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Plus d’un mois de petits combats de rue et de grandes manifestations. Pourquoi ? Les uns et les autres campent (au sens propre pour certains) sur des positions intenables. Pendant ce temps-là, casseurs, délinquants, anarcho-gauchistes et identitaires en tirent profit pour piller les vitrines et les bulletins de vote. À Besançon, l’acte V n’avait pas la forme.

Combien de commerçants en difficulté ?
gilets jaunes acte V Besançon
Les Galeries Lafayette avaient baissé le rideau. ©YQ

L’estimation sera difficile à faire entre les consommateurs abandonnant le centre-ville et ses gilets jaunes et ceux qui réduisent leurs achats comme se réduit leur pouvoir d’achat en peau de chagrin. Il semble que les cartes sont rebattues : les parkings de centres commerciaux ne font plus le plein, on se bouscule dans les rues piétonnes et les achats en ligne vont battre des records.

« C’est à la fin de la foire que l’on compte les bouses »… l’expression populaire est bien adaptée à la situation économique actuelle. Combien de commerçants vont devoir mettre la clef sous la porte ou licencier un ou deux employés pour tenter de survivre ?

Sur la forme

Ce samedi 15 décembre, ils étaient encore quelques centaines à arpenter les rues du centre-ville de Besançon, jouant au chat et à la souris avec les forces de l’ordre.

gilets jaunes Besançon
Le référendum d’initiative citoyenne semble être le mot d’ordre partagé par tous. ©YQ

Ambiance plutôt bon enfant place de la Révolution. Des petits groupes, plus agressifs, se sont agrégés au fil du cortège. Les masques et lunettes de protection démontraient clairement l’intention d’en découdre avec la police. Au plus fort de la manifestation, la police a dénombré près d’un millier de gilets jaunes. Ils se sont assez rapidement dispersés après quelques salves de grenades lacrymogènes, laissant seuls les énervés professionnels. Plusieurs interpellations ont eu lieu à proximité de la préfecture, au moins neuf. La situation s’est calmée vers 16h, bien plus tôt que la semaine dernière.

gilets jaunes Besançon
La rue de la préfecture était bouclée solidement. ©YQ
gilets jaunes Besançon
La rue Nodier sous la charge des grenades lacrymogènes. ©YQ
gilets jaunes Besançon
Quelques interpellations ont calmé certaines ardeurs. ©YQ
gilets jaunes Besançon
Les poubelles n’ont pas résisté. ©YQ
Sur le fond

Les annonces en début de semaine d’Emmanuel Macron n’ont pas calmé les ardeurs des gilets jaunes. Il semble bien qu’au-delà des questions sociales et de pouvoir d’achat, les manifestants attendent des réponses sur une nouvelle gouvernance. Le mot d’ordre « Référendum d’initiative citoyenne » est partagé par tous.

Quant aux mesures présentées mardi dernier, c’est au mieux du bricolage et pour beaucoup de l’enfumage. « Je ne peux plus croire aux politiques », livre Christian un retraité qui est passé en plus de 40 ans chez Peugeot, Total pour finir gérant d’une station-service et artisan taxi.  « Il faut prendre aux riches », renchérit Maryse qui a travaillé 45 ans chez Carrefour. « Comment accepter de toucher une retraite de 700€ quand on a travaillé durement toute une vie », poursuit une ancienne cheffe d’entreprise de transport. Ceux-là ne considèrent pas faire partie des « générations dorées » d’Eric Alauzet.

« Je ne peux plus croire aux politiques »

Les jeunes sont également nombreux qui n’en peuvent plus de la précarité. Difficulté à payer les loyers, à devoir compter chaque euro. Les plus diplômés ne sont pas épargnés comme cette jeune pâtissière qui a trouvé dans sa passion l’occasion de rebondir pour nourrir ses enfants.

Les corps intermédiaires et « les partenaires sociaux » n’ont pas la côte chez les gilets jaunes. « On n’est pas syndiqués », un slogan repris en cœur malgré la présence discrète de quelques militants de la CGT.

« On n’est pas syndiqués »

La trêve de Noël va remiser les gilets jaunes au pied du sapin. Le malaise reste entier, il est la conséquence de l’inconséquence des politiques depuis 40 ans qui n’ont jamais eu le courage des réformes structurelles. Et à entendre les manifestants, ce gouvernement semble encore plus responsable, d’avoir promis des changements qui ont vite été oubliés. Si la « grande concertation » promise par le Président de la République accouche d’initiatives réelles comme l’élargissement du domaine du référendum, le soufflé de la colère retombera. À défaut, après les fêtes, la soupe à la grimace du prélèvement à la source pourrait à nouveau attiser les feux de la colère.

YQ

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