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Association citoyenne française fondée en 1976, le Genepi œuvre en faveur du décloisonnement des prisons par la circulation du savoir entre les détenus et la société. En Franche-Comté, les Genepistes ont lancé le « Printemps des prisons ». Une série d’actions qui s’échelonnent de mars à mai.

Avec plus de 900 membres répartis dans tout le pays, les bénévoles, majoritairement étudiants, créent des ateliers d’échange au sein du milieu pénitencier. Objectif : libérer la parole des détenus en la partageant sur la place publique. Des moyens de sensibilisation, visant à créer un débat autour de ce milieu qualifié par les militants, de « zone d’ombre du corps social ». Explications avec Clara Monnoyeur, étudiante à Besançon et bénévole depuis la rentrée 2017.

Faire entrer le savoir au sein des prisons
Crédit DR

Lors d’ateliers socio-culturels organisés dans les prisons, les différents intervenants proposent des thématiques scolaires permettant aux détenus de se stimuler intellectuellement et de s’ouvrir aux autres.
Avec 60% de récidive, l’association croit fermement qu’en apportant un peu de savoir, et de liberté de pensée aux prisonniers, la courbe peut s’inverser. « La majorité sont sans diplômes, sans revenus et en situation précaire. La prison traumatise et crée d’importantes séquelles. Personne ne s’en sort complètement indemne. Incarcéré, on perd parfois beaucoup : famille, amis, travail, logement. Une fois sorti, il faut tout recommencer à zéro et il est très difficile de se reconstruire psychologiquement et socialement. Nous sommes donc là pour éviter la récidive, en réhabituant les détenus à s’exprimer, à s’instruire, tout en leur apportant du soutien. Nous sommes le lien avec la vie extérieure et nous les accompagnons dans leur réinsertion», explique Clara.

La présence de préjugés et de clichés sur l’univers carcéral est également un problème pour l’association : « La prison est un sujet tabou où domine la désinformation. Par exemple, beaucoup de personnes comparent la prison à un lieu où l’on y est « nourris, logés, blanchis ». L’opinion publique ne comprend généralement pas le choix d’apporter du confort aux détenus en plaçant des télévisions dans les cellules, par exemple. Cependant, presque personne ne sait que les détenus payent pour ce service, même chose pour obtenir un frigo. Comme n’importe quel citoyen français, les détenus payent pour accéder à certains services », livre l’étudiante.

Printemps prison besancon
Un programme d’actions publiques qui s’étalent de mars à mai. Crédit DR
Plus d’une dizaine d’actions de sensibilisation et de discussion

Après des goûters d’échanges et des ciné-débats organisés dans les différentes facs de la ville, l’association prépare pour le 21 avril, la mise en place d’une cellule fictive, place Pasteur. Un instant de partage et de réflexion proposé au grand-public, sans imposer d’idées.
Autre événement notable, le « Resto trottoir » du 29 avril, où des recettes de cuisine réalisées par les détenus de la Maison d’Arrêt de la Butte sont exposées. Un thème carcéral, qui s’ouvre également sur les ondes avec la diffusion de l’émission Murs – Murs sur radio BIP à partir de mai. De nombreux projets en perspective, pour l’association qui compte bien ouvrir les portes d’un milieu méconnu de tous.

Lucie Rubagotti

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