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Une semaine après l’effondrement du pont Morandi à Gênes (Italie) qui a fait 43 morts selon le dernier bilan, les Bisontins s’interrogent désormais sur l’état des ponts.

28. C’est le nombre de ponts que compte Besançon. « La ville est située en relief, elle est traversée par une rivière, sa configuration se compose donc forcément de ponts », indique Daniel Mourot, directeur de la Voirie à Besançon.

Aux 28 ponts s’ajoutent 13 passerelles et des tunnels. Nombreux, les ponts de la cité comtoise sont néanmoins très récents : « Les plus anciens ponts ont été dynamités pendant les guerres et reconstruits ensuite. Il n’y a pas non plus d’ouvrages romains qui pourraient faire l’objet d’une surveillance particulière en raison de leur vétusté. » En effet, le pont le plus récent est le pont Battant, reconstruit en 2012 pour accueillir le tram.

Le pont Battant est le plus récent de Besançon. Sa reconstruction a débuté en 2012 pour accueillir le tram. ©Jean-Charles Sexe/Ville de Besançon
Le pont Battant est le plus récent de Besançon. Sa reconstruction a débuté en 2012 pour accueillir le tram. © Jean-Charles Sexe/Ville de Besançon

Sondé sur l’état des infrastructures routières, le directeur de la Voirie répond : « Au quotidien, à Besançon, un ingénieur contrôle, inspecte et surveille le bon état des infrastructures. Il est aussi en charge de programmer les travaux d’entretiens à effectuer. Comme toutes les villes françaises, Besançon est soumise à une réglementation stricte. »

« Comme toutes les villes françaises, Besançon est soumise à une réglementation stricte. »

Une inspection annuelle pour les ouvrages « les plus abîmés »

Au niveau national, les gestionnaires de réseau comme les villes ou encore la SNCF sont en effet soumis à des réglementations : « Les ouvrages doivent être visités par des techniciens spécialistes à une fréquence définie en fonction de l’état de l’ouvrage. Sur un ouvrage en bon état, une inspection détaillée tous les neuf ans suffit. Pour les autres, plus abîmés, l’inspection doit être effectuée tous les ans. »

C’est par exemple le cas des passerelles de Planoise et de la Rodia qui font l’objet d’une surveillance annuelle pour « vérifier que les ouvrages ne se dégradent pas et anticiper la programmation des travaux ».

Chaque année, en moyenne 350 000 euros sont investis dans les travaux de sécurisation des ouvrages bisontins. ©Jean-Charles Sexe/Ville de Besançon
Chaque année, en moyenne 350 000 euros sont investis dans les travaux de sécurisation des ouvrages bisontins. © Jean-Charles Sexe/Ville de Besançon
Un entretien régulier pour assurer la sécurité

Il précise : « Les ouvrages de génie civil évoluent dans le temps, ils peuvent par exemple se fissurer, un entretien régulier garantie la sécurité. »

D’après lui, « contrairement aux tunnels, aucun plan catastrophe ni d’étude de danger ne sont réalisés sur les ponts. En génie civil, on considère en effet qu’un pont est une route normale. Le seul fait aggravant est la hauteur. C’est la raison pour laquelle on multiplie les calculs et les vérifications lors de la construction d’un pont ou de sa rénovation. Les marges de sécurité sont considérables. De plus, les règles de sécurité imposées aujourd’hui sont tellement élevées qu’il n’y a pas d’inquiétudes à avoir. Besançon a un patrimoine d’ouvrage d’art, c’est-à-dire des ponts, tunnels, infrastructures ferroviaires, falaises etc., en parfait état. »

Quant à l’hypothèse de la foudre qui aurait causé l’effondrement du pont Morandi en Italie, Daniel Mourot y croit moyennement : « Le caractère exceptionnel de cette catastrophe fait rester prudent quant aux hypothèses des causes même si la foudre provoque rarement de tels dégâts sur des ouvrages en béton. »

Le renforcement des normes à prévoir

Daniel Mourot insiste : « Avec la catastrophe de Gênes, les exigences en matière de sécurité exigées par l’Union européenne vont sans doute être renforcées, notamment en termes de contrôles. Mais il ne faut pas oublier que le pont Morandi était un ouvrage ancien, construit avec des matériaux et des techniques qui, depuis ont considérablement évolué. Il s’agit d’accidents spectaculaires qui restent, malgré tout très rares puisque chaque jour, des millions de ponts sont empruntés par des millions de véhicules et tous ne s’effondrent pas. »

Chaque année, en moyenne 350 000 euros sont investis dans les travaux de sécurisation des ouvrages bisontins : « En 2017, l’étanchéité, les trottoirs et les garde-corps ont été refaits sur le pont de Mazagran. Notre travail se concentre aussi sur les falaises lorsque nous mettons en place des dispositifs anti-éboulements et surtout, les tunnels. Le tunnel de la Citadelle nous occupe beaucoup car il est très emprunté », explique-t-il.

Le saviez-vous ?

Avec plus de 30 000 véhicules par jour, le pont de la rue de Dole, situé au-dessus de la RN 57 est le plus emprunté de la ville. Le plus long pont de Besançon s’étend sur 170 mètres. Il s’agit du pont De Gaulle.

Militine GUINET

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