14 juillet : un symbole fort ou une simple fête ?

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Prefet, parlementaires et élus au pas cadencé (ou presque) © YQ
Prefet, parlementaires et élus au pas cadencé (ou presque) © YQ
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Comme en 1998,  la fête nationale se confond avec la fête du football. Le « peuple de France » sort les drapeaux tricolores et chante la Marseillaise. Est-ce une communion de la bière et du ballon rond ou la volonté de participer à l’Histoire collective de la France à coups de symboles ? A écouter les spectateurs du défilé et les pique-niqueurs du parc Micaud, on peut parfois penser que l’Histoire de France s’est dissoute dans le rosé pamplemousse offert par la Mairie de Besançon.

L’armée qui défile au pas cadencé

On n’est pas là pour se faire engueuler on est là pour voir le défilé !  On n’est pas là pour se faire assommer on est venu pour voir le défilé !  Si tout le monde était resté chez soi, ça f’rait du tort à la République… (Boris Vian)

Aux ordres du Colonel Monfrin, chef de corps du 6ème Régiment du matériel, les troupes ont défilé Avenue de l’Helvétie devant une foule nombreuse applaudissant aux uniformes des sapeurs-pompiers et même au passage des motards de la gendarmerie.

Le ban et l’arrière-ban des personnalités bisontines et régionales étaient au rendez-vous annuel de la République, certains avec un réel plaisir patriotique, d’autres avec le souci du protocole… peu avaient en tête l’Histoire objective de notre fête nationale et de l’honneur au drapeau !

Le colonel Monfrin, chef de corps du 6ème régiment du matériel aux manettes du défilé bisontin © YQ
Le colonel Monfrin aux manettes du défilé bisontin © YQ
défilé 14 juillet besancon
Très applaudis, les gendarmes de la brigade motocycliste du Doubs © YQ
14 juillet : quelle date 

1789 ou 1790 ? En 1880, la toute jeune 3ème République souhaite fixer une date support à une fête nationale et républicaine près d’un siècle après la révolution de 1789. Le 21 mai 1880, le député Raspail dépose une proposition de loi fixant le 14 juillet comme fête nationale annuelle. Les parlementaires s’opposent : certains jugent la référence au 14 juillet 1789 (la prise de la Bastille) comme une date sanglante de l’Histoire, d’autres lui préfèrent le 14 juillet 1790, Fête de la Fédération qui fut considéré comme celle de la réconciliation. Ce jour-là, la France célèbre le premier anniversaire de la prise de la Bastille sur le Champ-de-Mars. Louis XVI assiste à cette fête et prête serment à la Nation dans un climat d’union nationale. Pour ne froisser ni les uns, ni les autres, la loi du 6 juillet 1880 précise « La République adopte le 14 juillet comme jour de fête nationale annuelle » sans préciser à quel événement il est fait référence.

Si l’Ecole laïque et républicaine nous apprend depuis plus de cent ans à fêter la prise de la Bastille, il serait peut-être temps de fêter ce jour-là la Concorde ! (d’ailleurs le pont de la Concorde qui relie la place du même nom à l’Assemblée Nationale fut construit en partie avec les ruines de la Bastille).

Le drapeau tricolore, c’est quoi ?

Ce 15 juillet, des millions de drapeaux ou de fanions aux couleurs de la République s’agiteront au vent estival pour soutenir l’équipe de France de football. Cet emblème de la république, s’il date de 1794, n’est devenu définitivement le pavillon français qu’en 1830.

Les trois couleurs font référence à celles du drapeau américain (déclaration d’indépendance le 4 juillet 1776) mais aussi à l’histoire millénaire de la France. Nous avons coutume à penser que le bleu et le rouge font référence aux armes de Paris et le blanc au centre demeure l’emblème de la royauté. Pourtant, bien avant 1789, le rouge était la couleur de l’oriflamme d’Hugues Capet et le bleu celle de Clovis. Symbole éminemment républicain, nos trois couleurs font donc aussi référence à l’Histoire royale de notre pays.

Pique-nique géant et rosé pamplemousse

Interrogés entre saucisson et salade de carottes sur le sens de la fête, bien peu font référence aux sentiments patriotiques.

Rabbah et sa compagne font la fête à Micaud pour le 14 juillet © YQ
Rabbah et sa compagne font la fête à Micaud pour le 14 juillet © YQ

Pour Rabah et sa compagne « Pour moi, le 14 juillet c’est l’armée, mon père était militaire et puis c’est l’occasion une fois par an de faire la fête tous ensemble »

Monique, une belle image de la France © YQ
Monique, une belle image de la France © YQ

D’autres confondent allègrement la coupe du monde de football et le feu d’artifice et sont bien incapables d’avoir une référence historique.« Il fait beau, demain la France sera championne du monde… Le 14 juillet, c’est la ferveur populaire », sourit Gabriel venu à Micaud en famille.
« Le 14 juillet, ce sont les valeurs universelles de la France : la liberté, l’égalité et la fraternité. J’y ajoute le respect des autres », souligne Monique en sirotant le rosé pamplemousse offert par Jean-Louis Fousseret.

A quelques heures d’une confrontation « amicale » entre deux partenaires européens, c’est l’occasion pour les sbires qui veulent gouverner l’Europe de reprendre leurs manuels d’Histoire et de reconstruire ce vieux continent en tenant compte des peuples, des terroirs et des territoires qui le composent. Croatie ou France, nous avons une histoire commune à édifier sans nationalismes exacerbés, sans naïveté non plus et comme le disait Monique sur l’herbe de parc Micaud « avec le respect des autres ».

YQ

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