- Annonce -

L’affaire a éclaté en 2017 lors de la mise en examen du docteur Frédéric Péchier, anesthésiste dans deux établissements privés de Besançon pour l’empoisonnement présumé de sept patients. À nouveau placé en garde à vue mardi en raison d’une cinquantaine d’incidents médicaux suspects, le médecin sera fixé sur son sort ce jeudi. Une incarcération, à titre provisoire, est possible.

Après 48 heures de garde à vue, le docteur Frédéric Péchier âgé de 47 ans, a été présenté aux magistrats du palais de justice de Besançon ce jeudi matin. Il doit notamment répondre d’une cinquantaine de nouveaux cas suspects dont celui d’un enfant de quatre ans.

Rappel des faits

Les faits remontent à l’époque où le médecin exerçait à la Polyclinique et à la clinique Saint-Vincent de Besançon en tant qu’anesthésiste. Entre 2008 et 2017, il aurait administré des doses potentiellement létales de potassium et d’anesthésiques provoquant des arrêts cardiaques à des patients ne présentant pas de difficultés particulières.

Il aurait ensuite été appelé pour les secourir. Les enquêteurs, dont l’Agence régionale de santé et la police de Besançon, soupçonnent en effet l’homme d’avoir volontairement modifié les poches d’injection de confrères afin de provoquer des incidents opératoires pour ensuite exercer ses talents de réanimateur. Ce dernier s’était par ailleurs vanté, quelques jours après sa mise en examen en 2017, à nos confrères de L’Est Républicain, d’avoir été qualifié de « meilleur de la clinique ». Parmi les sept patients âgés de 37 à 53 ans, deux sont morts.

Soupçonné d’avoir volontairement modifié les poches d’injection de confrères afin de provoquer des incidents opératoires pour ensuite exercer ses talents de réanimateur.

Jusque-là laissé libre sous contrôle judiciaire avec l’interdiction d’exercer sa profession, Frédéric Péchier a de nouveau été entendu en début de semaine.

Une cinquantaine de nouveaux cas auraient en effet été signalés. Les enquêteurs tentent à présent de déterminer son éventuelle implication. D’après ces nouveaux éléments, il y aurait 15 décès et le cas d’un enfant de quatre ans, opéré des amygdales en 2016, ayant survécu à deux arrêts cardiaques dont les parents ont porté plainte.

Péchier anésthésiste empoisonnement clinique saint vincent polyclinique besançon plaintes arrêts cardiaques
Les avocats du docteur Péchier dénoncent un « acharnement » contre leur client. © Yves QUEMENEUR
Péchier anésthésiste empoisonnement clinique saint vincent polyclinique besançon plaintes arrêts cardiaques
Les médias suivent de près cette affaire. © Yves QUEMENEUR
Une conférence de presse ce jeudi après-midi

De son côté, Frédéric Péchier continue de clamer son innocence. D’après l’un de ses avocats, Randall Schwerdorffer, « le docteur Péchier a collaboré durant sa garde à vue et reste sur sa position depuis deux ans ». La défense a ajouté ne pas être au courant d’une cinquantaine de nouveaux cas suspects. Les avocats dénoncent un « acharnement » contre leur client.

Le procureur de la République de Besançon a d’ores et déjà annoncé la tenue d’une conférence de presse ce jeudi en fin d’après-midi.

Yves QUEMENEUR et Militine GUINET

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here