Besançon, belle et rebelle

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Un vaste et ambitieux projet de rénovation du Musée des Beaux-Arts de Besançon, confié à l’architecte bisontin Adelfo Scaranello © A. Scaranello
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A J-365, Jean Louis Fousseret a lancé le compte à rebours de la réouverture du Musée des Beaux-Arts et d’Archéologie, jeudi 16 novembre 2017.
Une communication impertinente !

En offrant une vision décalée de l’univers traditionnel des musées, l’équipe menée par Nicolas Surlapierre, Conservateur en chef des musées du centre de Besançon, veut placer le musée « dans la peau des bisontins ». Le choix des tatouages sur des corps dénudés n’est donc pas le fruit du hasard mais une relation intimiste entre le visiteur et les œuvres d’art.
En effet, la nudité fait partie intégrante de l’histoire de l’art et le nu est un genre artistique très populaire, que ce soit en peinture, en sculpture ou en dessin. Cela augure bien le côté rebelle et impertinent de l’art tel que l’ont voulu les acteurs de cette rénovation majeure : le conservateur et ses équipes, mais également Adelfo Scaranello, l’architecte qui a imaginé ce lieu de culture réinventé.

Adelfo Scaranello architecte, Nicolas Surlapierre Conservateur du musée, Jean-Louis Fousseret Maire de Besançon © Y.Q
MMS : architectes du passé, architectes du futur

L’acronyme fait référence aux trois architectes qui se sont succédés : Marnotte, Miquel et Scaranello.
« Le musée des Beaux-Arts de Besançon est l’un des plus beaux de France », a voulu rappeler à juste titre le Maire de Besançon. Il est aussi le plus ancien puisque les premières collections ouvertes au public ont été présentées en 1694 dans l’abbaye bénédictine Saint Vincent, rue Mégevand. Les œuvres d’art provenaient des collections de Nicolas et Antoine Perrenot de Granvelle, hommes politiques importants du 16ème siècle – Nicolas de Granvelle fut Premier ministre de Charles Quint -. Cette prestigieuse collection privée sera très fréquentée jusqu’à la fin du 18ème siècle.

Besançon peut donc s’enorgueillir d’avoir le plus ancien musée ouvert au public, 100 ans avant la création des musées nationaux et du musée du Louvre. C’est en 1849 que l’architecte Pierre Marnotte édifie une halle aux grains. Au 19ème siècle, Dijon rivalisait déjà avec Besançon et l’essentiel du commerce du grain ira malheureusement dans la capitale bourguignonne… Heureusement pour l’art puisque la bourse commerciale se transforme en musée avec l’apport des œuvres de l’abbaye Saint Vincent et des innombrables saisies de la révolution.

Au début des années 1960, la merveilleuse collection Georges et Adèle Besson (plusieurs centaines de peintures, dessins et estampes) nécessite un réaménagement du lieu confié à Louis Miquel, architecte disciple de Le Corbusier qui va occuper l’atrium du musée d’un labyrinthe en béton brut, composé d’une succession de plans inclinés invitant les visiteurs à se perdre dans une scénographie ascensionnelle.

Le travail d’Adelfo Scaranello a consisté à permettre une lecture intelligible des deux premières architectures, en les rendant lisibles et visibles. Ouverte sur la ville, ouverte à la ville, la restructuration redonne toute sa place à la lumière naturelle par des larges baies vitrées offrant aux promeneurs extérieurs un regard sur l’intérieur des salles d’archéologie. Les nombreuses astuces architecturales permettent également de redonner de l’espace aux œuvres.

Les œuvres mises en lumière
  • « La déploration sur le Christ mort » de Bronzino, l’une des œuvres majeures du peintre florentin, réintégrera Besançon après un passage dans la capitale de la Toscane.
  • « L’hallali du cerf », toile imposante de Gustave Courbet, trouvera une cimaise à sa mesure.
  • « La mosaïque de Méduse » mosaïque de 57m² sera l’une des œuvres phare gérées par Julien Cosnuau, le nouveau et jeune Conservateur archéologique.

Le Cabinet des dessins, riche de 6 000 feuilles, ne trouvait pas sa place dans l’ancien musée. Hélène Gasnault, Conservatrice des dessins et estampes aura la charge de mettre en valeur Fragonard, Ingres mais aussi des œuvres du 15ème et 16ème siècle.

Le 16 novembre 2018, Besançon redeviendra pour longtemps une capitale européenne de l’art et de la culture avec ce musée posé sur ses racines et résolument tourné vers l’avenir, le musée du Temps, qui rythme l’histoire de l’horlogerie, et les 10 ans de l’inscription de la citadelle au patrimoine mondial de l’Unesco.

Un musée ancré dans la ville… et l’encre des tatouages sur les corps dénudés illustre parfaitement la liberté d’expression de l’art et le rite de passage à une nouvelle époque. Il suffit de savoir lire au-delà de l’image !

Y.Q

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