne SCHMITT

Paul Schmitt insiste : « Comme pour la sensibilisation au tri des déchets, on peut atteindre plus facilement les familles à travers les enfants car on sait que leur opinion se construit par rapport à leur environnement. »

Militine GUINET

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